C’est aujourd’hui… Si on vous a invité à le fêter, soyez prévenus de ce qui vous attend, comme vous le racontent les regrettés VRP dans leur premier album Remords et tristes pets, paru en 1989.
Auteur : PatB
Cascadeur – Standalone (critique album: Ghost surfer)
Après Patrick Watson et James Vincent McMorrow, continuons dans la voix de tête avec le français Cascadeur : le chanteur français, qui sort son deuxième album, viendra donc compléter ce « trio de tête »… Si Cascadeur ne possède pas une aussi belle voix que les deux sus-nommés, il compose néanmoins de très belles musiques : cette seconde production du chanteur parfois casqué, parfois masqué, témoigne du chemin parcouru depuis The Human Octopus paru en 2011. Après ce premier album plaisant, à la tonalité un peu plus pop, Ghost surfer s’aventure avec bonheur dans un univers plus symphonique, au sein duquel Cascadeur invite quelques pointures telles que Christophe sur Collector ou Stuart A. Staples (le leader à la voix caverneuse des classieux Tindersticks) sur The crossing, un des titres les plus réussis de l’album, aux côtés duquel on citera également The odyssey ou Standalone, cette dernière chanson étant celle que nous allons écouter maintenant…
James Vincent McMorrow – Look out (Album: Post tropical)
Si vous aimez Patrick Watson, son folk raffiné et sa voix androgyne, vous aimerez l’irlandais James Vincent McMorrow, dont l’excellent second album Post tropical, vient de sortir. Look out en est un extrait, parmi d’autres non moins belles chansons aux arrangements subtils. Un peu de finesse dans un monde de brutes…
Patrick Watson – Words in the fire (Album: Adventures in your own backyard)
J’étais sur le point d’entamer un nouveau post par « Si vous aimez Patrick Watson, vous aimerez… » lorsque je me suis rendu compte que, contrairement à ce que je pensais, je n’avais jamais parlé de Patrick Watson dans ces pages.
Cet oubli est donc réparé, avec cet extrait du dernier album en date du groupe de folk canadien…
C’est à l’origine par un featuring chez Cinematic Orchestra (groupe dont je n’ai par contre pas oublié de parler) que j’avais découvert la voix androgyne de Patrick Watson. Pour information, il s’agit de la chanson To build a home sur l’album Ma Fleur.
…Et on se retrouve bientôt pour le post commençant par « Si vous aimez Patrick Watson… »
Fauve – De ceux (album: Vieux Frères – Partie 1)
Ça y est, faisant suite à l’EP Blizzard, le premier album du collectif Fauve est sorti aujourd’hui. Fauve ne laisse pas indifférent, on adore ou on déteste, ou éventuellement on se demande si on adore ou si on déteste.
Quoi qu’il en soit, ceux qui leur reprochaient leur nombrilisme-bobo-parisien-post-adolescent ne changeront pas d’avis avec cet album. Et si c’est un point de vue qui peut s’entendre (si tant est qu’on puisse entendre un point de vue…), le groupe étant effectivement composé de jeunes parisiens issus de milieux pas particulièrement défavorisés et ayant fait des études supérieures, il ne devrait pas non plus faire changer d’avis les fans de la première heure qui ont vu en Fauve les porte-paroles d’une « génération désenchantée » (selon l’expression de la philosophe Mylène Farmer) et ont initié le buzz autour du collectif. Buzz qui, après s’être limité aux milieux indépendants, est en train de prendre une ampleur certaine : peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir eu des articles (généralement élogieux) dans l’Express, Libération, Le Point, Le Figaro, etc. le jour de la sortie de leur premier album.
Bref, à scander:
« Nous sommes de ceux qu’on ne remarque pas
Des fantômes / des transparents / des moyens »
…Fauve a fini par se faire remarquer, presque trop, au risque que ceux qui se reconnaissaient dans leurs textes ne se détournent d’eux. Espérons que ce groupe prometteur qui revendique l’ombre ne se perdra pas dans la lumière que les médias sont en train de braquer sur lui.
En ce qui nous concerne, et jusqu’à nouvel ordre, nous sommes de ceux qui aiment Fauve.
Haley Bonar – Snowyish
Bandcamp est un site qui met en relation directe artistes et public, sans l’intermédiaire d’un label : tout musicien peut y faire écouter et y vendre (au prix d’une petite commission) sa musique en ligne. Si on y trouve quelques noms relativement connus (Sufjan Stevens, Four Tet, Laetitia Sheriff, Mansfield Tya…), le site héberge aussi nombre d’artistes qui le sont moins (voire des amateurs qui ne sortent leur album qu’en version digitale), au milieu desquels on trouve parfois de bonnes surprises, comme cet instrumental très atmosphérique de la chanteuse américaine Haley Bonar, dont la bio stipule qu’elle a été découverte par Alan Sparhawk de Low, groupe dont elle a par la suite assuré la première partie lors d’une tournée aux Etats-Unis. Si ses 4 albums sont par ailleurs disponibles sur les plateformes de streaming telles que Deezer ou les disquaires en ligne comme Amazon, le morceau en question fait partie d’un EP offert gracieusement (ou presque : vous payez ce que vous voulez) et disponible uniquement sur Bandcamp.
