Montevideo – Cave of kisses (album: Personal Space) + Interview

montevideoBonnes Notes est allé interviewer Montevideo, groupe de pop belge auteur de deux albums aux styles assez différents : un premier disque éponyme relativement remuant paru en 2006, suivi, après sept ans de réflexion, de Personal Space, plus pop, plus posé, et dont nous écouterons le premier titre Cave of kisses, en guise de mise en bouche.

Le groupe se compose de:

  • Jean Waterlot – chant, claviers, trompette
  • Emmanuel « Manu » Simonis – guitare, cordes
  • Gabriel Reding – basse
  • Pierre Waterlot – batterie

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Vous êtes Bruxellois. Pourquoi « Montevideo » et pas… « Bruxelles »?

Au moment de la genèse du groupe, on s’était inscrit à un tremplin sous un nom assez horrible, et le jour même on s’est dit « ce n’est pas possible, il faut qu’on change », d’autant plus que ce concours nous apportait une certaine couverture médiatique, ce qui était important pour un groupe qui débute. On s’est donc mis à chercher un autre nom de groupe (ce qui n’est pas chose facile), et à un moment donné Julien, notre ancien bassiste, a proposé « Montevideo » un peu spontanément. On n’a pas pensé à l’Uruguay, on a juste trouvé que ce nom avait une bonne résonance avec la manière dont on voyait le groupe. Ça a une sonorité assez ronde, ce n’est pas connoté dans un style ou dans un autre, et c’est assez international : ça se prononce sans s’écorcher dans la plupart des langues.

Comment êtes-vous venus à la musique?

Manu : j’ai toujours baigné dedans, mon père étant compositeur de musique classique. J’ai commencé le violon à 8 ans, avec un parcours assez académique, et puis à l’adolescence j’ai découvert le rock, musique dans laquelle je me retrouvais beaucoup plus que dans le classique. J’ai donc commencé à faire de la guitare en reprenant Nirvana et les Pixies comme tous les groupes d’ados de ma génération. Ce qui est amusant, c’est que pour le deuxième album, j’ai ressorti mon violon du placard, et j’ai enregistré des parties de cordes chez moi dans mon salon sur le titre Castles par exemple.

Jean, ado, a appris la trompette avec un prof de jazz qui était un peu une sommité en Belgique. La découverte de Chet Baker a été une grosse révélation pour lui.

Pierre a fait un peu de batterie à l’académie, mais il n’a pas énormément pris de cours. C’est surtout quelqu’un qui joue de la batterie comme il marche : c’est totalement instinctif chez lui.

Gabriel : j’ai su très jeune que j’avais envie de faire de la basse, mais mes parents ont voulu que je passe par un cursus classique pour acquérir de bonnes bases. J’ai donc fait de la guitare classique à l’académie pendant 3 ans, et ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de basse.

Bref, on a tous eu à un moment un cursus plus ou moins académique…

Comment le groupe s’est-il formé, comment vous êtes-vous connus?

Gabriel : ado, j’étais à l’école avec Pierre et Jean. A une époque Jean et moi essayions de jouer du jazz ensemble, mais le jazz n’est vraiment pas évident, ça demande un gros apprentissage. Je n’ai pas fait partie du groupe tout de suite, car je suis parti ensuite dans l’architecture. Jean a aussi fait d’autres choses avant de revenir à la musique en lançant Montevideo, mais je n’ai rejoint le groupe qu’après la sortie du premier album.

Manu : c’est un peu une histoire de famille, Pierre et Jean sont deux frères qui sont très proches et ont les mêmes amis. Je les ai rencontrés pendant que je faisais mes études, on fait partie du même cercle étendu, on est tous originaires du même quartier de Bruxelles.

Vous sortez un album en 2006 sur un label indépendant, à ce moment vous vivez de la musique ?

