This Mortal Coil – Another Day

This Mortal Coil était un « supergroupe » créé dans les années 80 par Ivo Watts Russell, alors patron du prestigieux label 4AD. Supergroupe au sens où This Mortal Coil était un collectif au sein duquel œuvraient les membres de différents groupes du label, tels que Cocteau Twins, Dead Can Dance, Pixies ou encore Siouxsie and the Banshees. Et aussi supergroupe au sens où… c’était un super groupe.

This Mortal Coil a livré trois albums, principalement composés de reprises. Ici, Another Day, chanson de Roy Harper datant de 1970, chantée par Elizabeth Frazer et sa voix d’ange, que ceux qui n’ont pas connu ses vocalises au sein de Cocteau Twins ont peut-être entendue ailleurs, par exemple sur le tube Teardrop de Massive Attack (oui, le morceau dont la version instrumentale a servi de générique à la série Dr House), ou sur un album de Yann Tiersen, Craig Armstrong ou Peter Gabriel.

Publicités

Philip Glass – Opening (album : Glassworks)

Bon point argentLors du concert de Locus Solus Orchestra dont fait partie Manu Delago à qui j’ai récemment consacré un article, on a pu entendre une version réarrangée de l’Opening de l’album Glassworks de Philip Glass (à moins que ce n’ait été de Closing, les deux titres partageant le même thème)

Les amateurs de la BO du film La leçon de piano seront en terrain connu avec ce titre, ce qui n’a rien de très étonnant, Philip Glass et Michael Nyman (le compositeur de la BO) étant plus ou moins issus du même courant musical : la musique minimaliste américaine.

Dans les deux cas, il s’agit d’une pièce pour piano à la rythmique simple et répétitive, sans réelle mélodie… et pourtant tellement émouvante.

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

Cocteau twins – Lazy calm (album : Victorialand)

Un peu de calme pour se ressourcer après l’effervescence des fêtes de fin d’année et être zen pour attaquer la rentrée 2014 : écoutons le premier titre de l’album Victorialand paru en 1986. Il s’agit du de disque le plus méditatif de Cocteau Twins (avec celui cosigné avec le compositeur ambient Harold Budd), groupe qui fut un des fers du lance du label 4AD dans les années 80. Depuis la séparation du trio dans les années 90, sa chanteuse Liz Fraser ne s’est fait entendre que ponctuellement, invitée par des artistes prestigieux à poser sa voix céleste sur leur musique : Craig Armstrong, Peter Gabriel, Yann Tiersen, Massive Attack… (la chanson « Teardrop », dont un extrait instrumental sert de générique à la série Dr House, c’est elle)

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

Yazoo – Don’t go

La pop électronique / new wave des années 80, longtemps ringardisée par ses sons désormais considérés comme naïfs, vit un surprenant retour en force, avec moult artistes pompant outrageusement les sonorités de l’époque. Tant et si bien qu’il sort aujourd’hui nombre d’albums qu’on pourrait croire publiés en 1982 (Lescop, Juveniles, Tristesse contemporaine, La Femme… voire Austra -plus intéressant à mon goût- dont j’ai parlé la semaine dernière). Se nourrir d’influences pour élaborer son propre style, c’est bien, se contenter d’un copier/coller comme le font certains a moins d’intérêt : dans ce cas, autant écouter the real thing, à savoir les titres de l’époque. Ce que nous allons faire, avec ce vieux tube de Yazoo, qui n’a pas fait énormément d’autres choses inoubliables que ledit tube, mais qui, ne serait-ce que pour ce titre, a bien fait d’exister. Il y a un autre bénéfice à l’existence de Yazoo : le groupe a été créé par Vince Clark suite à son départ de Depeche Mode, dont il était le compositeur du premier album. Et ce départ a probablement été le plus grand service que Vince Clark ait rendu à Depeche Mode, laissant la place vacante de compositeur à Martin Gore, qui emmènera le groupe dans des directions beaucoup plus innovantes et audacieuses que ce que Clark aurait probablement fait : « Just can’t get enough » (Clark), c’est gentiment efficace, mais on est bien loin du niveau de ce que Gore a pu livrer par la suite : « Blasphemous rumours », « Stripped », « Shake the disease », « Never let me down again », « Enjoy the silence », etc.

Ecoutons donc « Don’t go », qui doit autant aux synthés de Vince Clarke qu’à la voix profonde d’Alison Moyet.

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

William Sheller – Excalibur

Dans l’article précédent, j’évoquais « Iron » de Woodkid. Ses envolées de cuivres, associées à certaines images connotées heroic fantasy (références mystiques et médiévales) de son clip en noir et blanc, ont rappelé à mon bon souvenir le grand William Sheller et son « Excalibur ». Sheller a une très solide formation classique, et a fait beaucoup plus audacieux que son tube « Un homme heureux » (qui n’en reste pas moins une très jolie chanson). En témoigne son album symphonique « Ailleurs », paru en 1989, et dont est extrait ce titre.

Il est à noter que dans son album suivant, intitulé « Albion » et enregistré en Angleterre, Sheller livra une version rock d’Excalibur, relecture non dénuée d’intérêt de la chanson d’origine.

(bon, OK, les images de synthèse ont fait quelques progrès depuis 1989, mais pour l’époque, ce clip réalisé par l’auteur de BD de science-fiction Philippe Druillet n’était pas si mal…)

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Hubert-Félix Thiéfaine – Septembre rose

Non, Thiéfaine n’écrit pas que des chansons sinistres… En témoigne ce « Septembre Rose » qui évoque la naissance de son fils, et dans lequel le chanteur réussit le tour de force de mettre de la poésie dans ce qu’un accouchement a de plus organique. Bref, un très beau texte… sur une musique aux arrangements très datés années 80… accompagnée d’un clip absolument ridicule (j’ignorais d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui qu’il en existait un)

Alors, avant les liens pour écouter la chanson, j’inclus pour une fois son texte (celui des couplets pour être exact), car il se goûte presque mieux seul. Ensuite seulement vous aurez le droit de pouffer en regardant la capture d’une vieille bande VHS au son pourri dans laquelle notre chanteur rebelle court au ralenti sur une plage au soleil couchant… En attendant, savourez les vers d’un des plus grands auteurs de la chanson française :

Naufragé virtuose
D’un amour clandestin
Dans la métamorphose
Des embruns souterrains
Tu jaillis ruisselant
D’une vague utérine
Sur ce ventre brûlant
De tendresse féminine

Ton premier cri réveille
De son écho brisé
L’ouragan qui sommeille
Dans mes veines oxydées
Et nos regards préludent
Le jeu de la pudeur
Quand par manque d’habitude
On s’méfie du bonheur

Passées les cruautés
Du théâtre organique
Tu retournes apaisé
Vers ta faune onirique
Où les miroirs d’automne
Reflètent à fleur de flamme
Ta jeune écorce d’homme
Éclaboussée de femme

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Et pour se remettre de nos émotions avec une bonne tranche de rigolade, le clip, à faire pâlir de jalousie David et Jonathan: