Low – The innocents (album: Ones and sixes)

Un nouvel album de Low est toujours une bonne nouvelle. Groupe fondateur et plus ou moins unique représentant du courant slowcore, Low nous a habitués depuis 20 ans à de majestueux albums batterie/basse/guitare au tempo (très) lent, et dont la mélancolique beauté doit beaucoup aux harmonies vocales d’Alan Sparhawk et Mimi Parker. Si le couple de mormons nous avait livré récemment des disques plus lumineux, c’est par contre la première fois que l’électronique y occupe une place notoire, principalement au niveau des rythmiques. Bref, sans perdre son âme, le groupe apporte une touche de renouvellement à son œuvre. Et l’on s’en réjouit.

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L’album complet, globalement très réussi, est en écoute gratuite complète sur Bandcamp (du moins à l’heure actuelle)

Best of 2014 : rétrospective de l’année

Plions nous à l’exercice obligé du bilan de l’année passée. Qu’en retenir musicalement parlant?

  • Scène Française :

2014 aura été un assez bon crû. Dans l’hexagone, en termes de succès, la révélation de l’année a bien sûr été Christine and the queens et son premier album Chaleur humaine.

Après des premières tentatives pas inintéressantes mais pas totalement convaincantes non plus, François and the Atlas mountains avec Piano Ombre, et Cascadeur avec Ghost surfer sont passés à la vitesse supérieure.

Les Rennais de Mermonte ont également transformé l’essai haut la main avec leur deuxière production : Audiorama.

Le dernier Miossec, Ici bas, ici même, a été salué comme une de ses productions les plus réussies.

Florent Marchet nous a emmené dans un trip interstellaire avec son concept album Bambi galaxy. L’occasion pour ceux qui ne le connaissaient pas de découvrir sa discographie.

Le son de la guitare se marie bien avec la voix d’Olivia Merilahti, ce qui peut expliquer que j’aie un peu moins goûté le nouveau The Do, Shook shake shaken, entièrement réalisé sur ordinateur, que les précédents, mais le songwriting y reste très bon.

Le premier album du phénomène de 2013 Fauve, intitulé Vieux frères, a fini par sortir. A noté que leur second album intitulé… Vieux frères 2, est à paraître le mois prochain. Peut-être est-ce dû au fait que l’effet de surprise est passé, mais les premiers titres déjà disponibles m’ont paru moins convaincants.

On n’oubliera pas non plus qu’il y a eu un nouvel album d’Hubert-Félix Thiéfaine, Stratégie de l’inespoir, même s’il s’avère légèrement en deçà du précédent, reste un bon cru.

  • Au rayon pop/rock :

Je suis pas particulièrement amateur de ce qu’il fait (tous les goûts sont dans la nature), mais difficile de ne pas citer Damon Albarn et son album Everyday robots, qui a remporté un large succès critique. Et bien sûr le très attendu second album d’Alt-J : This is all yours, qui a plutôt bien tenu ses promesses.

Personnellement, c’est This is my hand, le dernier album de My brightest diamond, qui aura particulièrement retenu mon attention dans cette catégorie. Si l’américaine n’en est pas à son coup d’essai, celui-ci est un coup de maître.

Côté rock, si Sonic Youth n’existe plus, son esprit perdure dans le second album solo de son guitariste Thurston moore, The best day. Pas révolutionnaire, mais les fans du groupe y trouveront leur compte.

  • Au rayon Folk, on citera :

Sun Kil MoonBenji : même s’il ne se renouvelle pas radicalement d’un disque sur l’autre, et qu’entre les Red House Painters, Sun Kil Moon et les albums solo, la discographie de Mark Kozelek commence à être longue, cela reste un plaisir d’en découvrir une nouvelle production.

Nick MulveyFirst Mind : ex-joueur de hang drum au sein du groupe plutôt jazz Portico Quartet, Nick Mulvey livre un premier album solo dans lequel il chante du folk… et c’est plutôt réussi, même si je préfère Portico Quartet, plus innovant.

  • Du côté des musiques électroniques :

Deux vétérans du prestigieux label britannique Warp ont publié un nouvel album: Aphex Twin (Syro), un petit événement puisque le dernier LP de la tête de gondole du label datait de 2001, et les inoxydables Plaid qui, sans se révolutionner, reviennent assez en forme après trois ans d’absence avec Reachy Prints.

Le canadien Caribou (anciennement Manitoba) a livré avec Our love un album un peu plus pop qui a connu un excellent accueil critique.

Deptford goth est revenu avec Songs en se mettant dans les traces de James Blake (en un peu moins bien, mais bon album quand même). On pourra à moindre titre citer Seekae et son The worry.