Non. A ce moment-là, on terminait nos études, on faisait des trucs à gauche à droite, mais on était surtout une bande de potes qui s’éclatait en faisant de la musique. Et puis à un moment donné on s’est dit : « pourquoi ne pas être un peu ambitieux et essayer de faire vraiment quelque chose ?». On s’est donc mis à travailler de plus en plus, et le déclencheur a été le fait de commencer à bosser avec l’ingé son de Ghinzu, qui a amené son chanteur John à un de nos concerts. Après le concert, John nous a dit : « J’adore ce que vous faites, j’ai vraiment envie de vous produire ». Pour nous c’était génial : on s’est retrouvé en studio, c’était notre première expérience, c’était un moment magique. Mais de là à gagner sa vie en faisant de la musique… Maintenant, oui on en vit, mais on ne fait pas forcément que ça, on a chacun un peu nos activités à côté. Gabriel travaille en même temps, par exemple. On est avant tout des passionnés, ce n’est pas évident d’en vivre, mais quelque part on trouve ça normal. Et puis du coup, le fait de n’être pas dépendants de la musique pour vivre nous a permis de mettre pas mal d’argent de côté et de nous auto-produire, ce qui est hyper intéressant : pour l’album Personal Space, on a vraiment fait ce dont on avait envie, on n’avait personne pour nous dire quoi faire, ni aucune pression financière. Beaucoup de musiciens qui vivent exclusivement de la musique se retrouvent obligés de faire des concessions, de faire des choses plus commerciales alors qu’ils n’en ont pas forcément envie.

Bien que vous ayez signé sur une major pour le second album, il est donc néanmoins auto-produit…

Oui. En fait, après notre pause de quelques années, on a enregistré un EP et on a recommencé à tourner. Notre notoriété en Belgique nous a permis de refaire suffisamment de concerts et de relancer la machine : enregistrer un EP auto-produit à New York, puis produire totalement notre second album. Ce n’est qu’après que nous avons signé une licence avec EMI en Belgique (NDLR : en substance, la licence est un simple contrat de distribution d’un disque, et pas un contrat qui lie l’artiste à la maison de disques et où celle-ci finance la production des albums). L’album nous appartient donc complètement : on peut en faire ce qu’on en veut. Alors que dans le schéma classique, on a très vite autour de soi un certain nombre de gens avec lesquels on est lié contractuellement et qui ont chacun une petite part du disque… et qui peuvent dans le pire des cas t’obliger à sortir un album à un moment où tu n’es pas du tout inspiré, qui du coup est mauvais.

Alors finalement, qu’a changé pour vous le fait de signer sur une major ?

Au départ on était très réticent à l’idée de signer sur une major : pour nous il y avait d’un côté les gentils labels indépendants, à dimension humaine et à ambiance familiale, et de l’autre les méchantes majors, qui ont évidemment des moyens que les petits labels n’ont pas, mais chez lesquelles on risque vite de se retrouver au fond d’un tiroir. Or, on a été surpris chez EMI : on s’est retrouvé dans une structure très familiale, très humaine mais aussi très dynamique, qui a fait beaucoup pour nous en Belgique au niveau de la presse et des radios. On a bien senti la crédibilité que ça nous apportait, car EMI ce n’est pas n’importe quelle major : c’est les Beatles, Bowie, Pink Floyd, Gorillaz… C’est la major qui a la plus belle image artistiquement, donc on s’y retrouvait plutôt bien et ça nous a ouvert des portes. Et on n’est pas contre le fait d’avoir des portes qui s’ouvrent…

Finalement vous avez la liberté qu’on peut avoir sur un petit label, tout en bénéficiant de la puissance de feu d’une major…

Tout-à-fait. Et pour la suite on est libre de faire ce qu’on veut, mais comme ça s’est très bien passé on n’a pas de raison de ne pas continuer : ce sont des gens très pros, très carrés, qui ont tous les contacts, donc ça change tout.

Votre second album est plus posé que le premier. Vous vous êtes calmés avec l’âge ? Ou c’est le fait que la composition du groupe ait changé ?

