Anima! – Breathe

Anima!, duo sud-africano-californien, vient de sortir son premier album, sans distribution physique il semble, du moins pas en France.

Secret encore bien gardé, ce petit bijou s’écoute (et s’achète : je vous encourage à les encourager…) sur BandCamp.

En voici un extrait:

Lamb – In binary

Lamb est un duo composé d’Andy Barlow et Lou Rhodes

Lamb mélange le trip-hop avec des éléments de jazz et de drum’n’bass

Lamb a été actif de 1996 à 2004 : 4 albums, plus un best of en guise de testament avant de disparaître, les deux membres se lançant dans des carrières solo ou des projets parallèles (restés assez confidentiels)

Lamb est réapparu vers 2010, avec une tournée suivie d’un nouvel album

Puis d’un autre en 2014, intitulé Backspace unwind

Qui est très bien

Et dont est extrait le single In binary

Ecouter sur Deezer (en version longue, avec encore plus de ce gimmick au synthé qui fait une bonne partie de la personnalité de ce morceau)

Bonus : une démo piano/voix de l’autre titre le plus marquant de l’album, As satellites go by

 

Best of : les meilleures notes de Depeche Mode

Entamée il y a 35 ans, la discographie de Depeche Mode est assez étoffée (13 albums studio, quelques singles isolés, des lives, bon nombre de remixes…) Avec 35 titres, un par année de carrière, ce qui est une totale coïncidence, ce Best of l’est donc forcément aussi. Il vise à retracer chronologiquement les meilleurs titres du groupe au fil de son histoire, sans souci d’équilibrer la répartition des titres entre les différents albums ni de se restreindre à un nombre total de titres prédéterminé.

Ecouter le Best of

Le premier album de Depeche Mode, Speak and Spell, dans lequel figure leur premier tube international Just can’t get enough, sort fin 1981. Composé par Vince Clark, qui quittera le groupe peu après pour créer les éphémères Yazoo et The Assembly avant de fonder le pérenne Erasure, Speak and Spell a plutôt mal vieilli et sonne souvent très naïf, comme c’est assez souvent le cas de la musique électronique de cette époque (le Don’t go de Yazoo s’en sort d’ailleurs probablement un peu mieux). Just can’t get enough est un morceau léger au texte gnangnan qui ne doit sa présence dans ce Best of qu’au fait d’avoir été le titre qui a révélé Depeche Mode sur la scène internationale (et pour permettre à Speak and Spell de ne pas être totalement absent de cette sélection)

  • 01 – Just can’t get enough

C’est lorsque Martin Gore prend les manettes de la composition, sur le deuxième album A broken frame, que ce qui deviendra l’identité musicale du groupe commence, timidement, à émerger. Gore marche alors encore un peu dans les pas de Clarke et n’a pas encore pleinement trouvé son style. Album de transition, il comporte peu de titres inoubliables et vaut surtout pour la présence de Leave in silence.

  • 02 – Leave in Silence

Après la sortie de A broken frame, le groupe lance Get the balance right, un single qui ne figurera dans aucun album (si ce n’est une compilation de singles), mais dont la version longue est considérée par certains comme une source d’inspiration majeure de la scène techno qui prit naissance à Detroit au milieu des années 80. Et avec le recul, l’écoute de ce maxi est effectivement un peu troublante, révélant des éléments de ce qui rappellent étrangement ce que sera ce courant musical quelques années plus tard.

  • 03 – Get the balance right

Recruté pour remplacer Vince Clark, Alan Wilder commence à être impliqué dans le processus créatif lors du troisième album Construction time again. C’est à ce moment que, sous son impulsion, l’utilisation des samplers et de sonorités issues de la musique industrielle apparait dans la musique du groupe. Comme son prédécesseur, l’album est assez inégal. On en retiendra principalement le superbe single Everything counts, qui prend une ampleur supplémentaire dans sa version live (figurant sur l’album 101 paru en 1989)

  • 04 – Everything counts (live)

Cette tendance est clairement confirmée dans l’album suivant, Some great reward, qui marque le passage à la vitesse supérieure du groupe. Des titres comme People are people et Master and servant connaissent un fort succès malgré leur sonorité très particulière, et installent Depeche Mode dans la cour des grands de la new wave. L’album comporte également nombre d’autres titres intéressant, dans des registres parfois différents tels que le piano-voix Somebody, interprété par Martin Gore (on n’est jamais mieux servi que par soi-même), qui confirme le talent de songwriter de ce dernier (ainsi qu’une très belle voix, sous-utilisée dans la mesure où le groupe a déjà son chanteur titulaire en la personne de Dave Gahan). Combiné à l’univers sonore élaboré par Alan Wilder, le groupe a trouvé sa formule : Depeche Mode arrive à son apogée et va le rester pendant les quelques albums suivants.