Un morceau hivernal, enregistré chez elle par Haley Bonar, dont le son brut contribue à l’atmosphère générale du titre.
Best of 2013 : rétrospective de l’année
L’année 2013 est terminée : c’est l’heure du bilan. On en retiendra…
…qu’avec son superbe second album Overgrown, James Blake a transformé l’essai
James Blake – Overgrown
…que les sables bitumineux ne sont pas les seuls gisements à la mode en ce moment au Canada : en creusant un peu on y trouve aussi de l’excellente electro-pop, avec la sortie du premier album de Purity Ring, et du second album d’Austra (après celui de Grimes l’année précédente) : Purity ring – Shrines, Austra – Olympia
…que Depeche Mode a retrouvé ses fondamentaux : Depeche Mode – Delta Machine
…que le label 4AD a retrouvé en Daughter un groupe dans le style de ceux qui ont fait l’esprit du label pendant ses grandes heures dans les années 80-90 : Daughter – If you leave
…que Daniel Darc est mort. Puis a sorti un de ses meilleurs albums : Daniel Darc – Chapelle Sixteen
…que Lou Reed l’a rejoint
…que Sufjan Stevens s’est trouvé un fils spirituel en la personne de Son Lux (tiens, « Son », d’ailleurs, ça veut dire « fils » en anglais) : Son Lux – Lanterns
…que le rock indé américain tendance calme se porte bien, avec Low qui continue de suivre son peu visible mais précieux chemin (Low – The invisible way), The National (The National – Trouble will find me) et les Local Natives (Local Natives – Hummingbird)
…qu’on est créatif en Europe du Nord, avec d’un côté le folk calme et mélancolique de la danoise Agnes Obel qui confirme son talent dans son deuxième album (Agnes Obel – Aventine), et de l’autre l’electro-pop torturée des suédois de The Knife (Shaking the habitual). Sans oublier Sigur Ros (Kveikur), qui s’est plutôt bien remis du départ d’un de ses membres.
…que les Tindersticks ont fêté leurs 20 ans de carrière avec un disque
…qu’un retour qu’on n’attendait plus s’est produit : My bloody valentine – MBV
…qu’un retour qu’on attendait s’est produit, celui de Bertrand Cantat à la musique : Détroit – Horizons
…que deux des groupes français qui s’exportent le mieux ont sorti un album (dont un a été un carton planétaire) : Daft Punk – Random Access Memories, Phoenix – Bankrupt!
…qu’un autre frenchie au profil international s’est révélé avec la sortie de The Golden Age, premier (et dernier?) album de Woodkid, source de débats passionnés entre ceux s’extasiant sur l’album de l’année et ceux dénonçant une une grandiloquence pleine de vide : Woodkid – The golden age
…que Stromae est toujours Formidable (et réussit le tour de force de plaire aussi bien aux pré-ados qu’aux journalistes des Inrocks et de Télérama)
…qu’Albin de la Simone est quadragénaire et que ça le travaille : Albin de la Simone – Un homme
…qu’Higelin est septuagénaire et que ça le travaille aussi : Higelin – Beau repaire
…que la chanson française se porte plutôt bien, avec les sorties (en plus des sus-cités) de bons albums de : Arman Méliès (IV), Zazie (Cyclo), Julien Doré, Vincent Delerm, Bertrand Belin et Etienne Daho
…qu’un vent de nouveauté a soufflé sur celle-ci quand les Fauve ont été lâchés dans le paysage musical : Fauve – Blizzard
…que la pop électronique hexagonale a elle aussi une jolie Peau : Peau – Archipel
On citera aussi en vrac: le nouvel Arcade Fire (Reflektor), la BO de la série Les Revenants par Mogwai, un nouveau disque du toujours plaisant Bonobo (The North Borders), et j’en passe…
Cocteau twins – Lazy calm (album : Victorialand)
Un peu de calme pour se ressourcer après l’effervescence des fêtes de fin d’année et être zen pour attaquer la rentrée 2014 : écoutons le premier titre de l’album Victorialand paru en 1986. Il s’agit du de disque le plus méditatif de Cocteau Twins (avec celui cosigné avec le compositeur ambient Harold Budd), groupe qui fut un des fers du lance du label 4AD dans les années 80. Depuis la séparation du trio dans les années 90, sa chanteuse Liz Fraser ne s’est fait entendre que ponctuellement, invitée par des artistes prestigieux à poser sa voix céleste sur leur musique : Craig Armstrong, Peter Gabriel, Yann Tiersen, Massive Attack… (la chanson « Teardrop », dont un extrait instrumental sert de générique à la série Dr House, c’est elle)
Alban Berg – Concerto à la mémoire d’un ange
Cette œuvre très intéressante mais plutôt difficile d’accès est l’occasion d’un bref survol de quelques notions d’harmonie et d’histoire de la musique.