C’est parce que notre style a évolué que le line-up du groupe a changé, plutôt que l’inverse. Pour le premier album il y avait un côté très spontané, on ne savait pas trop où on allait : on composait les morceaux en faisant des jams lors des répétitions, et à un moment on a eu l’impression d’avoir fait le tour de cela. On a eu envie d’emmener notre musique autre part, de penser beaucoup plus en termes d’album qu’on écoute chez soi, plutôt que de composer des morceaux au jour le jour dans en vue du prochain live. On a donc changé notre manière de travailler, notamment en s’enregistrant beaucoup plus pendant le processus de composition. C’est aussi à ce moment que Gabriel (NDLR : le nouveau bassiste) est arrivé, et a apporté ses influences, notamment un côté plus mélodique. Mais c’est vrai que Personal space a un mood plus mélancolique que le premier album. Je ne sais pas si c’est l’âge, la maturité, mais c’est comme ça qu’on l’a senti : il y a eu quelques années d’effervescence, à faire des choses comme jouer aux Transmusicales de Rennes devant des milliers de personnes, ou tourner avec The Rapture qui était pour nous à l’époque un des groupes dont on était le plus fan, puis les choses sont retombées à la fin du cycle de vie de l’album, et un membre du groupe est parti. A ce moment on s’est cherché un peu, puis on s’est orienté vers quelque chose de plus écrit, de plus subtil. Mais si ce second album est très différent, on peut quand même trouver un lien avec le premier dans le sens où il reste une sorte de groove. En tout cas, la suite devrait être dans la lignée de Personal space : le groupe s’est trouvé artistiquement parlant. On sait désormais où on va.

Le processus de création des chansons semble donc collégial?

Pour la musique, oui, grosso modo. Quelqu’un vient avec une idée, on travaille dessus, on s’enregistre et on développe le morceau. On est très attentif aux idées de tout le monde, en tout cas. Concernant les textes, c’est Jean, le chanteur, qui s’en occupe désormais exclusivement, contrairement au premier album où plusieurs membres du groupe avaient œuvré comme auteurs.

Paroles ou musique d’abord?

Musique d’abord et textes après, toujours. C’est comme ça que Jean le sent : c’est la musique qui lui inspire le chant. Et puis pour nous la musique est plus prépondérante que les textes. Ce qu’on fait est plus proche de Pink Floyd que de Bob Dylan, en quelque sorte : on a de long passages instrumentaux, et la voix est plus utilisée comme un instrument.

Vous chantez en anglais, à l’image de nombreux groupes belges qui font de la bonne pop à l’anglo-saxonne depuis 15 ou 20 ans tels que dEUS, Venus, Ghinzu, Girls in Hawai, K’s Choice, Zita Swoon… En France, ce n’est que depuis quelques années qu’on assiste à une véritable percée de groupes qui chantent de la pop en anglais (Cocoon, Phoenix, Popopopops, Revolver et tant d’autres…). Pourquoi ce décalage entre les scènes belges et françaises, à votre avis ? Est-ce le poids de la sacro-sainte « chanson française » ? Ou le fait que la Belgique soit un petit pays parlant pour partie une langue assez peu répandue (le flamand) ?

Côté Belgique, la principale raison est que c’est un pays qui a deux langues nationales, et que la langue qui réunit les deux communautés, c’est l’anglais, langue qui réunit quasiment le monde entier, d’ailleurs… En plus, géographiquement, la Belgique est très proche de l’Angleterre, et on a l’impression que certains groupes anglais tournent plus facilement en Belgique qu’en France, donc on a pas mal baigné dans cette culture anglo-saxonne. De plus, les Flamands, du fait que leur langue est peu pratiquée, parlent très bien l’anglais (beaucoup mieux que les francophones). Enfin, la Belgique a un côté très international : c’est la capitale de l’Europe, Bruxelles est une ville très cosmopolite.

Quant à la France, c’est un plus grand pays qui a peut-être plus un côté « qui se suffit à lui-même », qui a moins besoin d’être international. La France a probablement eu aussi besoin de se décomplexer par rapport à l’anglais, et on imagine que le poids de la chanson française a également dû jouer. S’il a émergé récemment en France des groupes qui chantent en anglais, c’est peut-être aussi grâce à la French Touch : Air, Phoenix…

Sauf que Phoenix a cartonné aux Etats-Unis bien avant d’avoir du succès en France…

Oui, c’est vrai. Il y a aussi eu Tahiti 80, qui marchait super bien au Japon alors qu’ils avaient du mal à remplir des petites salles en France. Ou M83, qui a mis du temps à percer en France.