  • 05 – Lie to me
  • 06 – People are people
  • 07 – Somebody (live)
  • 08 – Master and servant
  • 09 – Blasphemous rumours

Après A great reward, Depeche Mode sort un nouveau single hors album qui est également de très bonne facture : Shake the disease.

  • 10 – Shake the disease

Suit Black Celebration, concentré de titres plus réussis les uns que les autres, dans un registre peut-être plus mélodique que l’album précédent, même si le groupe conserve sa signature sonore. La voix de Martin Gore, très complémentaire de celle de David Gahan, y trouve une plus large place, puisqu’il interprète trois titres, dont le single A question of lust, et de nombreux choeurs. En live, Martin Gore délivre une très belle version piano-voix de la chanson But not tonight, originellement chantée par Dave Gahan sur des arrangements électroniques, prouvant une fois de plus que derrière l’enrobage sonore élaboré des chansons de Depeche Mode se trouve une réelle musicalité.

  • 11 – Black celebration
  • 12 – A question of lust
  • 13 – Stripped
  • 14 – Here is the house
  • 15 – World full of nothing
  • 16 – But not tonight (live)

L’album suivant, Music for the masses, comporte également une grosse fournée de très bonnes chansons, dont un des singles emblématiques du groupe : Never let me down again.

  • 17 – Never let me down again
  • 18 – Strangelove
  • 19 – Little 15
  • 20 – Behind the wheel

Assez unanimement considéré comme leur meilleur album, Violator parait en 1990. Si le groupe commence à opérer un virage stylistique (les sonorités industrielles se font plus discrètes), il n’y a pas grand chose à jeter dans cet opus au sein duquel figure leur plus grand succès Enjoy the silence, mais aussi nombre d’autres excellents titres.

  • 21 – World in my eyes
  • 22 – Personal Jesus
  • 23 – Halo
  • 24 – Waiting for the night
  • 25 – Enjoy the silence
  • 26 – Policy of truth

L’album suivant, très attendu et intitulé Songs of faith and devotion, sort trois ans plus tard. Il marque le début d’une présence beaucoup plus forte de la guitare électrique dans l’instrumentation du groupe : le récent avènement du grunge est passé par là, sans oublier que c’est l’instrument premier de Martin Gore, qui considère Depeche Mode comme « un groupe de blues joué avec des synthétiseurs ». S’il est plus inégal que Violator, il contient néanmoins quelques réussites telles que Walking in my shoes. Cependant, il marque aussi le début de la fin de la période dorée pour Depeche Mode. En effet, pendant l’épuisante tournée qui suit la sortie du disque, le chanteur David Gahan connaît de sérieux problèmes de drogue qui créent de graves tensions au sein du groupe. S’ensuivent une tentative de suicide puis une overdose d’héroïne qui le conduisent à plusieurs reprises en cure de désintoxication. C’est également à cette période qu’Alan Wilder claque la porte, emportant avec lui toute son expertise dans le travail sur le son.

  • 27 – Walking in my shoes
  • 28 – In your room

Désormais sevré, Dave Gahan et les deux autres membres restants du groupe, à savoir l’auteur/compositeur Martin Gore et le discret Andrew Fletcher, reprennent le chemin des studios. Il en sort Ultra, un album où la présence de la guitare continue de s’affirmer au milieu des sons synthétiques. On en retiendra principalement Home, qui mélange élégamment sons synthétiques, guitare électrique et ensemble de cordes.

  • 29 – Home

Exciter suivra quelques années plus tard. Le son, de nouveau plus électronique, mais aussi plus chirurgical et minimaliste, est confié à Mark Bell (décédé depuis), membre de LFO (duo précurseur de la techno) et proche collaborateur de Björk. Avec la maturité, Dave Gahan explore également de nouvelles facettes de sa voix. Il ne force plus son côté métallique comme il a pu le faire pendant la période plus « industrielle » du groupe. Il a acquis une belle maîtrise de son chant, et ose la douceur.

