Anima! – Breathe

Anima!, duo sud-africano-californien, vient de sortir son premier album, sans distribution physique il semble, du moins pas en France.

Secret encore bien gardé, ce petit bijou s’écoute (et s’achète : je vous encourage à les encourager…) sur BandCamp.

En voici un extrait:

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Mercury Rev – The queen of swans (album: The light in you)

A ne pas trouver le temps d’écrire des chroniques documentées, ce blog a vu le délai entre chaque publication s’allonger significativement. Sa vocation initiale étant de faire découvrir/écouter de la musique sans forcément de disserter longuement à son sujet mieux vaut un article court que pas d’article du tout.

Cela faisait un moment (7 ans!) qu’on attendait des nouvelles de Mercury Rev. Les auteurs du magistral Deserter’s songs nous reviennent assez en forme avec un nouvel album intitulé The light in you, qui commence ainsi :

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Limousine – La Gaviota

On ne peut pas dire que Limousine soit célébrissime… Ni ce Limousine-là (français), ni les autres d’ailleurs, car plusieurs groupes partagent ce nom. Trois albums (instrumentaux) au compteur, en 2006, 2012 et 2014. Pour le reste, ne les connaissant moi-même pas très bien, j’assume le panaché de copier-coller ci-dessous en provenance des Inrocks et de Magic:

Deux ans avant que Poni Hoax ne devienne le meilleur groupe de rock de l’Hexagone (NDLR: c’est l’avis de Magic, qui a la fâcheuse de dégoter deux ou trois meilleurs groupes de la décennie par numéro…), le compositeur, saxophoniste et multi-instrumentiste Laurent Bardainne avait fondé Limousine en compagnie de Maxime Delpierre (guitare) et David Aknin (batterie) – issus comme lui-même d’une scène jazz trop étriquée pour leurs envies respectives de diversité et de légèreté. Interprétées avec toute la retenue et la classe d’instrumentistes chevronnés fonctionnant en symbiose, la seule chose qui soit “jazz” au sujet des neuf pièces qui composent ce magnifique deuxième album est la superbe et chaleureuse mise en son, qui produit exactement la même impression de feutré et de proximité que généraient les enregistrements du tandem Gil Evans/Miles Davis.

Non, ici tout est cinématique, volontairement, ouvertement. Passée l’agréable sensation de la première écoute, le temps de faire un clin d’œil à Brian Eno et Air réunis (Cosmos), les suivantes suggèrent qu’ il n’est pas impossible que II soit aussi un “album-devinette”, imaginé pour titiller les sens du mélomane cinéphile.

Cette musique de peu de notes se révèle hautement suggestive, d’une perversité que n’affichent pas son élégance, sa joliesse. Répétitive comme une idée noire qui tournerait dans une nuit blanche, elle dessine à force de boucles une fresque, un dédale dont la profondeur de champ vire parfois au vertige – impression d’un Sergio Leone mis en son par Godspeed You! Black Emperor. Pop-music laconique, où il faut fermer les yeux pour relier les points épars par des traits flous et colorés. Fascinant.

Fin du plagiat, place à l’écoute du premier titre du deuxième album de Limousine, sobrement (comme leur musique) intitulé « II ».

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The Notwist – Kong (critique album: Close to the glass)

Force est de reconnaître que cet album est passé hors de la couverture radar de Bonnes Notes lorsqu’il est sorti en 2014. Non que je n’aie jamais entendu parler de ce groupe allemand un peu confidentiel mais réputé qui œuvre depuis 25 ans dans des registres musicaux assez différents… En réalité, c’est peut-être justement l’hétérogénéité de leur répertoire qui m’avait tenu éloigné d’eux, n’ayant été précédemment confronté qu’à des albums hors du spectre de mes goûts (le groupe a commencé en faisant du metal/punk…), et ce à mon étonnement : en effet, une partie des membres de The Notwist a des activités musicales parallèles et participent à d’autres formations pop/electronica dont j’apprécie beaucoup le travail telles que Lali Puna, Ms John Soda ou encore Console (qui a participé à l’album Vespertine de Björk).