La notion musicale de « tonalité » induit que les douze demi-tons de la gamme chromatique ne sont pas égaux. Dans une tonalité donnée, certains seront plus importants que d’autres et auront donc généralement un nombre d’occurrences plus élevé, quand d’autres seront carrément exclus de la partition : dans un morceau en Do majeur par exemple, on trouvera en moyenne plus de Do que de Si, et pas (ou très peu) de Do#.
Cependant, au fil des siècles, l’harmonie de la musique classique occidentale n’a cessé de s’enrichir et de se complexifier : aux mélodies à l’unisson (comme le chant grégorien) se sont ajoutés les intervalles de quinte et de tierce, puis la septième, la neuvième, etc. réduisant les « inégalités » entre les notes, et déplaçant d’autant la limite entre consonance et dissonance aux oreilles des mélomanes.
Dans les années 1920, le compositeur Arnold Schoenberg décide de pousser cette évolution à son stade ultime en abolissant la notion de tonalité : aucune note ne doit être prépondérante par rapport à une autre. Pour garantir cette absence de hiérarchie entre les notes, Schoenberg invente le dodécaphonisme (point de départ de la musique dite « sérielle ») : en schématisant, une pièce doit être composée à partir d’une série ordonnée des douze notes de la gamme. Ainsi, une note ne peut pas être répétée tant que les onze autres n’ont pas été également jouées, garantissant une égalité parfaite entre toutes les notes. Cette théorie sera le fondement d’une bonne partie de la musique contemporaine européenne, et donnera naissance à des œuvres globalement inaudibles pour le commun des mortels.
Schoenberg avait deux élèves et disciples : Anton Webern et Alban Berg. Alors que Webern était plutôt plus royaliste que le roi, Berg eut plutôt tendance à détourner les régles de la musique sérielle, par exemple en utilisant des séries de douze notes composées de quatre accords parfaits égrenés en arpèges (par exemple Do Mi Sol | Ré Fa La| Fa# La# Do# | Sol# Si Ré# = Do majeur | Ré mineur | Fa# majeur | Sol#Mineur) faisant revenir par la fenêtre un peu de la tonalité que Schoenberg avait mise à la porte…
Même si elle reste assez ardue, surtout pour le fan moyen de Christophe Maé, la musique de Berg est nettement plus écoutable que celle de son collègue Webern, dont les processus de compositions extrêmement formalisés et intellectualisés laissent peu de place à la transmission d’une émotion. Tel n’est donc pas le cas de ce concerto pour violon d’Alban Berg qui, s’il peut encore sembler assez dissonant à nos oreilles près d’un siècle après sa composition, n’en véhicule pas moins d’intenses émotions, et pour cause : la pièce fut composée en mémoire de la fille d’amis proches, dont le décès prématuré avait profondément affecté le compositeur…
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Ecouter d’autres titres du même style
Cet article est dédié à la mémoire de Capucine,
fille d’amis proches,
décédée elle aussi prématurément
le 14 décembre 2013 à l’âge de 13 ans.
Dors en paix petit ange malicieux.
Peau – L’instant T (critique album: Archipel)
Derrière le project musical Peau, se cache l’artiste Perrine Faillet. Après un premier album pas mal, la jeune femme passe à la vitesse supérieure sur ce deuxième disque très réussi. Peau nous chuchote à l’oreille des textes assez bien troussés sur une pop électronique au son remarquablement soigné. C’est d’autant plus méritoire que cette fan de Camille, Björk, Radiohead et Portishead travaille plus ou moins toute seule chez elle, dans son repaire au fond du Vercors. Outre ces références assumées, sa musique fera également penser à Emilie Simon, pour la voix délicate et le travail sur le son, saupoudrée d’une once de Valérie Leulliot dans le phrasé (chanteuse d’Autour de Lucie, dont on espère un nouvel album après leur reformation en 2013)
Si quelques titres, comme L’enfant, Uyuni ou A demie nue surpassent probablement le single L’instant T, c’est quand même celui-ci que nous écouterons… et regarderons, afin de mettre en lumière une autre facette du talent de Peau. En effet, également réalisé chez elle (dans son garage…) et par ses soins, ce clip est du joli travail de stop motion.
Comme quoi de nos jours (et à condition quand même de ne pas faire de la musique symphonique et des clips hollywoodiens) il est possible de produire soi-même de très bonnes choses sans les moyens financiers d’une major. Et, à part peut-être pour les majors, c’est une excellente nouvelle.