  • 30 – Dream on
  • 31 – Comatose

Playing the angel sort en 2005 et marque le retour en force de la guitare électrique, plus dans la lignée d’Ultra que d’Exciter.

  • 32 – Precious
  • 33 – Damaged people

Quatre ans plus tard, Sounds of the universe lui fait suite. Le single martial Wrong est très efficace, sorte d’héritage des Master and servant ou Never let me down again, mais le reste de l’album manque de titres forts.

  • 34 – Wrong

Enfin, Delta Machine renoue un peu avec le style de l’époque du succès de Songs of faith and devotion, dans une version actualisée. La production est réussie, mais les opinions sont partagées entre ceux qui crient au réchauffé et ceux qui célèbrent le retour en forme du désormais trio. Les fans appartenant à la deuxième catégorie se réjouiront d’un titre tel que Broken, dont l’atmosphère mélancolique n’est pas si éloignée d’un Walking in my shoes.

  • 35 – Broken

Ecouter le Best of

PS : la simultanéité fortuite entre la rédaction de cette chronique et la disparition de Michel Delpech rappelle à notre bon souvenir les efforts méritoires du groupe Delpech Mode pour combiner les textes des chansons de Michel Delpech aux musiques de celles de Depeche Mode, nous gratifiant d’inoubliables titres tels que Enjoy le Loir et Cher, Master et chasseur ou encore Stangelorette. Mention spéciale à Just quand j’étais chanteur, dont le clip nous remémore les improbables accoutrements de Martin Gore de la fin des années 80 (période Some great reward / Black celebration plutôt que Speak and spell dont est issu Just can’t get enough, mais on leur pardonne l’anachronisme)

 

Camp Claude – Hurricanes

Il est des voix qui vous saisissent instantanément, auxquelles il suffit de fredonner trois notes pour capter l’attention. Sans puissance ni prouesse technique particulière à la Adèle, sans théâtralité à la Barbara, simplement parce qu’elles ont ce grain, ce phrasé, cette petite chose en plus : Sade, Beth Gibbons (Portishead), Lana Del Rey, Camélia Jordana, voire Valérie Leulliot (Autour de Lucie)

Diane Sagnier pourrait bien être de ces voix. Photographe à l’origine, on ne peut que se féliciter que deux membres de Tristesse Contemporaine l’aient convaincue de troquer pour quelques temps son appareil photo pour un micro afin de former Camp Claude.

Sans album à son actif, juste un EP prometteur, on attend avec impatience la suite des aventures de ce groupe Franco-Americano-Anglo-Suédois (ce qui est déjà pas mal pour un trio)

Ecouter sur Deezer

Pour terminer de vous convaincre du potentiel de Camp Claude, un autre titre beaucoup plus new wave, intéressant lui aussi et qui a disputé à Hurricanes l’intitulé de cet article (…et l’a perdu en raison du sponsoring un peu envahissant de Microsoft dans le clip, et du fait que le titre semble n’avoir été actuellement sorti que sous la forme de cette vidéo). Il s’agit de New York City :

Portico – 101 (album: Living Fields)

Son percussionniste joueur de hang ayant fait défection alors que celui-ci remplaçait déjà un premier percussionniste, Nick Mulvey, parti pour une aventure folk en solo, Portico Quartet a donc décidé de rester à trois et de supprimer le désormais inadapté terme Quartet de son nom pour devenir simplement Portico. C’est sous ce nom qu’ils ont livré leur dernier album Living fields, passant du label Real World de Peter Gabriel à Ninja Tune (une référence en matière de musique électronique). Car privé de son percussionniste, le groupe délaisse un peu ses tendances jazz pour aller vers plus d’électronique (qui n’était cependant pas totalement absente des albums précédents). Habitué des instrumentaux, Portico invite sur ce nouvel album divers chanteurs, dont celui d’un des groupes les plus intéressants à avoir émergé ces dernières années : Alt-J. Cette collaboration a donné naissance à des titres tels que l’hypnotisant 101:

Ecouter sur Deezer

Kat Onoma – La chambre

Bon point argentUn des seuls titres en français des alsaciens de Kat Onoma : La chambre, dont le texte est adapté d’un poème de Pierre Alféri, fils du philosophe Jacques Derrida. C’était en 1995, dans l’album Far from the pictures. Le jeu de guitare de Rodolphe Burger est aussi subtil que sa voix est profonde.