Il ne s’agit que d’un EP, mais le Volcano du Français Saycet, qui prélude à un album en 2015 nous a mis fortement l’eau à la bouche…

  • R’n’b

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le R’n’b et consorts se limitait dans mon esprit aux Rihanna et autres Shy’m. En fait, pas seulement, et on peut trouver des artistes classé(e)s dans cette mouvance qui produisent des albums tout-à-fait dignes d’intérêt… On retiendra donc pour 2014 le sobrement intitulé LP1 de FKA Twigs, ainsi que le Goddess de Banks.

 

Pour finir, il semble qu’en 2014 je sois passé à côté de deux albums qui auraient amplement mérités un article : ceux de The Notwist et de Sohn. Ces oublis seront réparés prochainement…

Camelia Jordana – Retrograde

Je n’apprécie pas forcément plus que cela le style musical de certaines chansons du répertoire de Camelia Jordana, mais force est de reconnaître que la jeune femme a une voix incroyable. Alors quand elle reprend ce qui est probablement mon titre préféré de James Blake, cela donne cette petite merveille :

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La Maison Tellier – Sur un volcan (album: Beauté pour tous)

Après le titre Volcano de Saycet présenté dans l’article précédent, nous conclurons l’année 2014 en persévérant dans le registre volcanique…

Le groupe La Maison Tellier est composée de Raoul Tellier, Helmut Tellier, Léopold Tellier, Alphonse Tellier et Alexandre Tellier. La première question qui vient donc à l’esprit est bien évidemment : mais d’où vient le nom du groupe? D’une nouvelle de Maupassant… Rien à voir, donc, avec le patronyme de ses cinq membres (ou si peu…)

Considérant ensuite le fait que les principaux membres du groupe, outre le fait de s’appeler Tellier, arborent des barbes assez fournies, vient une seconde question toute aussi évidente : mais pourquoi donc Sébastien Tellier ne fait-il pas partie du groupe?

En attendant cet improbable ralliement, La Maison Tellier a sorti quatre albums en une dizaine d’années d’activité. Sur un Volcan, extrait de leur dernier album Beauté pour tous, ne brille certes pas par la complexité de sa progression harmonique. La grille d’accords sur laquelle repose l’intégralité de la chanson tient en effet en 4 secondes chrono : 2 secondes de Do mineur, 2 secondes de Mi bémol majeur et on recommence. Cela contribue-t-il à rendre Sur un Volcan aussi entêtante? Car une fois rentrée dans la tête, la chanson en sort difficilement. Et si le matériau de base est assez minimaliste (un ostinato à la guitare), le titre n’en est pas moins riche d’arrangements bien construits accompagnant un texte bien écrit, faisant de l’ensemble une réussite : au final, une chanson attachante, voire addictive.

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Fakear – La lune rousse (EP: Sauvage)

En écho au Angel Echoes de Four Tet et à ses collages de voix féminines, qui faisaient l’objet de l’article précédent, voici La lune rousse, titre reposant lui aussi sur un montage vocal lancinant.

Ce morceau est l’oeuvre de Fakear : remarqué aux Transmusicales 2013, et figurant au palmarès du prix ADAMI Deezer 2014, le jeune caennais est une des sensations françaises de l’année dans le petit monde de la musique électronique. Pas encore d’album au compteur, mais trois EPs remarqués dont le dernier en date, Sauvage, s’ouvre sur ce titre.

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Neneh Cherry – 422 (Album: Blank Project)

Le nom de Neneh Cherry renvoie immanquablement aux années 90 : c’est en effet à cette époque qu’elle signe quelques tubes planétaires, dont le fameux 7 seconds en duo avec Youssou N’Dour, avant de disparaître du paysage musical. Depuis, la chanteuse suédoise s’était faite discrète.

Pour son retour en solo vingt ans après ses années de gloire, Neneh Cherry, dont on ne contestera pas les goûts en matière de musique électronique (elle et son mari contribuèrent fortement au lancement de Massive Attack), a eu la pertinente idée de confier la production de son album à Kieran Hebden, alias Four Tet, pseudonyme sous lequel le musicien britannique officie depuis une quinzaine d’année.

Entre la toujours belle et chaude voix de Neneh Cherry et les arrangements plus froids qu’à son habitude élaborés par Four Tet, une intéressante alchimie se produit. Avec sa musique moins martiale que le reste de l’album, le titre 422 n’en est probablement pas l’exemple le plus représentatif, mais il n’en est pas moins une réussite.

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James Vincent McMorrow – Look out (Album: Post tropical)

Si vous aimez Patrick Watson, son folk raffiné et sa voix androgyne, vous aimerez l’irlandais James Vincent McMorrow, dont l’excellent second album Post tropical, vient de sortir. Look out en est un extrait, parmi d’autres non moins belles chansons aux arrangements subtils. Un peu de finesse dans un monde de brutes…

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Fauve – De ceux (album: Vieux Frères – Partie 1)

Ça y est, faisant suite à l’EP Blizzard, le premier album du collectif Fauve est sorti aujourd’hui. Fauve ne laisse pas indifférent, on adore ou on déteste, ou éventuellement on se demande si on adore ou si on déteste.