En ce qui nous concerne, c’est la scène anversoise qui nous a donné l’exemple et nous a influencés sur le fait de chanter sans complexe en anglais : les groupes que tu as cités, Ghinzu, Girls in Hawai… Ce sont des groupes qui chantent en anglais, mais qui ont en même temps tous un je-ne-sais-quoi de typiquement belge. En tout cas, pour nous l’anglais était une évidence, et se poser la question de chanter en Français était du même ordre que de se poser la question de mettre du biniou sur un titre… Ce qui ne nous empêche pas d’adorer un certain nombre d’artistes qui chantent en français.

Et puis, certaines langues sonnent mieux sur certains styles de musique…

Tout-à-fait, et les groupes qui nous ont influencé et nous ont donné envie de faire de la musique étaient soit des artistes anglo-saxons, soit bien des artistes qui chantaient en anglais (à l’exception de Gainsbourg)

Pour terminer, la question subsidiaire : votre bière belge préférée? Ou une bière belge méconnue à me faire découvrir ?

Gabriel : La Chouffe

Manu : si on commence à parler bière, on est reparti pour un moment… Il y a plein de petites brasseries artisanales qui font d’excellentes bières, je pense à la Brasserie de la Senne à Bruxelles notamment, avec la Taras Boulba, et la Jambe de bois, ou la brasserie Dupont, qui est également excellente. Ma bière préférée… ce n’est pas facile… Bon allez, je vais dire la Bon vœux (Dupont)… ou bien la Troubadour magma.

Son Lux – Lost it to trying (album: Lanterns)

Lanterns, troisième album de Son Lux, l’alter ego musical de l’américain Ryan Lott, est sorti. Et c’est une réussite. Un grain de voix intéressant (qu’on n’entend pas tellement sur ce single), et des arrangements aux envolées lyriques qui laissent imaginer ce que Sufjan Stevens pourrait faire (c’est un compliment) si on lui prêtait un ordinateur pour manipuler les sons des instruments acoustiques qu’il utilise. Car Son Lux est un peu à la frontière entre musique symphonique et électronique: la coloration sonore est souvent celle d’instruments classiques, mais mâtinée d’assemblages synthétiques, pour un résultat des plus intéressants.

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The velvet underground – Venus in furs

Bon point orLa disparition de son chanteur Lou Reed est l’occasion de réécouter le génial Velvet underground, sans lequel le rock ne serait pas ce qu’il est: sans le Velvet, pas de Joy Division, pas de Sonic Youth, pas de My Bloody Valentine

Venus in furs est une chanson inspirée par le livre du même nom de Sacher-Masoch (La Vénus à la fourrure en français), livre fondateur du sado-masochisme dont une adaptation cinématographique signée Roman Polanski sort sur les écrans aujourd’hui même.

La chanson se trouve sur le premier album du Velvet Underground, le fameux « album à la banane » dont la pochette fut dessinée par le protecteur et producteur du groupe, Andy Warhol.

Si le Velvet n’a pas vraiment connu le succès pendant sa courte existence (en gros de 1967 à 1970), il est désormais considéré comme l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Une phrase attribuée au fameux producteur et musicien Brian Eno dit d’ailleurs : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »

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PS : je voudrais au passage remercier l’agence publicitaire des pneus Dunlop, grâce à l’audace de laquelle j’ai découvert cette chanson et le Velvet au début des années 90 à travers un incroyable et très « lynchien » spot (j’ai d’ailleurs longtemps cru que cette pub avait été réalisée par David Lynch)

Agnes Obel – Dorian

Repérée sur MySpace et devenue la révélation folk de 2011 avec son premier album Philharmonics (sorti en 2010), la pianiste et chanteuse danoise Agnes Obel vient de livrer son deuxième album, intitulé Aventine. Ceux qui, comme moi, ont été charmés par son premier opus, ne seront pas déçus : c’est toujours aussi joli, délicat, arrangé dans une veine classique (qui n’est pas sans évoquer Erik Satie) et mélancolique. Et c’est peut-être le seul et principal problème de ce disque : c’est un peu le même que le précédent. Ceux qui ont échappé à Philharmonics découvriront donc Aventine avec ravissement, ceux qui ont aimé Philharmonics aimeront Aventine, mais avec une impression de déjà vu qui ôtera en partie à ce second album d’Agnes Obel l’impact qu’avait pu avoir le premier.