Daughter – Still (album: If you leave)
Vu en live la semaine dernière, le groupe Daughter, dont j’avais présenté le titre Youth, a tenu ses promesses…
Pour l’anecdote : à plusieurs reprises au cours du concert, le groupe britannique, par la voix de son guitariste (unique Frenchie de la formation), s’est étonné voire inquiété du calme et du silence du public. Je ne sais pas quelle est l’ambiance habituelle de leurs concerts, mais on peut être surpris de leur surprise, tant leur musique mélancolique et méditative se prête plus à l’introspection et au recueillement qu’aux hurlements de groupies hystériques. Quand une chanson se termine, on n’a qu’une envie : attendre en silence que la prochaine commence, pour ne pas que l’atmosphère se dissipe, pour ne pas que la magie se brise. Le (relatif) calme du public est donc à prendre comme un compliment…
Et pour ceux qui n’y étaient pas, voici un deuxième extrait de leur premier album If you leave (2013), intitulé Still, pas aussi imparable que Youth, mais pas mal non plus.
Zazie – Je ne sais pas (album: Cyclo / critique express)
Allez, un peu de variét’ pour changer, il faut bien attirer le chaland…
Zazie, même si chez elle passe parfois chez Michel Drucker, sait écrire de jolies choses… Pour la production de son nouvel(*) album Cyclo, la chanteuse a eu la bonne idée de s’appuyer sur Olivier Coursier, membre d’Aaron. On y retrouve donc les sonorités mélancolico-électroniques du groupe, ce qui ne gâche rien à l’affaire : Zazie nous livre ici un de ses meilleurs albums.
(*) Cet article ayant été originellement écrit en juin mais n’ayant pas trouvé sa place jusqu’ici, l’album est désormais un peu moins nouveau.
Détroit (Bertrand Cantat & Pascal Humber) – Ange de désolation (+ critique album: Horizons)
Ça y est, il est sorti, le premier album post-Vilnius de Bertrand Cantat. Une décennie que les fans de Noir Désir l’attendaient. Et ils ne devraient pas être déçus : Cantat n’a rien perdu de son talent. Musicalement, Horizons est dans le prolongement de l’évolution de Noir Désir : leur dernier album studio, Des visages, des figures, marquait un tournant vers une musique plus posée et variée, moins rock pur et dur, qui se perpétue ici. On peut donc imaginer que cet album n’aurait pas été fondamentalement différent s’il avait été estampillé Noir Désir au lieu de Détroit. Quant aux mots, difficile de ne pas les mesurer à l’aune du parcours personnel tragique du chanteur. Deux chansons y font référence explicitement : Ange de désolation, qu’on ne peut pas ne pas voir comme une lettre à Marie Trintignant, et Horizon, qui fait allusion à son séjour en prison. A travers ces deux titres, Bertrand Cantat livre sa version. Si certains s’offusqueront sans doute qu’il ose évoquer son amour pour Marie Trintignant et la douleur de sa perte alors qu’il en est lui-même la cause, Ange de désolation n’en est pas moins une chanson bouleversante (au contraire)
Le retour de Bertrand Cantat à la vie (artistique) active est donc un retour gagnant, avec un album cohérent et réussi, où la voix et les textes de l’ex-leader de Noir Désir sont toujours aussi prenants. Seul bémol : la reprise finale d’Avec le temps de Ferré qui, si elle prend une résonance particulière dans ce contexte, s’avère un peu décevante en raison d’arrangements pas forcément très pertinents.
Montevideo – Cave of kisses (album: Personal Space) + Interview
Bonnes Notes est allé interviewer Montevideo, groupe de pop belge auteur de deux albums aux styles assez différents : un premier disque éponyme relativement remuant paru en 2006, suivi, après sept ans de réflexion, de Personal Space, plus pop, plus posé, et dont nous écouterons le premier titre Cave of kisses, en guise de mise en bouche.
Le groupe se compose de:
- Jean Waterlot – chant, claviers, trompette
- Emmanuel « Manu » Simonis – guitare, cordes
- Gabriel Reding – basse
- Pierre Waterlot – batterie
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Vous êtes Bruxellois. Pourquoi « Montevideo » et pas… « Bruxelles »?
Au moment de la genèse du groupe, on s’était inscrit à un tremplin sous un nom assez horrible, et le jour même on s’est dit « ce n’est pas possible, il faut qu’on change », d’autant plus que ce concours nous apportait une certaine couverture médiatique, ce qui était important pour un groupe qui débute. On s’est donc mis à chercher un autre nom de groupe (ce qui n’est pas chose facile), et à un moment donné Julien, notre ancien bassiste, a proposé « Montevideo » un peu spontanément. On n’a pas pensé à l’Uruguay, on a juste trouvé que ce nom avait une bonne résonance avec la manière dont on voyait le groupe. Ça a une sonorité assez ronde, ce n’est pas connoté dans un style ou dans un autre, et c’est assez international : ça se prononce sans s’écorcher dans la plupart des langues.