Ecouter sur Deezer

Mercury Rev – The queen of swans (album: The light in you)

A ne pas trouver le temps d’écrire des chroniques documentées, ce blog a vu le délai entre chaque publication s’allonger significativement. Sa vocation initiale étant de faire découvrir/écouter de la musique sans forcément de disserter longuement à son sujet mieux vaut un article court que pas d’article du tout.

Cela faisait un moment (7 ans!) qu’on attendait des nouvelles de Mercury Rev. Les auteurs du magistral Deserter’s songs nous reviennent assez en forme avec un nouvel album intitulé The light in you, qui commence ainsi :

Ecouter sur Deezer

Saycet – Mirages (acoustic version)

J’ai déjà parlé de Saycet, orfèvre de la musique électronique française injustement méconnu, à l’occasion d’un EP préludant à la sortie de son troisième album Mirages (même si on peut lui préférer son prédécesseur, Through the window, à écouter absolument). Vient de sortir un nouvel EP qui y fait suite, et qui inclut une version acoustique du titre éponyme du dernier album, l’occasion d’écouter la délicate musique du parisien dans un contexte différent de celui des machines.

Ecouter sur Deezer

On trouve également sur le net une version live enregistrée sur un toit de Paris:

Ecouter d’autres titres du même style

Jeanne Added – Look at them (album: Be sensational)

Formée au chant lyrique et au violoncelle au conservatoire, Jeanne Added passe ensuite par le jazz avant de se lancer en solo dans un registre très électronique (tendance 80’s new wave / cold wave), notamment à l’occasion d’une résidence remarquée aux Transmusicales 2014. Produit par Dan Lévy (la moitié masculine de The Do) son premier album s’intitule Be Sensational, et si Look at them n’en reflète pas la dureté et la noirceur qui s’en dégage parfois, elle met en lumière l’indéniable talent vocal de son interprète.

Ecouter sur Deezer

En concert le 22 octobre à l’Ubu à Rennes…

Low – The innocents (album: Ones and sixes)

Un nouvel album de Low est toujours une bonne nouvelle. Groupe fondateur et plus ou moins unique représentant du courant slowcore, Low nous a habitués depuis 20 ans à de majestueux albums batterie/basse/guitare au tempo (très) lent, et dont la mélancolique beauté doit beaucoup aux harmonies vocales d’Alan Sparhawk et Mimi Parker. Si le couple de mormons nous avait livré récemment des disques plus lumineux, c’est par contre la première fois que l’électronique y occupe une place notoire, principalement au niveau des rythmiques. Bref, sans perdre son âme, le groupe apporte une touche de renouvellement à son œuvre. Et l’on s’en réjouit.

Ecouter sur Deezer

L’album complet, globalement très réussi, est en écoute gratuite complète sur Bandcamp (du moins à l’heure actuelle)

Loup Barrow – The last journey

Loup Barrow fait un ciné-concert (film : « L’histoire sans fin ») vendredi 4 septembre à 21h30 à l’Antipode à Rennes… Bref, demain.

The last journey, dont on peut supposer qu’il ne le jouera pas demain, puisqu’il s’agit d’un ciné-concert, est un titre où il est accompagné du joueur de hang drum Manu Delago

Ecouter sur Deezer

Sigur Ros – Glosoli (album: Takk)

En Bon point orIslande, la scène musicale de ce si petit pays (300 000 habitants) est aussi bouillonnante que ses geysers. Outre l’elfe électronique Björk, on y trouve également le groupe de post-rock Sigur Ros, dont la musique ne peut laisser insensible le jour où on la découvre. Ce que les non initiés à la voix céleste de Jonsi, le leader du groupe, vont donc avoir l’occasion de faire ici.

S’il fallait n’écouter qu’un de leurs albums, ce serait sans hésiter « Takk » (« Merci » en islandais), paru en 2005, dont voici un extrait. Mettez un casque, montez le son, et bon voyage…

Ecouter sur Deezer

Ecouter d’autres titres du même style

Alain Bashung – Bruxelles (Dick Annegarn)

Suite de la série inspirée par la playlist de grève de France Info, qui contient également la très belle chanson Bruxelles de Dick Annegarn, paru en 1974. En ce qui nous concerne, nous en écouterons la reprise d’Alain Bashung (même si la version originale est également très bien)

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

 

Kristin Hersh – The letter

Bon point orSuite de la série inspirée par la playlist de grève de France Info : rockeuse en groupe (Throwing muses), folkeuse en solo, Kristin Hersh est une figure historique du label 4AD des années 90, aux côtés de Dead Can Dance, Cocteau Twins ou encore des Pixies.

