Grimes – You’ll miss me when I’m not around

Assumons d’emblée le fait que la motivation première de ce post soit de relayer un potin mondain datant du printemps dernier et qui m’avait échappé. On se doutait bien qu’Elon Musk, le patron de SpaceX et Tesla intronisé hier « homme le plus riche du monde » aux dépends du patron d’Amazon, était plus « fantasque » (pour reprendre l’euphémise généralement accolé à son nom dans les médias) que Jeff Bezos, Tim Cook et Bill Gates réunis. Voire que Vincent Bolloré tout seul, c’est dire.

Impression confirmée par l’identité de sa compagne actuelle, qui n’est autre que Claire Boucher, alias Grimes, autrice/compositrice/chanteuse canadienne pour le moins barrée (cf l’article qui lui était consacré dans ces pages), mais surtout par le prénom dont ils ont affublé leur bébé auquel elle a donné naissance en mai 2020 : « X Æ A-Xii ». Ca ne s’invente pas (enfin, si, apparemment), l’éthymologie de ce prénom étant la suivante :

  • X : l’inconnue dans les équations mathématiques
  • Æ : la traduction de « AI » (Intelligence Artificielle) mais aussi de « Amour » dans la langue des elfes
  • A-Xii : le prénom initial se terminait par A-12 mais il a été refusé, la loi californienne interdisant les chiffres dans les prénoms. Le 12 a donc été retranscrit en chiffres romains. Et sinon, pourquoi A-12? Parce que le Lockheed A-12 (ancêtre du mythique Lockheed SR71 Blackbird) est leur avion préféré. Ce qui peut amener à se demander si les parents de Meghan Markle n’avaient pas un faible pour les voitures françaises…

Pour en revenir à l’actualité musicale, Grimes a sorti cette semaine un album intitulé Miss anthropocene (rave edition) constitué de remixes orientés dancefloor de son précédent album lui-même intitulé, je vous le donne en mille : Miss anthropocene. Les remixes sont signés d’un certain nombre de pointures électro telles que Plastikman ou Modselektor, mais à moins d’être à Lieuron (charmante bourgade d’Ille et Vilaine : son église, son cluster) un soir de réveillon, on lui préférera l’original.

Sorti en pleine grossesse (pour la chanteuse) et en plein confinement (pour le reste du monde), on appréciera au passage la démarche de Grimes pour le titre You’ll miss me when I’m not around : le clip est tourné sur fond vert, selon la technique permettant d’incruster les images dans un décor virtuel… et diffusé tel quel, accompagnée d’un kit créatif contenant notamment les pistes séparées de la chanson afin de permettre aux internautes enfermés chez eux de s’occuper à fabriquer leur propre clip et leur propre mix de sa chanson. Belle idée d’une artiste elle-même adepte du Do It Yourself…

Clip original :

Clip réalisé par un fan :

Prudence – Offenses

Je savais que je n’aurais pas dû : à l’occasion de la sortie de l’EP Be water de Prudence, j’ai commis l’imprudence (ah, ah) de réécouter le titre Offenses qui y figure, et comme il y a quelques mois lors de sa sortie en single, impossible ensuite de me le sortir de la tête pendant des jours. Il y a des chansons comme ça, qui s’emparent de vous (et pas forcément des autres) par surprise, sans qu’on sache exactement pourquoi.

Si vous ne connaissez peut-être pas Prudence, quelques titres seulement au compteur distillés depuis le début de l’année sans susciter d’émoi international, vous connaissez sans doute sa voix : celle de The Dø. Sous ce nom d’artiste se cache en effet le nouveau projet d’Olivia Merilahti, qui réapparait seule après six ans de silence discographique de son groupe.