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[Mise à jour] A regarder: Voici une video d’une session live du très beau titre Dorian

Daughter – Youth

Trio pop-folk composé d’une chanteuse, d’un guitariste et d’un batteur, Daughter est une des nouvelles signatures du label 4AD (site officiel) qui a sorti leur premier album au printemps dernier. Avec sa combinaison voix féminine + musique mélancolique, le groupe renoue un peu avec le style musical qui fit la gloire du label dans les années 80/90, à l’époque où figuraient dans l’écurie 4AD des noms tels que Cocteau Twins, This Mortal Coil ou Lisa Germano (mais aussi His Name Is Alive, Kristin Hersh, Heidi Berry, Rachel Goswell…)

Le titre Youth, d’une délicate beauté, est extrait de ce premier album If you leave (2013).

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PS: Pour les Rennais d’entre vous, Daughter passe à l’Antipode le 21 novembre. J’y serai.

Florent Marchet – Apollo 21

Florent Marchet fait partie de cette génération des chanteurs français « post-Dominique A » dont la visibilité médiatique est inversement proportionnelle au talent. Bien loin de la notoriété d’un Vincent Delerm, ils sont quelques-un à oeuvrer dans cette catégorie de chanteurs-pas-à-voix aux textes de trentenaires désabusés (parfois un peu bobo) : Arnaud Fleurant-Didier, Albin de la Simone, Bertrand Belin, Matthieu Boogaerts, voire Bertrand Betsch, Joseph d’Anvers ou Alex Beaupain.

Florent Marchet vient d’annoncer la sortie pour janvier de son cinquième opus, un concept-album intersidéral, dont le premier single vient d’être mis en ligne. Intriguant et prometteur… On attend la suite avec curiosité.

Fin janvier, c’est dans quatre mois, ce qui laisse largement le temps à ceux qui découvrent l’existence de Florent Marchet de se plonger dans sa discographie existante en attendant la sortie du nouvel album.

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Austra – Painful like

Le morceau du jour est un titre du nouvel album d’Austra, sorti il y a quelques semaines. Si l’atmosphère synthétique époque new wave est toujours présente, ce deuxième opus délaisse cependant les ambiances darkwave du premier album Feel it break (paru en 2011) au profit d’arrangements un peu plus légers et dansants. Sur Olympia, le groupe de Toronto fait la part belle aux sons analogiques enregistrés live, mais si le style musical a évolué entre leurs deux albums, on reconnaitra sans peine le côté mélancolique du trio porté par la voix si caractéristique de Katie Stelmanis, chanteuse de formation classique qui a délaissé le chant lyrique pour se consacrer à la pop électronique.

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Fauve – Blizzard

Bon point argentComme promis, voici Blizzard, titre éponyme du premier EP de Fauve. C’est toujours cru, c’est toujours rageur, c’est toujours bien…

Je vous conseille d’écouter plutôt sur Deezer, sauf si vous avez 8 minutes 28 secondes devant vous pour visionner la version longue (en vidéo) qui est un peu… longue.