Quoi qu’il en soit, ceux qui leur reprochaient leur nombrilisme-bobo-parisien-post-adolescent ne changeront pas d’avis avec cet album. Et si c’est un point de vue qui peut s’entendre (si tant est qu’on puisse entendre un point de vue…), le groupe étant effectivement composé de jeunes parisiens issus de milieux pas particulièrement défavorisés et ayant fait des études supérieures, il ne devrait pas non plus faire changer d’avis les fans de la première heure qui ont vu en Fauve les porte-paroles d’une « génération désenchantée » (selon l’expression de la philosophe Mylène Farmer) et ont initié le buzz autour du collectif. Buzz qui, après s’être limité aux milieux indépendants, est en train de prendre une ampleur certaine : peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir eu des articles (généralement élogieux) dans l’Express, Libération, Le Point, Le Figaro, etc. le jour de la sortie de leur premier album.

Bref, à scander:

« Nous sommes de ceux qu’on ne remarque pas
Des fantômes / des transparents / des moyens »

…Fauve a fini par se faire remarquer, presque trop, au risque que ceux qui se reconnaissaient dans leurs textes ne se détournent d’eux. Espérons que ce groupe prometteur qui revendique l’ombre ne se perdra pas dans la lumière que les médias sont en train de braquer sur lui.

En ce qui nous concerne, et jusqu’à nouvel ordre, nous sommes de ceux qui aiment Fauve.

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Haley Bonar – Snowyish

Bandcamp est un site qui met en relation directe artistes et public, sans l’intermédiaire d’un label : tout musicien peut y faire écouter et y vendre (au prix d’une petite commission) sa musique en ligne. Si on y trouve quelques noms relativement connus (Sufjan Stevens, Four Tet, Laetitia Sheriff, Mansfield Tya…), le site héberge aussi nombre d’artistes qui le sont moins (voire des amateurs qui ne sortent leur album qu’en version digitale), au milieu desquels on trouve parfois de bonnes surprises, comme cet instrumental très atmosphérique de la chanteuse américaine Haley Bonar, dont la bio stipule qu’elle a été découverte par Alan Sparhawk de Low, groupe dont elle a par la suite assuré la première partie lors d’une tournée aux Etats-Unis. Si ses 4 albums sont par ailleurs disponibles sur les plateformes de streaming telles que Deezer ou les disquaires en ligne comme Amazon, le morceau en question fait partie d’un EP offert gracieusement (ou presque : vous payez ce que vous voulez) et disponible uniquement sur Bandcamp.

Un morceau hivernal, enregistré chez elle par Haley Bonar, dont le son brut contribue à l’atmosphère générale du titre.

Best of 2013 : rétrospective de l’année

L’année 2013 est terminée : c’est l’heure du bilan. On en retiendra…

…qu’avec son superbe second album Overgrown, James Blake a transformé l’essai
James Blake – Overgrown

…que les sables bitumineux ne sont pas les seuls gisements à la mode en ce moment au Canada : en creusant un peu on y trouve aussi de l’excellente electro-pop, avec la sortie du premier album de Purity Ring, et du second album d’Austra (après celui de Grimes l’année précédente) : Purity ring – Shrines, Austra – Olympia

…que Depeche Mode a retrouvé ses fondamentaux : Depeche Mode – Delta Machine

…que le label 4AD a retrouvé en Daughter un groupe dans le style de ceux qui ont fait l’esprit du label pendant ses grandes heures dans les années 80-90 : Daughter – If you leave

…que Daniel Darc est mort. Puis a sorti un de ses meilleurs albums : Daniel Darc – Chapelle Sixteen

…que Lou Reed l’a rejoint

…que Sufjan Stevens s’est trouvé un fils spirituel en la personne de Son Lux (tiens, « Son », d’ailleurs, ça veut dire « fils » en anglais) : Son Lux – Lanterns

…que le rock indé américain tendance calme se porte bien, avec Low qui continue de suivre son peu visible mais précieux chemin (Low – The invisible way), The National (The National – Trouble will find me) et les Local Natives (Local Natives – Hummingbird)

…qu’on est créatif en Europe du Nord, avec d’un côté le folk calme et mélancolique de la danoise Agnes Obel qui confirme son talent dans son deuxième album (Agnes Obel – Aventine), et de l’autre l’electro-pop torturée des suédois de The Knife (Shaking the habitual). Sans oublier Sigur Ros (Kveikur), qui s’est plutôt bien remis du départ d’un de ses membres.

…que les Tindersticks ont fêté leurs 20 ans de carrière avec un disque

…qu’un retour qu’on n’attendait plus s’est produit : My bloody valentine – MBV

…qu’un retour qu’on attendait s’est produit, celui de Bertrand Cantat à la musique : Détroit – Horizons

…que deux des groupes français qui s’exportent le mieux ont sorti un album (dont un a été un carton planétaire) : Daft Punk – Random Access Memories, Phoenix – Bankrupt!