Choix cornélien, pas pour l’album où le premier, Hips and makers, est probablement le plus beau, mais sur le titre au sein de l’album. France Info diffuse le single, Your ghost, un très beau duo avec Michael Stipe (le chanteur de REM), mais un autre titre encore plus bouleversant sort du lot : The letter, ou comment faire une chanson déchirante juste avec une guitare sèche et deux accords.

Allez, allons-y pour The letter comme titre phare de cet article…
Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

 

Cependant, Your ghost n’est franchement pas mal non plus :

Ecouter d’autres titres du même style

 

Portishead – Undenied

Bon point orSuite de la série inspirée par la playlist de grève de France Info : la diffusion du titre n°2 (All mine) du deuxième album de Portishead, album dont je n’apprécie pas la couleur sonore très froide, m’invite à partager ici le titre suivant de ce même album, Undenied. Une chanson qui, par sa mélancolie plus douce, n’aurait pas détonné au sein du premier opus de Portishead dont, vingt ans après, je me rappelle encore précisément la première écoute tellement elle fut une révélation musicale pour moi.

Avec seulement trois albums au compteur en vingt ans, chacun plus difficile d’accès que le précédent, on ne peut pas dire Portishead ait cherché à surfer sur le succès de leur coup d’essai (et coup de maître) Dummy. C’est peut-être aussi cette intégrité et cette parcimonie dans la production qui fait que chaque apparition du groupe reste un événement, alors qu’ils n’ont publié qu’un seul album ces dix-sept dernières années.

Et puis bien sûr, il y a cette voix, la voix à fleur de peau de Beth Gibbons qui vous met les tripes sens dessus-dessous…

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

Smoke City – Underwater love

La grève à Radio France a du bon : la playlist musicale de France Info par exemple, qui se substitue aux émissions, me renvoie épisodiquement à ma propre discothèque, parfois au travers de groupes renommés tels que Portishead, parfois au travers de titres plus obscurs publiés dans les années 90 par des artistes ayant depuis longtemps disparus de la circulation, tels que le Underwater love de Smoke City, qui inaugurera donc une petite série Spéciale Grève à Radio France. Et rien que pour cela, on dit : « Merci, Mathieu Gallet ». Ca vaut bien un bureau en palissandre… (très beau bois, par ailleurs)

Smoke City est donc un groupe plutôt méconnu qui a signé deux albums d’un mélange de trip hop et de bossa nova avant de se séparer au début des années 2000 dans l’indifférence plus ou moins générale. Si le reste de l’album n’est pas forcément à la hauteur, le single Underwater love dispose d’une forte personnalité, d’un attrait particulier qui le rend diablement efficace et fait que presque vingt ans après sa sortie on le retrouve sur les ondes (perturbées) d’une radio de service public.

Et pour ne rien gâcher, le clip est signé Lynch*

*Bon, en l’occurrence il s’agit d’un certain John Lynch, pas de David, on en peut pas tout avoir…

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style

Björk – Stonemilker (album: Vulnicura)

Bon point argentOn avait adoré quand Björk avait sorti les violons pour nous parler de sa meilleure amie dans Joga (Homogenic – 1997)

On adore de nouveau lorsqu’elle les ressort pour nous parler de son amour perdu dans Stonemilker, premier titre de son nouvel album Vulnicura.

On aurait aussi adoré vous faire partager facilement cette magnifique chanson de cette artiste unique, malheureusement Björk ne nous facilite pas la tâche, à nous autres passeurs de musique : celle-ci a en effet refusé que son nouvel album figure sur les plateformes de streaming (ceci dit, il est vrai que la rémunération des artistes y est anecdotique), et si le titre bénéficie bien d’un clip, celui-ci est en 3D immersive est n’est visualisable qu’avec un casque Oculus Rift. Pas la peine de le chercher sur Youtube, donc, ni sur Vimeo où vous risquez d’atterrir sur un clip non-officiel (supposément de danse contemporaine, puisqu’un chorégraphe est cité dans les crédits) où un monsieur tout nu et filmé en noir et blanc se roule dans la boue et fait le poirier le zizi à l’air ce qui, disons-le tout de go, n’aide pas à se concentrer sur la beauté du chant de l’Islandaise(*)

Ne reste donc plus que Grooveshark (la plateforme de streaming qui se veut légale selon ses fondateurs, mais qui croule néanmoins sous les procès des majors) ou d’éphémères liens sur Youtube avec la pochette du disque en guise de clip.