Même si Close to the glass n’est pas exempt de tout reproche, l’album comporte un certain nombre de titres très réussis, tels que la mélancolique ballade Casino à la guitare sèche, les électroniques Run run run et Lineri, ou encore le clin d’œil shoegaze à My Bloody Valentine 7-Hour-Drive. Histoire pour une fois de choisir un titre un peu plus « catchy », c’est finalement le single Kong, qui lorgne un peu vers un genre de britpop psychédélique, que j’ai finalement choisi pour illustrer cet article et cet album. Comme quoi, même au sein d’un seul album, les Notwist explorent une large palette sonore… Tout en sachant rester cohérents.

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My brightest diamond – This is my hand / Looking at the sun

Le nouvel album de My Brightest Diamond est certainement une des perles de cette rentrée. L’américaine, seule et unique membre du « groupe », s’était imaginée au moment de la génèse de cet album s’adjoindre les services d’une fanfare pour ses prochains concerts, ce qui ne présageait rien de bon (en tout cas pour quelqu’un d’aussi peu féru de cuivres que moi). Au final, This is my hand a effectivement recours entre autres à des cuivres, mais utilisés à bon escient et avec suffisamment de retenue dans le dosage… L’album mélange sonorités acoustiques et électroniques de belle manière, le tout au service de la toujours soyeuse voix de Shara Worden, dont cette cinquième livraison ne déçoit pas.

Puisque c’est le principe de ce blog, nous arrivons au moment critique du titre à écouter. N’ayant pas réussi à choisir entre deux extraits assez différents mais tout aussi intéressants de ce nouveau disque, vous en aurez exceptionnellement deux pour le prix d’un: oui, vous avez bien entendu, approchez mesdames messieurs, c’est cadeau…

Tout d’abord, This is my hand, titre qui donne son nom à l’album et premier single:

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Et maintenant, voici Looking at the sun:

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Adult jazz – Pigeon skulls (album: Gist is)

Bonnes Notes fait sa rentrée avec un premier album longuement muri par un jeune quatuor issu de l’université de Leeds. Précisons tout d’abord que comme son nom ne l’indique pas Adult Jazz n’est pas un groupe de jazz, mais délivre une pop aérienne qui lorgne plutôt du côté d’Alt-J (qui signent également leur retour ces jours-ci), voire même vers la fin de carrière plutôt méconnue mais passionnante de Talk-Talk (après avoir délaissé les synthés pop et tubesques de Such a shame)

Bien que jeunes, les membres d’Adult Jazz travaillent sur cet album depuis des années, album qu’ils ont entièrement conçu et réalisé par eux-mêmes, en parallèle de leur vie d’étudiants puis de professeurs des écoles. Une voix haut perchée et des morceaux longs, à la fois dépouillés et élaborés, est la recette de base du groupe, comme l’illustre cet extrait.

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Page Bandcamp du groupe

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Montevideo – Cave of kisses (album: Personal Space) + Interview

montevideoBonnes Notes est allé interviewer Montevideo, groupe de pop belge auteur de deux albums aux styles assez différents : un premier disque éponyme relativement remuant paru en 2006, suivi, après sept ans de réflexion, de Personal Space, plus pop, plus posé, et dont nous écouterons le premier titre Cave of kisses, en guise de mise en bouche.

Le groupe se compose de:

  • Jean Waterlot – chant, claviers, trompette
  • Emmanuel « Manu » Simonis – guitare, cordes
  • Gabriel Reding – basse
  • Pierre Waterlot – batterie

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Vous êtes Bruxellois. Pourquoi « Montevideo » et pas… « Bruxelles »?

Au moment de la genèse du groupe, on s’était inscrit à un tremplin sous un nom assez horrible, et le jour même on s’est dit « ce n’est pas possible, il faut qu’on change », d’autant plus que ce concours nous apportait une certaine couverture médiatique, ce qui était important pour un groupe qui débute. On s’est donc mis à chercher un autre nom de groupe (ce qui n’est pas chose facile), et à un moment donné Julien, notre ancien bassiste, a proposé « Montevideo » un peu spontanément. On n’a pas pensé à l’Uruguay, on a juste trouvé que ce nom avait une bonne résonance avec la manière dont on voyait le groupe. Ça a une sonorité assez ronde, ce n’est pas connoté dans un style ou dans un autre, et c’est assez international : ça se prononce sans s’écorcher dans la plupart des langues.