…qu’un autre frenchie au profil international s’est révélé avec la sortie de The Golden Age, premier (et dernier?) album de Woodkid, source de débats passionnés entre ceux s’extasiant sur l’album de l’année et ceux dénonçant une une grandiloquence pleine de vide : Woodkid – The golden age

…que Stromae est toujours Formidable (et réussit le tour de force de plaire aussi bien aux pré-ados qu’aux journalistes des Inrocks et de Télérama)

…qu’Albin de la Simone est quadragénaire et que ça le travaille : Albin de la Simone – Un homme

…qu’Higelin est septuagénaire et que ça le travaille aussi : Higelin – Beau repaire

…que la chanson française se porte plutôt bien, avec les sorties (en plus des sus-cités) de bons albums de : Arman Méliès (IV), Zazie (Cyclo), Julien Doré, Vincent Delerm, Bertrand Belin et Etienne Daho

…qu’un vent de nouveauté a soufflé sur celle-ci quand les Fauve ont été lâchés dans le paysage musical : Fauve – Blizzard

…que la pop électronique hexagonale a elle aussi une jolie Peau : Peau – Archipel

On citera aussi en vrac: le nouvel Arcade Fire (Reflektor), la BO de la série Les Revenants par Mogwai, un nouveau disque du toujours plaisant Bonobo (The North Borders), et j’en passe…

Daughter – Still (album: If you leave)

Vu en live la semaine dernière, le groupe Daughter, dont j’avais présenté le titre Youth, a tenu ses promesses…

Pour l’anecdote : à plusieurs reprises au cours du concert, le groupe britannique, par la voix de son guitariste (unique Frenchie de la formation), s’est étonné voire inquiété du calme et du silence du public. Je ne sais pas quelle est l’ambiance habituelle de leurs concerts, mais on peut être surpris de leur surprise, tant leur musique mélancolique et méditative se prête plus à l’introspection et au recueillement qu’aux hurlements de groupies hystériques. Quand une chanson se termine, on n’a qu’une envie : attendre en silence que la prochaine commence, pour ne pas que l’atmosphère se dissipe, pour ne pas que la magie se brise. Le (relatif) calme du public est donc à prendre comme un compliment…

Et pour ceux qui n’y étaient pas, voici un deuxième extrait de leur premier album If you leave (2013), intitulé Still, pas aussi imparable que Youth, mais pas mal non plus.

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Zazie – Je ne sais pas (album: Cyclo / critique express)

Allez, un peu de variét’ pour changer, il faut bien attirer le chaland…

Zazie, même si chez elle passe parfois chez Michel Drucker, sait écrire de jolies choses… Pour la production de son nouvel(*) album Cyclo, la chanteuse a eu la bonne idée de s’appuyer sur Olivier Coursier, membre d’Aaron. On y retrouve donc les sonorités mélancolico-électroniques du groupe, ce qui ne gâche rien à l’affaire : Zazie nous livre ici un de ses meilleurs albums.

(*) Cet article ayant été originellement écrit en juin mais n’ayant pas trouvé sa place jusqu’ici, l’album est désormais un peu moins nouveau.

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Détroit (Bertrand Cantat & Pascal Humber) – Ange de désolation (+ critique album: Horizons)

Bon point argentÇa y est, il est sorti, le premier album post-Vilnius de Bertrand Cantat. Une décennie que les fans de Noir Désir l’attendaient. Et ils ne devraient pas être déçus : Cantat n’a rien perdu de son talent. Musicalement, Horizons est dans le prolongement de l’évolution de Noir Désir : leur dernier album studio, Des visages, des figures, marquait un tournant vers une musique plus posée et variée, moins rock pur et dur, qui se perpétue ici. On peut donc imaginer que cet album n’aurait pas été fondamentalement différent s’il avait été estampillé Noir Désir au lieu de Détroit. Quant aux mots, difficile de ne pas les mesurer à l’aune du parcours personnel tragique du chanteur. Deux chansons y font référence explicitement : Ange de désolation, qu’on ne peut pas ne pas voir comme une lettre à Marie Trintignant, et Horizon, qui fait allusion à son séjour en prison. A travers ces deux titres, Bertrand Cantat livre sa version. Si certains s’offusqueront sans doute qu’il ose évoquer son amour pour Marie Trintignant et la douleur de sa perte alors qu’il en est lui-même la cause, Ange de désolation n’en est pas moins une chanson bouleversante (au contraire)

Le retour de Bertrand Cantat à la vie (artistique) active est donc un retour gagnant, avec un album cohérent et réussi, où la voix et les textes de l’ex-leader de Noir Désir sont toujours aussi prenants. Seul bémol : la reprise finale d’Avec le temps de Ferré qui, si elle prend une résonance particulière dans ce contexte, s’avère un peu décevante en raison d’arrangements pas forcément très pertinents.