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James Blake – Retrograde

Bon point argentSorti plus ou moins de nulle part en 2011, le premier album de James Blake ne ressemblait à rien de connu dans le rayon musiques électroniques au sein duquel on trouvait son CD(*), un disque très novateur qu’on eut tôt fait de qualifier de post-dubstep. Je vous laisse vous référer à la page Wikipedia afférente pour vous informer sur ce qu’est le post-dubstep : l’article en question définit déjà le dubstep « de base » comme « une des mutations du UK Garage et du 2-step (…qui…), comme le grime, autre mutation du garage, s’est développé sur la base d’atmosphères urbaines et futuristes et de rythmes à un tempo proche de 140 bpm. (…) Hormis les influences directes du 2-step, on y retrouve des éléments issus de la jungle et de la drum & bass, du dub, de l’electronica, et de la techno.« , donc je ne vous dis pas pour le post-dubstep…

La musique de James Blake est certes de la musique électronique, mais surtout il y a cette belle voix androgyne que le jeune homme pose dessus… Aussi créative soit-elle musicalement, Björk ne serait pas Björk sans sa voix si caractéristique. Il en va de même pour James Blake : un style ET une voix. Après un premier album tout-à-fait intéressant, même si pas toujours très facile d’accès, est donc sorti récemment sa deuxième livraison, intitulée Overgrown, dans laquelle James Blake a la bonne idée de moins trafiquer sa voix que sur le premier album, laissant mieux apprécier sa beauté nue.

Retrograde est le titre que j’ai choisi de vous faire écouter.

(*) les CD étaient des objets que l’on achetait et sur lesquels se trouvaient de la musique non compressée, mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, où il y avait des magasins Virgin et où la Fnac était une enseigne culturelle qui ne vendait pas de cafetières.

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The National – Fireproof

Il y a des artistes dont croise le nom de manière récurrente, dont on se dit qu’on pourrait aimer, et qu’on ne prend jamais le temps d’écouter. Ainsi en est-il de The National, dont la sortie du nouvel album a été l’occasion d’enfin porter mes oreilles jusqu’à leur musique. D’autant plus que The National a rejoint l’écurie 4AD, mythique label découvreur de talents des années 80-90 qui a hébergé la plupart de mon Panthéon de l’époque (Dead Can Dance, Cocteau Twins, His Name Is Alive, This Mortal Coil, Red House Painters, Kristin Hersh, Lisa Germano, The Breeders, The Pixies, Gus Gus, Mojave 3…) avant de connaître le déclin, puis de retrouver récemment une certaine vigueur notamment en débauchant des artistes d’autres labels (Tindersticks -qui ne sont pas restés-, The National, Blonde Redhead, Efterklang, Scott Walker, Grimes…) mais pas seulement (Bon Iver, Daughter, Purity Ring…)

A l’image des français de Syd Matters, The National ne marquera pas un tournant dans l’histoire de la musique mais apportera avec ce nouvel album Trouble will find me (2103) une bien jolie brique à l’édifice folk-rock indépendant, pleine de sensibilité et qu’on a grand plaisir à écouter. Bref, malgré un style assez balisé, un album de très belle facture.

Il y avait plusieurs candidats crédibles pour représenter dignement ce Trouble will find me, et c’est finalement la ballade Fireproof que j’ai choisi de mettre en exergue.

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Nosaj Thing – Eclipse/Blue

Une réussite aussi bien musicale que visuelle, avec en guest la chanteuse de Blonde Redhead, groupe new-yorkais d’origine italo-japonaise.

The Soul Must Sleep

Jason Chung, alias Nosaj Thing, est un producteur de musique électronique et de abstract hip-hop américain. Il a bossé pour plusieurs pointures comme Kid Cudi ou Kendrick Lamar et joué dans plusieurs festivals de grande envergure comme Coachella.

nosajthing

 

En solo, Nosaj Thing fait de l’electro aérien, lascif et expérimental. L’influence du trip-hop s’y fait bien sentir. Talentueux, très talentueux, il fait partie de ces artistes qui proposent une musique minimaliste planante, laissant la part belle à l’introspection.

Le clip Eclipse/Blue est, à l’image du son, une pièce d’expérimentation. Oeuvre du VJ japonais Daito Manabe (mapping et projection live de vidéos, d’images sur des supports variés), de  takcom, Satoru Higa, and MIKIKO (voir The Creators Project), cette vidéo est un bel exemple de l’art d’aujourd’hui et de cette tendance transfrontalière qui traverse nos sociétés.