Comment êtes-vous venus à la musique?

Manu : j’ai toujours baigné dedans, mon père étant compositeur de musique classique. J’ai commencé le violon à 8 ans, avec un parcours assez académique, et puis à l’adolescence j’ai découvert le rock, musique dans laquelle je me retrouvais beaucoup plus que dans le classique. J’ai donc commencé à faire de la guitare en reprenant Nirvana et les Pixies comme tous les groupes d’ados de ma génération. Ce qui est amusant, c’est que pour le deuxième album, j’ai ressorti mon violon du placard, et j’ai enregistré des parties de cordes chez moi dans mon salon sur le titre Castles par exemple.

Jean, ado, a appris la trompette avec un prof de jazz qui était un peu une sommité en Belgique. La découverte de Chet Baker a été une grosse révélation pour lui.

Pierre a fait un peu de batterie à l’académie, mais il n’a pas énormément pris de cours. C’est surtout quelqu’un qui joue de la batterie comme il marche : c’est totalement instinctif chez lui.

Gabriel : j’ai su très jeune que j’avais envie de faire de la basse, mais mes parents ont voulu que je passe par un cursus classique pour acquérir de bonnes bases. J’ai donc fait de la guitare classique à l’académie pendant 3 ans, et ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de basse.

Bref, on a tous eu à un moment un cursus plus ou moins académique…

Comment le groupe s’est-il formé, comment vous êtes-vous connus?

Gabriel : ado, j’étais à l’école avec Pierre et Jean. A une époque Jean et moi essayions de jouer du jazz ensemble, mais le jazz n’est vraiment pas évident, ça demande un gros apprentissage. Je n’ai pas fait partie du groupe tout de suite, car je suis parti ensuite dans l’architecture. Jean a aussi fait d’autres choses avant de revenir à la musique en lançant Montevideo, mais je n’ai rejoint le groupe qu’après la sortie du premier album.

Manu : c’est un peu une histoire de famille, Pierre et Jean sont deux frères qui sont très proches et ont les mêmes amis. Je les ai rencontrés pendant que je faisais mes études, on fait partie du même cercle étendu, on est tous originaires du même quartier de Bruxelles.

Vous sortez un album en 2006 sur un label indépendant, à ce moment vous vivez de la musique ?

Non. A ce moment-là, on terminait nos études, on faisait des trucs à gauche à droite, mais on était surtout une bande de potes qui s’éclatait en faisant de la musique. Et puis à un moment donné on s’est dit : « pourquoi ne pas être un peu ambitieux et essayer de faire vraiment quelque chose ?». On s’est donc mis à travailler de plus en plus, et le déclencheur a été le fait de commencer à bosser avec l’ingé son de Ghinzu, qui a amené son chanteur John à un de nos concerts. Après le concert, John nous a dit : « J’adore ce que vous faites, j’ai vraiment envie de vous produire ». Pour nous c’était génial : on s’est retrouvé en studio, c’était notre première expérience, c’était un moment magique. Mais de là à gagner sa vie en faisant de la musique… Maintenant, oui on en vit, mais on ne fait pas forcément que ça, on a chacun un peu nos activités à côté. Gabriel travaille en même temps, par exemple. On est avant tout des passionnés, ce n’est pas évident d’en vivre, mais quelque part on trouve ça normal. Et puis du coup, le fait de n’être pas dépendants de la musique pour vivre nous a permis de mettre pas mal d’argent de côté et de nous auto-produire, ce qui est hyper intéressant : pour l’album Personal Space, on a vraiment fait ce dont on avait envie, on n’avait personne pour nous dire quoi faire, ni aucune pression financière. Beaucoup de musiciens qui vivent exclusivement de la musique se retrouvent obligés de faire des concessions, de faire des choses plus commerciales alors qu’ils n’en ont pas forcément envie.