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Montevideo – Cave of kisses (album: Personal Space) + Interview

montevideoBonnes Notes est allé interviewer Montevideo, groupe de pop belge auteur de deux albums aux styles assez différents : un premier disque éponyme relativement remuant paru en 2006, suivi, après sept ans de réflexion, de Personal Space, plus pop, plus posé, et dont nous écouterons le premier titre Cave of kisses, en guise de mise en bouche.

Le groupe se compose de:

  • Jean Waterlot – chant, claviers, trompette
  • Emmanuel « Manu » Simonis – guitare, cordes
  • Gabriel Reding – basse
  • Pierre Waterlot – batterie

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Vous êtes Bruxellois. Pourquoi « Montevideo » et pas… « Bruxelles »?

Au moment de la genèse du groupe, on s’était inscrit à un tremplin sous un nom assez horrible, et le jour même on s’est dit « ce n’est pas possible, il faut qu’on change », d’autant plus que ce concours nous apportait une certaine couverture médiatique, ce qui était important pour un groupe qui débute. On s’est donc mis à chercher un autre nom de groupe (ce qui n’est pas chose facile), et à un moment donné Julien, notre ancien bassiste, a proposé « Montevideo » un peu spontanément. On n’a pas pensé à l’Uruguay, on a juste trouvé que ce nom avait une bonne résonance avec la manière dont on voyait le groupe. Ça a une sonorité assez ronde, ce n’est pas connoté dans un style ou dans un autre, et c’est assez international : ça se prononce sans s’écorcher dans la plupart des langues.

Comment êtes-vous venus à la musique?

Manu : j’ai toujours baigné dedans, mon père étant compositeur de musique classique. J’ai commencé le violon à 8 ans, avec un parcours assez académique, et puis à l’adolescence j’ai découvert le rock, musique dans laquelle je me retrouvais beaucoup plus que dans le classique. J’ai donc commencé à faire de la guitare en reprenant Nirvana et les Pixies comme tous les groupes d’ados de ma génération. Ce qui est amusant, c’est que pour le deuxième album, j’ai ressorti mon violon du placard, et j’ai enregistré des parties de cordes chez moi dans mon salon sur le titre Castles par exemple.

Jean, ado, a appris la trompette avec un prof de jazz qui était un peu une sommité en Belgique. La découverte de Chet Baker a été une grosse révélation pour lui.

Pierre a fait un peu de batterie à l’académie, mais il n’a pas énormément pris de cours. C’est surtout quelqu’un qui joue de la batterie comme il marche : c’est totalement instinctif chez lui.

Gabriel : j’ai su très jeune que j’avais envie de faire de la basse, mais mes parents ont voulu que je passe par un cursus classique pour acquérir de bonnes bases. J’ai donc fait de la guitare classique à l’académie pendant 3 ans, et ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de basse.

Bref, on a tous eu à un moment un cursus plus ou moins académique…

Comment le groupe s’est-il formé, comment vous êtes-vous connus?

Gabriel : ado, j’étais à l’école avec Pierre et Jean. A une époque Jean et moi essayions de jouer du jazz ensemble, mais le jazz n’est vraiment pas évident, ça demande un gros apprentissage. Je n’ai pas fait partie du groupe tout de suite, car je suis parti ensuite dans l’architecture. Jean a aussi fait d’autres choses avant de revenir à la musique en lançant Montevideo, mais je n’ai rejoint le groupe qu’après la sortie du premier album.

Manu : c’est un peu une histoire de famille, Pierre et Jean sont deux frères qui sont très proches et ont les mêmes amis. Je les ai rencontrés pendant que je faisais mes études, on fait partie du même cercle étendu, on est tous originaires du même quartier de Bruxelles.

Vous sortez un album en 2006 sur un label indépendant, à ce moment vous vivez de la musique ?

Non. A ce moment-là, on terminait nos études, on faisait des trucs à gauche à droite, mais on était surtout une bande de potes qui s’éclatait en faisant de la musique. Et puis à un moment donné on s’est dit : « pourquoi ne pas être un peu ambitieux et essayer de faire vraiment quelque chose ?». On s’est donc mis à travailler de plus en plus, et le déclencheur a été le fait de commencer à bosser avec l’ingé son de Ghinzu, qui a amené son chanteur John à un de nos concerts. Après le concert, John nous a dit : « J’adore ce que vous faites, j’ai vraiment envie de vous produire ». Pour nous c’était génial : on s’est retrouvé en studio, c’était notre première expérience, c’était un moment magique. Mais de là à gagner sa vie en faisant de la musique… Maintenant, oui on en vit, mais on ne fait pas forcément que ça, on a chacun un peu nos activités à côté. Gabriel travaille en même temps, par exemple. On est avant tout des passionnés, ce n’est pas évident d’en vivre, mais quelque part on trouve ça normal. Et puis du coup, le fait de n’être pas dépendants de la musique pour vivre nous a permis de mettre pas mal d’argent de côté et de nous auto-produire, ce qui est hyper intéressant : pour l’album Personal Space, on a vraiment fait ce dont on avait envie, on n’avait personne pour nous dire quoi faire, ni aucune pression financière. Beaucoup de musiciens qui vivent exclusivement de la musique se retrouvent obligés de faire des concessions, de faire des choses plus commerciales alors qu’ils n’en ont pas forcément envie.