Les limites entre les disciplines se font de plus en plus fines, se brouillent même…

Voir l’article original 31 mots de plus

The Popopopops – Pure

Scène rennaise #5 (ou #2 bis)

On retrouve les Popopopops, présentés il y a quelques semaines, pour un deuxième titre plus rock, intitulé Pure, qui n’est pas sans rappeler les anglais de Foals (qui eux aussi ont sorti récemment un nouvel album)

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Stromae – Formidable

Le petit malin…

(d’après un article de Next)

La semaine dernière, des vidéos amateurs apparaissaient sur Youtube pour montrer un Stromae visiblement éméché dans les rues de Bruxelles. Chancelant, la ceinture défaite, le chanteur devait être aidé par des passantes pour ne pas se faire renverser par un tram.

Vendredi soir, le Belge était sur le plateau de Ce soir ou jamais de Frédéric Taddeï, et sa prestation entraînait le lendemain plusieurs articles se questionnant sur son état. Jeanmarcmorandini.com parlait de «malaise», ladepeche.fr décrivait un Stromae «chancelant, les yeux regardant dans le vide, (…) l’air d’avoir bien bu avant de monter sur scène», et se demandait finalement: «L’interprète de Alors on danse aurait-il des problèmes d’addiction à l’alcool ?» Visiblement bien informé, Pipole.net expliquait que Stromae serait sous le coup d’«une petite dépression suite à sa séparation»….

Lundi la mise en ligne du clip de Formidable, vu 600 000 fois en 24 heures, ridiculisait toutes ces élucubrations: les images de la semaine précédente à Bruxelles faisaient partie du tournage de la vidéo, le chanteur avait feint d’être ivre pour ce clip filmé en caméras cachées. Et il n’était pas plus éméché lors de son passage télé, il interprétait seulement un homme saoul. «J’suis poli, courtois et un peu fort bourré», décrit ainsi clairement le deuxième couplet de ce titre puissant et entêtant. Un coup doublement réussi pour Stromae: avec le clip, il a mené une promotion maligne qui s’est joué de l’appétit des médias et des internautes pour des images trash; avec son titre Formidable, il montre ce que devrait être la variété en 2013.

NDLR : ah oui, au fait, et la chanson? Stromae avait déjà montré avec Alors on danse sa capacité à plomber l’ambiance plutôt festive des ses musiques (typées dance des années 90) avec ses textes pessimistes. Cette fois-ci, sur une musique plus so(m)bre (ce qui n’est pas une mauvaise chose), le Belge nous en remet une bonne couche côté paroles désabusées, et nous touche encore, confirmant une personnalité un peu à part dans le paysage musical francophone : formidable.

Fauve – Nuits fauves

Bon point argentLe premier EP de Fauve est sorti hier. Évacuons tout de suite la question de la qualité de la production : oui, c’est un peu cheap, on sait dès les premières secondes qu’on n’est pas en train d’écouter un album de MadonnaMais c’est reconnu et assumé par Fauve : ils sont encore un peu amateurs. On aurait probablement préféré que le son soit un peu meilleur, mais ce n’est pas ce qui fait l’intérêt du collectif. Et puis, si l’on jugeait un artiste qui démarre à la qualité du son de son premier album, La Fossette n’aurait jamais passé la porte de la chambre de Dominique A dans laquelle il a été enregistré, et c’eut été bien dommage. On pourrait aussi trouver à redire sur la variété limitée des musiques, mais là encore ce n’est pas l’intérêt principal de Fauve, et certaines fonctionnent très bien, comme celle de Nuits Fauves.

Là où ma tâche se complique, c’est que sur les six titres que comportent l’EP, il y en a un que j’ai déjà posté précédemment (Kané), et surtout il y en a trois autres qui méritent amplement un article… On va donc continuer pour cette fois avec Nuits Fauves, un autre morceau posté sur le net sous forme de vidéo bien avant la sortie de leur EP…

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…et on se retrouve bientôt pour écouter le titre éponyme de l’EP, Blizzard.