Bien que vous ayez signé sur une major pour le second album, il est donc néanmoins auto-produit…

Oui. En fait, après notre pause de quelques années, on a enregistré un EP et on a recommencé à tourner. Notre notoriété en Belgique nous a permis de refaire suffisamment de concerts et de relancer la machine : enregistrer un EP auto-produit à New York, puis produire totalement notre second album. Ce n’est qu’après que nous avons signé une licence avec EMI en Belgique (NDLR : en substance, la licence est un simple contrat de distribution d’un disque, et pas un contrat qui lie l’artiste à la maison de disques et où celle-ci finance la production des albums). L’album nous appartient donc complètement : on peut en faire ce qu’on en veut. Alors que dans le schéma classique, on a très vite autour de soi un certain nombre de gens avec lesquels on est lié contractuellement et qui ont chacun une petite part du disque… et qui peuvent dans le pire des cas t’obliger à sortir un album à un moment où tu n’es pas du tout inspiré, qui du coup est mauvais.

Alors finalement, qu’a changé pour vous le fait de signer sur une major ?

Au départ on était très réticent à l’idée de signer sur une major : pour nous il y avait d’un côté les gentils labels indépendants, à dimension humaine et à ambiance familiale, et de l’autre les méchantes majors, qui ont évidemment des moyens que les petits labels n’ont pas, mais chez lesquelles on risque vite de se retrouver au fond d’un tiroir. Or, on a été surpris chez EMI : on s’est retrouvé dans une structure très familiale, très humaine mais aussi très dynamique, qui a fait beaucoup pour nous en Belgique au niveau de la presse et des radios. On a bien senti la crédibilité que ça nous apportait, car EMI ce n’est pas n’importe quelle major : c’est les Beatles, Bowie, Pink Floyd, Gorillaz… C’est la major qui a la plus belle image artistiquement, donc on s’y retrouvait plutôt bien et ça nous a ouvert des portes. Et on n’est pas contre le fait d’avoir des portes qui s’ouvrent…

Finalement vous avez la liberté qu’on peut avoir sur un petit label, tout en bénéficiant de la puissance de feu d’une major…

Tout-à-fait. Et pour la suite on est libre de faire ce qu’on veut, mais comme ça s’est très bien passé on n’a pas de raison de ne pas continuer : ce sont des gens très pros, très carrés, qui ont tous les contacts, donc ça change tout.

Votre second album est plus posé que le premier. Vous vous êtes calmés avec l’âge ? Ou c’est le fait que la composition du groupe ait changé ?

C’est parce que notre style a évolué que le line-up du groupe a changé, plutôt que l’inverse. Pour le premier album il y avait un côté très spontané, on ne savait pas trop où on allait : on composait les morceaux en faisant des jams lors des répétitions, et à un moment on a eu l’impression d’avoir fait le tour de cela. On a eu envie d’emmener notre musique autre part, de penser beaucoup plus en termes d’album qu’on écoute chez soi, plutôt que de composer des morceaux au jour le jour dans en vue du prochain live. On a donc changé notre manière de travailler, notamment en s’enregistrant beaucoup plus pendant le processus de composition. C’est aussi à ce moment que Gabriel (NDLR : le nouveau bassiste) est arrivé, et a apporté ses influences, notamment un côté plus mélodique. Mais c’est vrai que Personal space a un mood plus mélancolique que le premier album. Je ne sais pas si c’est l’âge, la maturité, mais c’est comme ça qu’on l’a senti : il y a eu quelques années d’effervescence, à faire des choses comme jouer aux Transmusicales de Rennes devant des milliers de personnes, ou tourner avec The Rapture qui était pour nous à l’époque un des groupes dont on était le plus fan, puis les choses sont retombées à la fin du cycle de vie de l’album, et un membre du groupe est parti. A ce moment on s’est cherché un peu, puis on s’est orienté vers quelque chose de plus écrit, de plus subtil. Mais si ce second album est très différent, on peut quand même trouver un lien avec le premier dans le sens où il reste une sorte de groove. En tout cas, la suite devrait être dans la lignée de Personal space : le groupe s’est trouvé artistiquement parlant. On sait désormais où on va.

Le processus de création des chansons semble donc collégial?

Pour la musique, oui, grosso modo. Quelqu’un vient avec une idée, on travaille dessus, on s’enregistre et on développe le morceau. On est très attentif aux idées de tout le monde, en tout cas. Concernant les textes, c’est Jean, le chanteur, qui s’en occupe désormais exclusivement, contrairement au premier album où plusieurs membres du groupe avaient œuvré comme auteurs.