Comment êtes-vous venus à la musique?
Manu : j’ai toujours baigné dedans, mon père étant compositeur de musique classique. J’ai commencé le violon à 8 ans, avec un parcours assez académique, et puis à l’adolescence j’ai découvert le rock, musique dans laquelle je me retrouvais beaucoup plus que dans le classique. J’ai donc commencé à faire de la guitare en reprenant Nirvana et les Pixies comme tous les groupes d’ados de ma génération. Ce qui est amusant, c’est que pour le deuxième album, j’ai ressorti mon violon du placard, et j’ai enregistré des parties de cordes chez moi dans mon salon sur le titre Castles par exemple.
Jean, ado, a appris la trompette avec un prof de jazz qui était un peu une sommité en Belgique. La découverte de Chet Baker a été une grosse révélation pour lui.
Pierre a fait un peu de batterie à l’académie, mais il n’a pas énormément pris de cours. C’est surtout quelqu’un qui joue de la batterie comme il marche : c’est totalement instinctif chez lui.
Gabriel : j’ai su très jeune que j’avais envie de faire de la basse, mais mes parents ont voulu que je passe par un cursus classique pour acquérir de bonnes bases. J’ai donc fait de la guitare classique à l’académie pendant 3 ans, et ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de basse.
Bref, on a tous eu à un moment un cursus plus ou moins académique…
Comment le groupe s’est-il formé, comment vous êtes-vous connus?
Gabriel : ado, j’étais à l’école avec Pierre et Jean. A une époque Jean et moi essayions de jouer du jazz ensemble, mais le jazz n’est vraiment pas évident, ça demande un gros apprentissage. Je n’ai pas fait partie du groupe tout de suite, car je suis parti ensuite dans l’architecture. Jean a aussi fait d’autres choses avant de revenir à la musique en lançant Montevideo, mais je n’ai rejoint le groupe qu’après la sortie du premier album.
Manu : c’est un peu une histoire de famille, Pierre et Jean sont deux frères qui sont très proches et ont les mêmes amis. Je les ai rencontrés pendant que je faisais mes études, on fait partie du même cercle étendu, on est tous originaires du même quartier de Bruxelles.
Vous sortez un album en 2006 sur un label indépendant, à ce moment vous vivez de la musique ?
Non. A ce moment-là, on terminait nos études, on faisait des trucs à gauche à droite, mais on était surtout une bande de potes qui s’éclatait en faisant de la musique. Et puis à un moment donné on s’est dit : « pourquoi ne pas être un peu ambitieux et essayer de faire vraiment quelque chose ?». On s’est donc mis à travailler de plus en plus, et le déclencheur a été le fait de commencer à bosser avec l’ingé son de Ghinzu, qui a amené son chanteur John à un de nos concerts. Après le concert, John nous a dit : « J’adore ce que vous faites, j’ai vraiment envie de vous produire ». Pour nous c’était génial : on s’est retrouvé en studio, c’était notre première expérience, c’était un moment magique. Mais de là à gagner sa vie en faisant de la musique… Maintenant, oui on en vit, mais on ne fait pas forcément que ça, on a chacun un peu nos activités à côté. Gabriel travaille en même temps, par exemple. On est avant tout des passionnés, ce n’est pas évident d’en vivre, mais quelque part on trouve ça normal. Et puis du coup, le fait de n’être pas dépendants de la musique pour vivre nous a permis de mettre pas mal d’argent de côté et de nous auto-produire, ce qui est hyper intéressant : pour l’album Personal Space, on a vraiment fait ce dont on avait envie, on n’avait personne pour nous dire quoi faire, ni aucune pression financière. Beaucoup de musiciens qui vivent exclusivement de la musique se retrouvent obligés de faire des concessions, de faire des choses plus commerciales alors qu’ils n’en ont pas forcément envie.
Bien que vous ayez signé sur une major pour le second album, il est donc néanmoins auto-produit…
Oui. En fait, après notre pause de quelques années, on a enregistré un EP et on a recommencé à tourner. Notre notoriété en Belgique nous a permis de refaire suffisamment de concerts et de relancer la machine : enregistrer un EP auto-produit à New York, puis produire totalement notre second album. Ce n’est qu’après que nous avons signé une licence avec EMI en Belgique (NDLR : en substance, la licence est un simple contrat de distribution d’un disque, et pas un contrat qui lie l’artiste à la maison de disques et où celle-ci finance la production des albums). L’album nous appartient donc complètement : on peut en faire ce qu’on en veut. Alors que dans le schéma classique, on a très vite autour de soi un certain nombre de gens avec lesquels on est lié contractuellement et qui ont chacun une petite part du disque… et qui peuvent dans le pire des cas t’obliger à sortir un album à un moment où tu n’es pas du tout inspiré, qui du coup est mauvais.