Bien que vous ayez signé sur une major pour le second album, il est donc néanmoins auto-produit…

Oui. En fait, après notre pause de quelques années, on a enregistré un EP et on a recommencé à tourner. Notre notoriété en Belgique nous a permis de refaire suffisamment de concerts et de relancer la machine : enregistrer un EP auto-produit à New York, puis produire totalement notre second album. Ce n’est qu’après que nous avons signé une licence avec EMI en Belgique (NDLR : en substance, la licence est un simple contrat de distribution d’un disque, et pas un contrat qui lie l’artiste à la maison de disques et où celle-ci finance la production des albums). L’album nous appartient donc complètement : on peut en faire ce qu’on en veut. Alors que dans le schéma classique, on a très vite autour de soi un certain nombre de gens avec lesquels on est lié contractuellement et qui ont chacun une petite part du disque… et qui peuvent dans le pire des cas t’obliger à sortir un album à un moment où tu n’es pas du tout inspiré, qui du coup est mauvais.

Alors finalement, qu’a changé pour vous le fait de signer sur une major ?

Au départ on était très réticent à l’idée de signer sur une major : pour nous il y avait d’un côté les gentils labels indépendants, à dimension humaine et à ambiance familiale, et de l’autre les méchantes majors, qui ont évidemment des moyens que les petits labels n’ont pas, mais chez lesquelles on risque vite de se retrouver au fond d’un tiroir. Or, on a été surpris chez EMI : on s’est retrouvé dans une structure très familiale, très humaine mais aussi très dynamique, qui a fait beaucoup pour nous en Belgique au niveau de la presse et des radios. On a bien senti la crédibilité que ça nous apportait, car EMI ce n’est pas n’importe quelle major : c’est les Beatles, Bowie, Pink Floyd, Gorillaz… C’est la major qui a la plus belle image artistiquement, donc on s’y retrouvait plutôt bien et ça nous a ouvert des portes. Et on n’est pas contre le fait d’avoir des portes qui s’ouvrent…

Finalement vous avez la liberté qu’on peut avoir sur un petit label, tout en bénéficiant de la puissance de feu d’une major…

Tout-à-fait. Et pour la suite on est libre de faire ce qu’on veut, mais comme ça s’est très bien passé on n’a pas de raison de ne pas continuer : ce sont des gens très pros, très carrés, qui ont tous les contacts, donc ça change tout.

Votre second album est plus posé que le premier. Vous vous êtes calmés avec l’âge ? Ou c’est le fait que la composition du groupe ait changé ?

C’est parce que notre style a évolué que le line-up du groupe a changé, plutôt que l’inverse. Pour le premier album il y avait un côté très spontané, on ne savait pas trop où on allait : on composait les morceaux en faisant des jams lors des répétitions, et à un moment on a eu l’impression d’avoir fait le tour de cela. On a eu envie d’emmener notre musique autre part, de penser beaucoup plus en termes d’album qu’on écoute chez soi, plutôt que de composer des morceaux au jour le jour dans en vue du prochain live. On a donc changé notre manière de travailler, notamment en s’enregistrant beaucoup plus pendant le processus de composition. C’est aussi à ce moment que Gabriel (NDLR : le nouveau bassiste) est arrivé, et a apporté ses influences, notamment un côté plus mélodique. Mais c’est vrai que Personal space a un mood plus mélancolique que le premier album. Je ne sais pas si c’est l’âge, la maturité, mais c’est comme ça qu’on l’a senti : il y a eu quelques années d’effervescence, à faire des choses comme jouer aux Transmusicales de Rennes devant des milliers de personnes, ou tourner avec The Rapture qui était pour nous à l’époque un des groupes dont on était le plus fan, puis les choses sont retombées à la fin du cycle de vie de l’album, et un membre du groupe est parti. A ce moment on s’est cherché un peu, puis on s’est orienté vers quelque chose de plus écrit, de plus subtil. Mais si ce second album est très différent, on peut quand même trouver un lien avec le premier dans le sens où il reste une sorte de groove. En tout cas, la suite devrait être dans la lignée de Personal space : le groupe s’est trouvé artistiquement parlant. On sait désormais où on va.

Le processus de création des chansons semble donc collégial?