La séparation du couple qu’elle formait à la ville avec son acolyte Dan Lévy pouvait laisser craindre la dislocation de leur projet musical commun, même si elle n’avait pas empêché leur troisième (et dernier à ce jour) album Shake Shook Shaken de voir le jour, et d’être récompensé aux Victoires de la musique. On se rassurait un peu en se disant qu’un autre duo, Dead Can Dance, avait fait l’essentiel de sa carrière après la séparation amoureuse de Lisa Gerrard et Brendan Perry (et en vivant à 20000 km l’un de l’autre) sans que cela n’affecte leur production musicale. Et ne parlons pas de Peter et Sloane, dont la carrière… non, n’en parlons pas.

Si The Dø n’est pas officiellement dissout, ce n’est visiblement pas à la préparation d’un nouvel album du groupe qu’a œuvré Olivia Merilahti ces dernier temps, volant désormais de ses propres ailes. L’écoute du premier single Never with U dévoilé au printemps laissait penser, à l’instar de l’inégale carrière solo de Lisa Gerrard, que le groupe valait plus que la somme de ses individualités. Pop électronique calibrée, assaisonnée d’un clip futuriste où elle apparaissait en super-héroïne d’un univers cyberpunk : certainement efficace, le titre manquait en revanche clairement du je-ne-sais-quoi qui faisait de The Dø le groupe de pop-rock français le plus intéressant depuis les Rita Mitsouko.

Entre temps est paru Offenses, dont le refrain est la première occasion d’entendre Olivia chanter en français. Si ses paroles aux accents mystiques (« J’abrège tes souffrances / pardonne moi mes offenses ») chantées dans un registre aigu rappelleraient presque Mylène Farmer, la formule voix féminine expressive posée sur une pop synthétique (plus dépouillée et mélancolique cette fois) évoque surtout l’excellent deuxième album Radiate de Jeanne Added, chanteuse dont le premier opus a été réalisé sous la houlette de… Dan Lévy, le monde est petit.

Tout en savourant le plaisir de retrouver le chant d’Olivia Merilahti (qui a gagné en maturité et en maîtrise) sur une chanson qui lui permet d’en exprimer la singularité, on attend de voir ce que le projet Prudence donnera sur la longueur d’un point de vue musical : plus dans le registre d’Offenses (illustrée d’un autre clip futuriste, ambiance Avatar cette fois), les deux autres titres de l’EP sont moins racoleurs et plus subtils que Never with U, mais le tout reste moins audacieux que ne le fut The Dø. Future will tell…

Ecouter sur Deezer

Darlingside – Ocean bed

Anecdote personnelle : la découverte d’un bon album ne tient parfois pas à grand chose… lI y a 18 mois, sur une plage peu fréquentée d’une île grecque des Cyclades, un retraité américain engage la conversation. Improbable coïncidence, il a vécu à Rennes dans sa jeunesse, ville d’où ces pages sont écrites.

Au cours de cet échange il mentionne qu’un de ses fils vit à Boston et joue dans un groupe du nom de Darlingside.

Un an et demi plus tard, et probablement parce que j’avais tapé le nom dudit groupe à l’époque dans le moteur de recherche de Deezer (qui rime avec Big Brother), le site de streaming me signale la sortie de leur nouvel album… qui s’avère d’excellente facture.

La formule magique de Darlingside est la suivante : folk + harmonies vocales, ou quand Sufjan Stevens invite les Beach Boys en featuring.

Après l’annonce du changement prochain de locataire à la Maison Blanche (si tout va bien, car il résulte de FRAUDES ELECTORALES MASSIVES orchestrées depuis leur cercueil par des leaders COMMUNISTES ETRANGERS et de FAKE NEWS concernant l’existence d’un SOI-DISANT virus qui circulerait dans le pays), on se prend donc à penser qu’une BONNE NOUVELLE des Etats-Unis n’arrive jamais SEULE…

Et on remercie donc Darlingside de contribuer à MAKE AMERICA GREAT AGAIN sur le plan musical par la grâce de leur chansons enchanteresses, telle Ocean bed qu’ils interprètent ici dans le strict respect des gestes barrières…

…et qui est extraite de leur nouvel album Fish pond fish disponible entres autres sur Deezer ou Youtube.