Mac Guffin – Knife edge

Quand j’ai vu « Mac Guffin, nouveau projet d’un ex-membre de La Phaze », j’ai failli passer mon chemin, hermétique que je suis au style de musique dispensé par ce groupe. C’eut été une erreur, car le genre est ici radicalement différent : il y a une chanteuse, des rythmiques lentes et lourdes qui nous ramènent vingt ans en arrière aux débuts du trip hop, le tout étant assorti de cordes symphoniques hollywoodiennes (et, sur ce titre, l’instrument solo de la violoniste de Gotan Project)

Bref, on lorgne plus du côté du Massive Attack de Protection (et de titres comme Sly…), voire de Portishead ou de Goldfrapp que des vociférations énervées de La Phaze, le tout dans un univers visuel hitchcockien (à l’origine du nom du groupe)

(annoncé pour septembre, l’album n’est pas encore disponible sur les plateformes de streaming)

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Mogwai – This Messiah needs watching

Mogwai revenantsLe groupe de post-rock Mogwai a signé la BO de la série Les revenants, produite et diffusée par Canal+ il y a quelques mois. Les Écossais ont fini par sortir le disque correspondant : leur musique s’écoute très bien même sans le support de l’image…

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Local natives – You and I

Groupe californien, les Local Natives ont sorti leur deuxième album en début d’année 2013, intitulé Hummingbird. De la bonne pop, dont on écoute le premier titre…

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Une version live, aux arrangements plus intimistes:

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The Popopopops – My Mind is old

Scène rennaise #2

« Laï laï laï laï laï laï » disait Enrico Macias dans Les filles de mon pays, ce qui n’a jamais conduit aucun groupe à adopter ce nom.

« Popopopop » disait Joey Starr dans Seine Saint Denis, et là, si.

Pourtant les rennais de Popopopops, qui sont dans l’actualité avec la sortie récente de leur premier album, Swell, ne font pas dans le hip-hop, mais nous livrent un pop/rock ambitieux. L’album est assez riche et diversifié, et dégage à la fois énergie et subtilité. Le son et les arrangements sont particulièrement travaillés, à l’image des harmonies vocales sur ce My mind is old qui ouvre l’album, accompagnées de quelques notes de clavier et d’une guitare un peu funk.

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Low – Just make it stop

low-mimi-300x199Apparu au début des années 90, Low est parfois classé dans le mouvement Slowcore, style dont le groupe serait même le fondateur. Et quasiment le seul représentant, avec peut-être quelques autres comme Codeine, Smog et éventuellement les Red House Painters (que je rangerais plutôt dans le folk). Bref, dire que Low fait du slowcore, c’est un peu dire que Low fait du Low.

Le slowcore est né en pleine vague grunge, comme un contrepied un courant dominant de l’époque : face à la furie des Nirvana, Hole et consorts, Low décida de faire de la musique certes avec de la guitare électrique et de la batterie, mais en jouant très très doucement et très très lentement. On peut trouver ça très très ennuyeux, ou très très beau (c’est également un peu le problème des Red House Painters, désormais Sun Kil Moon, que d’aucuns -dont moi- adorent, alors que d’autres les trouvent plats et soporifiques au plus haut point)

Le noyau dur de Low, originaire de Duluth, Minnesota, est composé de Alan Sparhawk et Mimi Parker, mariés et mormons à la ville. Moins jusqu’auboutiste dans sa démarche qu’à ses débuts, le groupe vient de sortir son dixième album studio, The invisible way. En pré-écoute avant sa sortie, j’avais trouvé qu’un titre de l’album sortait du lot (ou devrais-je dire du Low? Ce que je suis drôle, parfois), et c’est apparemment celui que le groupe a choisi comme single.

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Jacques Higelin – La balade au bord de l’eau

Comme Depeche Mode il y a quelques semaines de cela, Higelin nous livre l’album que l’on n’attendait plus. Moins inspiré pendant une période, le troubadour échevelé renoue à 72 ans avec ses meilleures années, récoltant au passage un ffff de Télérama pour son Beau repaire. Se rapprochant de la fin de sa vie, il y aborde sereinement le passage dans l’au-delà, dans cette très belle Balade au bord de l’eau qui ouvre l’album.

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