Paroles ou musique d’abord?

Musique d’abord et textes après, toujours. C’est comme ça que Jean le sent : c’est la musique qui lui inspire le chant. Et puis pour nous la musique est plus prépondérante que les textes. Ce qu’on fait est plus proche de Pink Floyd que de Bob Dylan, en quelque sorte : on a de long passages instrumentaux, et la voix est plus utilisée comme un instrument.

Vous chantez en anglais, à l’image de nombreux groupes belges qui font de la bonne pop à l’anglo-saxonne depuis 15 ou 20 ans tels que dEUS, Venus, Ghinzu, Girls in Hawai, K’s Choice, Zita Swoon… En France, ce n’est que depuis quelques années qu’on assiste à une véritable percée de groupes qui chantent de la pop en anglais (Cocoon, Phoenix, Popopopops, Revolver et tant d’autres…). Pourquoi ce décalage entre les scènes belges et françaises, à votre avis ? Est-ce le poids de la sacro-sainte « chanson française » ? Ou le fait que la Belgique soit un petit pays parlant pour partie une langue assez peu répandue (le flamand) ?

Côté Belgique, la principale raison est que c’est un pays qui a deux langues nationales, et que la langue qui réunit les deux communautés, c’est l’anglais, langue qui réunit quasiment le monde entier, d’ailleurs… En plus, géographiquement, la Belgique est très proche de l’Angleterre, et on a l’impression que certains groupes anglais tournent plus facilement en Belgique qu’en France, donc on a pas mal baigné dans cette culture anglo-saxonne. De plus, les Flamands, du fait que leur langue est peu pratiquée, parlent très bien l’anglais (beaucoup mieux que les francophones). Enfin, la Belgique a un côté très international : c’est la capitale de l’Europe, Bruxelles est une ville très cosmopolite.

Quant à la France, c’est un plus grand pays qui a peut-être plus un côté « qui se suffit à lui-même », qui a moins besoin d’être international. La France a probablement eu aussi besoin de se décomplexer par rapport à l’anglais, et on imagine que le poids de la chanson française a également dû jouer. S’il a émergé récemment en France des groupes qui chantent en anglais, c’est peut-être aussi grâce à la French Touch : Air, Phoenix…

Sauf que Phoenix a cartonné aux Etats-Unis bien avant d’avoir du succès en France…

Oui, c’est vrai. Il y a aussi eu Tahiti 80, qui marchait super bien au Japon alors qu’ils avaient du mal à remplir des petites salles en France. Ou M83, qui a mis du temps à percer en France.

En ce qui nous concerne, c’est la scène anversoise qui nous a donné l’exemple et nous a influencés sur le fait de chanter sans complexe en anglais : les groupes que tu as cités, Ghinzu, Girls in Hawai… Ce sont des groupes qui chantent en anglais, mais qui ont en même temps tous un je-ne-sais-quoi de typiquement belge. En tout cas, pour nous l’anglais était une évidence, et se poser la question de chanter en Français était du même ordre que de se poser la question de mettre du biniou sur un titre… Ce qui ne nous empêche pas d’adorer un certain nombre d’artistes qui chantent en français.

Et puis, certaines langues sonnent mieux sur certains styles de musique…

Tout-à-fait, et les groupes qui nous ont influencé et nous ont donné envie de faire de la musique étaient soit des artistes anglo-saxons, soit bien des artistes qui chantaient en anglais (à l’exception de Gainsbourg)

Pour terminer, la question subsidiaire : votre bière belge préférée? Ou une bière belge méconnue à me faire découvrir ?

Gabriel : La Chouffe

Manu : si on commence à parler bière, on est reparti pour un moment… Il y a plein de petites brasseries artisanales qui font d’excellentes bières, je pense à la Brasserie de la Senne à Bruxelles notamment, avec la Taras Boulba, et la Jambe de bois, ou la brasserie Dupont, qui est également excellente. Ma bière préférée… ce n’est pas facile… Bon allez, je vais dire la Bon vœux (Dupont)… ou bien la Troubadour magma.