Pour la musique, oui, grosso modo. Quelqu’un vient avec une idée, on travaille dessus, on s’enregistre et on développe le morceau. On est très attentif aux idées de tout le monde, en tout cas. Concernant les textes, c’est Jean, le chanteur, qui s’en occupe désormais exclusivement, contrairement au premier album où plusieurs membres du groupe avaient œuvré comme auteurs.

Paroles ou musique d’abord?

Musique d’abord et textes après, toujours. C’est comme ça que Jean le sent : c’est la musique qui lui inspire le chant. Et puis pour nous la musique est plus prépondérante que les textes. Ce qu’on fait est plus proche de Pink Floyd que de Bob Dylan, en quelque sorte : on a de long passages instrumentaux, et la voix est plus utilisée comme un instrument.

Vous chantez en anglais, à l’image de nombreux groupes belges qui font de la bonne pop à l’anglo-saxonne depuis 15 ou 20 ans tels que dEUS, Venus, Ghinzu, Girls in Hawai, K’s Choice, Zita Swoon… En France, ce n’est que depuis quelques années qu’on assiste à une véritable percée de groupes qui chantent de la pop en anglais (Cocoon, Phoenix, Popopopops, Revolver et tant d’autres…). Pourquoi ce décalage entre les scènes belges et françaises, à votre avis ? Est-ce le poids de la sacro-sainte « chanson française » ? Ou le fait que la Belgique soit un petit pays parlant pour partie une langue assez peu répandue (le flamand) ?

Côté Belgique, la principale raison est que c’est un pays qui a deux langues nationales, et que la langue qui réunit les deux communautés, c’est l’anglais, langue qui réunit quasiment le monde entier, d’ailleurs… En plus, géographiquement, la Belgique est très proche de l’Angleterre, et on a l’impression que certains groupes anglais tournent plus facilement en Belgique qu’en France, donc on a pas mal baigné dans cette culture anglo-saxonne. De plus, les Flamands, du fait que leur langue est peu pratiquée, parlent très bien l’anglais (beaucoup mieux que les francophones). Enfin, la Belgique a un côté très international : c’est la capitale de l’Europe, Bruxelles est une ville très cosmopolite.

Quant à la France, c’est un plus grand pays qui a peut-être plus un côté « qui se suffit à lui-même », qui a moins besoin d’être international. La France a probablement eu aussi besoin de se décomplexer par rapport à l’anglais, et on imagine que le poids de la chanson française a également dû jouer. S’il a émergé récemment en France des groupes qui chantent en anglais, c’est peut-être aussi grâce à la French Touch : Air, Phoenix…

Sauf que Phoenix a cartonné aux Etats-Unis bien avant d’avoir du succès en France…

Oui, c’est vrai. Il y a aussi eu Tahiti 80, qui marchait super bien au Japon alors qu’ils avaient du mal à remplir des petites salles en France. Ou M83, qui a mis du temps à percer en France.

En ce qui nous concerne, c’est la scène anversoise qui nous a donné l’exemple et nous a influencés sur le fait de chanter sans complexe en anglais : les groupes que tu as cités, Ghinzu, Girls in Hawai… Ce sont des groupes qui chantent en anglais, mais qui ont en même temps tous un je-ne-sais-quoi de typiquement belge. En tout cas, pour nous l’anglais était une évidence, et se poser la question de chanter en Français était du même ordre que de se poser la question de mettre du biniou sur un titre… Ce qui ne nous empêche pas d’adorer un certain nombre d’artistes qui chantent en français.

Et puis, certaines langues sonnent mieux sur certains styles de musique…

Tout-à-fait, et les groupes qui nous ont influencé et nous ont donné envie de faire de la musique étaient soit des artistes anglo-saxons, soit bien des artistes qui chantaient en anglais (à l’exception de Gainsbourg)

Pour terminer, la question subsidiaire : votre bière belge préférée? Ou une bière belge méconnue à me faire découvrir ?

Gabriel : La Chouffe

Manu : si on commence à parler bière, on est reparti pour un moment… Il y a plein de petites brasseries artisanales qui font d’excellentes bières, je pense à la Brasserie de la Senne à Bruxelles notamment, avec la Taras Boulba, et la Jambe de bois, ou la brasserie Dupont, qui est également excellente. Ma bière préférée… ce n’est pas facile… Bon allez, je vais dire la Bon vœux (Dupont)… ou bien la Troubadour magma.

Son Lux – Lost it to trying (album: Lanterns)

Lanterns, troisième album de Son Lux, l’alter ego musical de l’américain Ryan Lott, est sorti. Et c’est une réussite. Un grain de voix intéressant (qu’on n’entend pas tellement sur ce single), et des arrangements aux envolées lyriques qui laissent imaginer ce que Sufjan Stevens pourrait faire (c’est un compliment) si on lui prêtait un ordinateur pour manipuler les sons des instruments acoustiques qu’il utilise. Car Son Lux est un peu à la frontière entre musique symphonique et électronique: la coloration sonore est souvent celle d’instruments classiques, mais mâtinée d’assemblages synthétiques, pour un résultat des plus intéressants.

