Steve Reich – Piano phase

Piano phase est une œuvre emblématique de la musique contemporaine minimaliste. Composée en 1967, elle fait partie des premières pièces de Steve Reich reposant sur le principe du phasing élaboré par le compositeur américain. Le concept est de composer une œuvre à partir d’un matériau de base minimal, à savoir un court motif de quelques notes répété simultanément par deux instruments. En faisant varier le décalage temporel entre les deux instruments (ceux-ci jouent le motif à l’unison, décalé d’une double croche, puis de deux, et ainsi de suite), Reich découvre que la superposition de ces mélodies jouées en décalé permet de faire émerger de nouvelles mélodies. Ces œuvres de jeunesse de Steve Reich sont assez expérimentales, mais très intéressantes conceptuellement (pour des informations plus détaillées sur la structure de la pièce, se reporter à la page Wikipedia, très documentée). Elles sont également assez difficiles à exécuter, car les deux instrumentistes doivent se décaler progressivement l’un par rapport à l’autre, en jouant à un tempo très légèrement différent. En 2004, en présence de Steve Reich, un pianiste nommé Rob Kovacs interprète pour la première fois Piano Phase seul, en jouant d’un piano de la main gauche et de l’autre de la main droite, ce qui constitue en soi une performance : s’il n’est déjà pas simple pour deux pianistes de jouer simultanément à un tempo très légèrement différent, il l’est encore moins pour les deux mains d’un pianiste…

Note: pour être plus précis sur le mécanisme du phasing : après un départ à l’unison, le deuxième pianiste (ou la deuxième main du pianiste…) va accélérer le motif de départ jusqu’à prendre une double croche d’avance sur le premier, rester un moment au même rythme que le premier pianiste, puis accélérer de nouveau jusqu’à prendre une nouvelle double croche d’avance, et ainsi de suite jusqu’à arriver à un décalage du motif complet, donc à revenir à l’unison. Les phases d’accélération sont un peu fouillis, mais de chaque phase décalée stable émane un nouveau motif mélodique qui semble différent des précédents, alors qu’il est en fait composé de la superposition du même motif de base. C’est la magie de cette pièce.

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The velvet underground – Venus in furs

Bon point orLa disparition de son chanteur Lou Reed est l’occasion de réécouter le génial Velvet underground, sans lequel le rock ne serait pas ce qu’il est: sans le Velvet, pas de Joy Division, pas de Sonic Youth, pas de My Bloody Valentine

Venus in furs est une chanson inspirée par le livre du même nom de Sacher-Masoch (La Vénus à la fourrure en français), livre fondateur du sado-masochisme dont une adaptation cinématographique signée Roman Polanski sort sur les écrans aujourd’hui même.

La chanson se trouve sur le premier album du Velvet Underground, le fameux « album à la banane » dont la pochette fut dessinée par le protecteur et producteur du groupe, Andy Warhol.

Si le Velvet n’a pas vraiment connu le succès pendant sa courte existence (en gros de 1967 à 1970), il est désormais considéré comme l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Une phrase attribuée au fameux producteur et musicien Brian Eno dit d’ailleurs : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »

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PS : je voudrais au passage remercier l’agence publicitaire des pneus Dunlop, grâce à l’audace de laquelle j’ai découvert cette chanson et le Velvet au début des années 90 à travers un incroyable et très « lynchien » spot (j’ai d’ailleurs longtemps cru que cette pub avait été réalisée par David Lynch)