Alors finalement, qu’a changé pour vous le fait de signer sur une major ?
Au départ on était très réticent à l’idée de signer sur une major : pour nous il y avait d’un côté les gentils labels indépendants, à dimension humaine et à ambiance familiale, et de l’autre les méchantes majors, qui ont évidemment des moyens que les petits labels n’ont pas, mais chez lesquelles on risque vite de se retrouver au fond d’un tiroir. Or, on a été surpris chez EMI : on s’est retrouvé dans une structure très familiale, très humaine mais aussi très dynamique, qui a fait beaucoup pour nous en Belgique au niveau de la presse et des radios. On a bien senti la crédibilité que ça nous apportait, car EMI ce n’est pas n’importe quelle major : c’est les Beatles, Bowie, Pink Floyd, Gorillaz… C’est la major qui a la plus belle image artistiquement, donc on s’y retrouvait plutôt bien et ça nous a ouvert des portes. Et on n’est pas contre le fait d’avoir des portes qui s’ouvrent…
Finalement vous avez la liberté qu’on peut avoir sur un petit label, tout en bénéficiant de la puissance de feu d’une major…
Tout-à-fait. Et pour la suite on est libre de faire ce qu’on veut, mais comme ça s’est très bien passé on n’a pas de raison de ne pas continuer : ce sont des gens très pros, très carrés, qui ont tous les contacts, donc ça change tout.
Votre second album est plus posé que le premier. Vous vous êtes calmés avec l’âge ? Ou c’est le fait que la composition du groupe ait changé ?
C’est parce que notre style a évolué que le line-up du groupe a changé, plutôt que l’inverse. Pour le premier album il y avait un côté très spontané, on ne savait pas trop où on allait : on composait les morceaux en faisant des jams lors des répétitions, et à un moment on a eu l’impression d’avoir fait le tour de cela. On a eu envie d’emmener notre musique autre part, de penser beaucoup plus en termes d’album qu’on écoute chez soi, plutôt que de composer des morceaux au jour le jour dans en vue du prochain live. On a donc changé notre manière de travailler, notamment en s’enregistrant beaucoup plus pendant le processus de composition. C’est aussi à ce moment que Gabriel (NDLR : le nouveau bassiste) est arrivé, et a apporté ses influences, notamment un côté plus mélodique. Mais c’est vrai que Personal space a un mood plus mélancolique que le premier album. Je ne sais pas si c’est l’âge, la maturité, mais c’est comme ça qu’on l’a senti : il y a eu quelques années d’effervescence, à faire des choses comme jouer aux Transmusicales de Rennes devant des milliers de personnes, ou tourner avec The Rapture qui était pour nous à l’époque un des groupes dont on était le plus fan, puis les choses sont retombées à la fin du cycle de vie de l’album, et un membre du groupe est parti. A ce moment on s’est cherché un peu, puis on s’est orienté vers quelque chose de plus écrit, de plus subtil. Mais si ce second album est très différent, on peut quand même trouver un lien avec le premier dans le sens où il reste une sorte de groove. En tout cas, la suite devrait être dans la lignée de Personal space : le groupe s’est trouvé artistiquement parlant. On sait désormais où on va.
Le processus de création des chansons semble donc collégial?
Pour la musique, oui, grosso modo. Quelqu’un vient avec une idée, on travaille dessus, on s’enregistre et on développe le morceau. On est très attentif aux idées de tout le monde, en tout cas. Concernant les textes, c’est Jean, le chanteur, qui s’en occupe désormais exclusivement, contrairement au premier album où plusieurs membres du groupe avaient œuvré comme auteurs.
Paroles ou musique d’abord?
Musique d’abord et textes après, toujours. C’est comme ça que Jean le sent : c’est la musique qui lui inspire le chant. Et puis pour nous la musique est plus prépondérante que les textes. Ce qu’on fait est plus proche de Pink Floyd que de Bob Dylan, en quelque sorte : on a de long passages instrumentaux, et la voix est plus utilisée comme un instrument.
Vous chantez en anglais, à l’image de nombreux groupes belges qui font de la bonne pop à l’anglo-saxonne depuis 15 ou 20 ans tels que dEUS, Venus, Ghinzu, Girls in Hawai, K’s Choice, Zita Swoon… En France, ce n’est que depuis quelques années qu’on assiste à une véritable percée de groupes qui chantent de la pop en anglais (Cocoon, Phoenix, Popopopops, Revolver et tant d’autres…). Pourquoi ce décalage entre les scènes belges et françaises, à votre avis ? Est-ce le poids de la sacro-sainte « chanson française » ? Ou le fait que la Belgique soit un petit pays parlant pour partie une langue assez peu répandue (le flamand) ?