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The velvet underground – Venus in furs

Bon point orLa disparition de son chanteur Lou Reed est l’occasion de réécouter le génial Velvet underground, sans lequel le rock ne serait pas ce qu’il est: sans le Velvet, pas de Joy Division, pas de Sonic Youth, pas de My Bloody Valentine

Venus in furs est une chanson inspirée par le livre du même nom de Sacher-Masoch (La Vénus à la fourrure en français), livre fondateur du sado-masochisme dont une adaptation cinématographique signée Roman Polanski sort sur les écrans aujourd’hui même.

La chanson se trouve sur le premier album du Velvet Underground, le fameux « album à la banane » dont la pochette fut dessinée par le protecteur et producteur du groupe, Andy Warhol.

Si le Velvet n’a pas vraiment connu le succès pendant sa courte existence (en gros de 1967 à 1970), il est désormais considéré comme l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Une phrase attribuée au fameux producteur et musicien Brian Eno dit d’ailleurs : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »

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PS : je voudrais au passage remercier l’agence publicitaire des pneus Dunlop, grâce à l’audace de laquelle j’ai découvert cette chanson et le Velvet au début des années 90 à travers un incroyable et très « lynchien » spot (j’ai d’ailleurs longtemps cru que cette pub avait été réalisée par David Lynch)

Agnes Obel – Dorian

Repérée sur MySpace et devenue la révélation folk de 2011 avec son premier album Philharmonics (sorti en 2010), la pianiste et chanteuse danoise Agnes Obel vient de livrer son deuxième album, intitulé Aventine. Ceux qui, comme moi, ont été charmés par son premier opus, ne seront pas déçus : c’est toujours aussi joli, délicat, arrangé dans une veine classique (qui n’est pas sans évoquer Erik Satie) et mélancolique. Et c’est peut-être le seul et principal problème de ce disque : c’est un peu le même que le précédent. Ceux qui ont échappé à Philharmonics découvriront donc Aventine avec ravissement, ceux qui ont aimé Philharmonics aimeront Aventine, mais avec une impression de déjà vu qui ôtera en partie à ce second album d’Agnes Obel l’impact qu’avait pu avoir le premier.

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[Mise à jour] A regarder: Voici une video d’une session live du très beau titre Dorian

Daughter – Youth

Trio pop-folk composé d’une chanteuse, d’un guitariste et d’un batteur, Daughter est une des nouvelles signatures du label 4AD (site officiel) qui a sorti leur premier album au printemps dernier. Avec sa combinaison voix féminine + musique mélancolique, le groupe renoue un peu avec le style musical qui fit la gloire du label dans les années 80/90, à l’époque où figuraient dans l’écurie 4AD des noms tels que Cocteau Twins, This Mortal Coil ou Lisa Germano (mais aussi His Name Is Alive, Kristin Hersh, Heidi Berry, Rachel Goswell…)

Le titre Youth, d’une délicate beauté, est extrait de ce premier album If you leave (2013).

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PS: Pour les Rennais d’entre vous, Daughter passe à l’Antipode le 21 novembre. J’y serai.

Florent Marchet – Apollo 21

Florent Marchet fait partie de cette génération des chanteurs français « post-Dominique A » dont la visibilité médiatique est inversement proportionnelle au talent. Bien loin de la notoriété d’un Vincent Delerm, ils sont quelques-un à oeuvrer dans cette catégorie de chanteurs-pas-à-voix aux textes de trentenaires désabusés (parfois un peu bobo) : Arnaud Fleurant-Didier, Albin de la Simone, Bertrand Belin, Matthieu Boogaerts, voire Bertrand Betsch, Joseph d’Anvers ou Alex Beaupain.

Florent Marchet vient d’annoncer la sortie pour janvier de son cinquième opus, un concept-album intersidéral, dont le premier single vient d’être mis en ligne. Intriguant et prometteur… On attend la suite avec curiosité.

Fin janvier, c’est dans quatre mois, ce qui laisse largement le temps à ceux qui découvrent l’existence de Florent Marchet de se plonger dans sa discographie existante en attendant la sortie du nouvel album.

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Austra – Painful like

Le morceau du jour est un titre du nouvel album d’Austra, sorti il y a quelques semaines. Si l’atmosphère synthétique époque new wave est toujours présente, ce deuxième opus délaisse cependant les ambiances darkwave du premier album Feel it break (paru en 2011) au profit d’arrangements un peu plus légers et dansants. Sur Olympia, le groupe de Toronto fait la part belle aux sons analogiques enregistrés live, mais si le style musical a évolué entre leurs deux albums, on reconnaitra sans peine le côté mélancolique du trio porté par la voix si caractéristique de Katie Stelmanis, chanteuse de formation classique qui a délaissé le chant lyrique pour se consacrer à la pop électronique.

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