Côté Belgique, la principale raison est que c’est un pays qui a deux langues nationales, et que la langue qui réunit les deux communautés, c’est l’anglais, langue qui réunit quasiment le monde entier, d’ailleurs… En plus, géographiquement, la Belgique est très proche de l’Angleterre, et on a l’impression que certains groupes anglais tournent plus facilement en Belgique qu’en France, donc on a pas mal baigné dans cette culture anglo-saxonne. De plus, les Flamands, du fait que leur langue est peu pratiquée, parlent très bien l’anglais (beaucoup mieux que les francophones). Enfin, la Belgique a un côté très international : c’est la capitale de l’Europe, Bruxelles est une ville très cosmopolite.
Quant à la France, c’est un plus grand pays qui a peut-être plus un côté « qui se suffit à lui-même », qui a moins besoin d’être international. La France a probablement eu aussi besoin de se décomplexer par rapport à l’anglais, et on imagine que le poids de la chanson française a également dû jouer. S’il a émergé récemment en France des groupes qui chantent en anglais, c’est peut-être aussi grâce à la French Touch : Air, Phoenix…
Sauf que Phoenix a cartonné aux Etats-Unis bien avant d’avoir du succès en France…
Oui, c’est vrai. Il y a aussi eu Tahiti 80, qui marchait super bien au Japon alors qu’ils avaient du mal à remplir des petites salles en France. Ou M83, qui a mis du temps à percer en France.
En ce qui nous concerne, c’est la scène anversoise qui nous a donné l’exemple et nous a influencés sur le fait de chanter sans complexe en anglais : les groupes que tu as cités, Ghinzu, Girls in Hawai… Ce sont des groupes qui chantent en anglais, mais qui ont en même temps tous un je-ne-sais-quoi de typiquement belge. En tout cas, pour nous l’anglais était une évidence, et se poser la question de chanter en Français était du même ordre que de se poser la question de mettre du biniou sur un titre… Ce qui ne nous empêche pas d’adorer un certain nombre d’artistes qui chantent en français.
Et puis, certaines langues sonnent mieux sur certains styles de musique…
Tout-à-fait, et les groupes qui nous ont influencé et nous ont donné envie de faire de la musique étaient soit des artistes anglo-saxons, soit bien des artistes qui chantaient en anglais (à l’exception de Gainsbourg)
Pour terminer, la question subsidiaire : votre bière belge préférée? Ou une bière belge méconnue à me faire découvrir ?
Gabriel : La Chouffe…
Manu : si on commence à parler bière, on est reparti pour un moment… Il y a plein de petites brasseries artisanales qui font d’excellentes bières, je pense à la Brasserie de la Senne à Bruxelles notamment, avec la Taras Boulba, et la Jambe de bois, ou la brasserie Dupont, qui est également excellente. Ma bière préférée… ce n’est pas facile… Bon allez, je vais dire la Bon vœux (Dupont)… ou bien la Troubadour magma.
Son Lux – Lost it to trying (album: Lanterns)
Lanterns, troisième album de Son Lux, l’alter ego musical de l’américain Ryan Lott, est sorti. Et c’est une réussite. Un grain de voix intéressant (qu’on n’entend pas tellement sur ce single), et des arrangements aux envolées lyriques qui laissent imaginer ce que Sufjan Stevens pourrait faire (c’est un compliment) si on lui prêtait un ordinateur pour manipuler les sons des instruments acoustiques qu’il utilise. Car Son Lux est un peu à la frontière entre musique symphonique et électronique: la coloration sonore est souvent celle d’instruments classiques, mais mâtinée d’assemblages synthétiques, pour un résultat des plus intéressants.
The velvet underground – Venus in furs
La disparition de son chanteur Lou Reed est l’occasion de réécouter le génial Velvet underground, sans lequel le rock ne serait pas ce qu’il est: sans le Velvet, pas de Joy Division, pas de Sonic Youth, pas de My Bloody Valentine…
Venus in furs est une chanson inspirée par le livre du même nom de Sacher-Masoch (La Vénus à la fourrure en français), livre fondateur du sado-masochisme dont une adaptation cinématographique signée Roman Polanski sort sur les écrans aujourd’hui même.
La chanson se trouve sur le premier album du Velvet Underground, le fameux « album à la banane » dont la pochette fut dessinée par le protecteur et producteur du groupe, Andy Warhol.
Si le Velvet n’a pas vraiment connu le succès pendant sa courte existence (en gros de 1967 à 1970), il est désormais considéré comme l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Une phrase attribuée au fameux producteur et musicien Brian Eno dit d’ailleurs : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »
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PS : je voudrais au passage remercier l’agence publicitaire des pneus Dunlop, grâce à l’audace de laquelle j’ai découvert cette chanson et le Velvet au début des années 90 à travers un incroyable et très « lynchien » spot (j’ai d’ailleurs longtemps cru que cette pub avait été réalisée par David Lynch)
Noir Désir – A l’envers, à l’endroit (…et le retour de Bertrand Cantat)
D’un côté (à l’endroit), le leader du plus grand groupe de rock français de ces dernières décennies. De l’autre (à l’envers), un homme qui a battu à mort sa compagne. Seulement voilà, ces deux côtés constituent les deux facettes d’une seule et même personne.
La réapparition médiatique de Bertrand Cantat, qui prélude à la sortie de son nouvel album le 18 novembre*, ne manquera donc pas de faire polémique et de susciter les débats entre les tenants du « c’est un meurtrier, qu’il se cache » et ceux du « il a payé sa dette, il a le droit de retourner travailler comme tout le monde »; voire ceux (les fans hardcore) du « arrêtez d’embêter le Dieu Cantat avec ces broutilles, même les génies font des erreurs »
Ce blog étant consacré à la musique, il n’est pas le lieu pour débattre sur l’homme et la pertinence de son retour à la vie active. En attendant de juger son futur album d’un point de vue purement musical, on se contentera donc d’écouter avec une pointe de nostalgie une chanson de la grande époque de Noir Désir : A l’envers, à l’endroit, tiré de Des visages, des figures (2001), qui fut le dernier album du groupe, il y a douze ans déjà…
*la sortie, initialement prévue le 25 novembre, a été avancée d’une semaine, le 25 novembre étant également la journée mondiale contre la violence faite aux femmes : un hasard de calendrier pour le moins malheureux…
Cliff Martinez – First sleep (BO Solaris)
S’il est un film dont la musique participe fortement à l’atmosphère qui s’en dégage, c’est bien Solaris de Steven Soderbergh (2002). Remake réussi du grand classique d’Andrei Tarkovski (1972) que tout bon cinéphile se doit d’avoir vu, le Solaris de Soderbergh doit beaucoup à la BO de Cliff Martinez, ancien membre des Red Hot Chili Peppers (sa musique n’a plus rien à voir avec celle du groupe) et compositeur fétiche de Soderbergh. C’est d’ailleurs également ce qu’en pense Cliff Martinez lui-même, la considérant comme sa musique de film la plus réussie.
Si la BO de Solaris évoque beaucoup le son du hang drum, une percussion très intéressante inventée par une petite entreprise suisse dans les années 2000 (et dont je vous ferai écouter un de ces jours un morceau d’un virtuouse de l’instrument), il semblerait que Cliff Martinez ait en realité fait appel à un gamelan (orchestre balinais) pour l’interpréter. De ces percussions mélodiques, passées dans des delays et complétées d’un orchestre, il résulte une musique hypnotique, à l’image des héros du film sous l’emprise de la planète Solaris autour de laquelle ils gravitent, un musique à la fois ample comme l’espace qui les entoure et étouffante comme le vaisseau dans lequel ils sont confinés.
Ballaké Sissoko & Vincent Ségal – Mako Mady
J’ai déjà parlé de la kora, instrument à cordes africain, lors de l’article sur Stranded Horse. C’est un virtuose de l’instrument que nous retrouvons aujourd’hui, Ballaké Sissoko, accompagné du violoncelliste Vincent Ségal, moitié du duo Bumcello (groupe récompensé aux Victoires de la musique en 2006)
En 2009, les deux musiciens ont enregistré ensemble dans le studio de Salif Keita un album à quatre mains intitulé Chamber Music, qui se termine par ce titre, Mako Mady. Rien à voir ici avec les atmosphères électro de Bumcello, on n’entend dans cet album acoustique et dépouillé que de la kora délicatement accompagnée de violoncelle.
A écouter en version live…
…ou studio:
Agnes Obel – Dorian
Repérée sur MySpace et devenue la révélation folk de 2011 avec son premier album Philharmonics (sorti en 2010), la pianiste et chanteuse danoise Agnes Obel vient de livrer son deuxième album, intitulé Aventine. Ceux qui, comme moi, ont été charmés par son premier opus, ne seront pas déçus : c’est toujours aussi joli, délicat, arrangé dans une veine classique (qui n’est pas sans évoquer Erik Satie) et mélancolique. Et c’est peut-être le seul et principal problème de ce disque : c’est un peu le même que le précédent. Ceux qui ont échappé à Philharmonics découvriront donc Aventine avec ravissement, ceux qui ont aimé Philharmonics aimeront Aventine, mais avec une impression de déjà vu qui ôtera en partie à ce second album d’Agnes Obel l’impact qu’avait pu avoir le premier.
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[Mise à jour] A regarder: Voici une video d’une session live du très beau titre Dorian