Ecouter sur Grooveshark

Et si vous voulez la voir en concert, sachez que Björk fait deux dates en France cet été, dont la Route du Rock le 15 août à Saint Malo (l’autre concert, en juillet à Lyon est déjà complet)

Ecouter d’autres titres du même style

(*)Allez, pour ceux qui veulent rigoler un coup, je vous mets le lien, mais je vous en conjure, si vous vous en servez pour écouter la chanson, éteignez votre écran.

Limousine – La Gaviota

On ne peut pas dire que Limousine soit célébrissime… Ni ce Limousine-là (français), ni les autres d’ailleurs, car plusieurs groupes partagent ce nom. Trois albums (instrumentaux) au compteur, en 2006, 2012 et 2014. Pour le reste, ne les connaissant moi-même pas très bien, j’assume le panaché de copier-coller ci-dessous en provenance des Inrocks et de Magic:

Deux ans avant que Poni Hoax ne devienne le meilleur groupe de rock de l’Hexagone (NDLR: c’est l’avis de Magic, qui a la fâcheuse de dégoter deux ou trois meilleurs groupes de la décennie par numéro…), le compositeur, saxophoniste et multi-instrumentiste Laurent Bardainne avait fondé Limousine en compagnie de Maxime Delpierre (guitare) et David Aknin (batterie) – issus comme lui-même d’une scène jazz trop étriquée pour leurs envies respectives de diversité et de légèreté. Interprétées avec toute la retenue et la classe d’instrumentistes chevronnés fonctionnant en symbiose, la seule chose qui soit “jazz” au sujet des neuf pièces qui composent ce magnifique deuxième album est la superbe et chaleureuse mise en son, qui produit exactement la même impression de feutré et de proximité que généraient les enregistrements du tandem Gil Evans/Miles Davis.

Non, ici tout est cinématique, volontairement, ouvertement. Passée l’agréable sensation de la première écoute, le temps de faire un clin d’œil à Brian Eno et Air réunis (Cosmos), les suivantes suggèrent qu’ il n’est pas impossible que II soit aussi un “album-devinette”, imaginé pour titiller les sens du mélomane cinéphile.

Cette musique de peu de notes se révèle hautement suggestive, d’une perversité que n’affichent pas son élégance, sa joliesse. Répétitive comme une idée noire qui tournerait dans une nuit blanche, elle dessine à force de boucles une fresque, un dédale dont la profondeur de champ vire parfois au vertige – impression d’un Sergio Leone mis en son par Godspeed You! Black Emperor. Pop-music laconique, où il faut fermer les yeux pour relier les points épars par des traits flous et colorés. Fascinant.

Fin du plagiat, place à l’écoute du premier titre du deuxième album de Limousine, sobrement (comme leur musique) intitulé « II ».

Ecouter sur Deezer

Sohn – Tempest (album: Tremors)

Chose promise, chose due, je colmate la brèche laissée dans la couverture des événements musicaux de 2014 par l’absence d’une mention de l’album Tremors de Sohn.

Si vous aimez James Blake, sa voix de tête et son électro mélancolique, vous aimerez Sohn, anglais solitaire expatrié en Autriche et signé par 4AD (label mythique des années 80-90 qui, après un assez gros passage à vide, commence à retrouver du flair malgré le départ de son fondateur Ivo Watts-Russel)

Son premier album Tremors commence comme ça :

Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

…si ça ne vous donne pas envie d’écouter la suite…

Ecouter d’autres titres du même style

The Cinematic Orchestra – To build a home (album: Ma fleur)

Bon point argentOn ne sait pas trop comment ça leur a pris, aux gens de la production d’une émission de télé crochet animée par Benjamin Castaldi sur D8 (la Nouvelle Star, pour ne pas la nommer)… On se demande encore par quels méandres de leurs connexions neuronales leur est venue l’idée, après avoir programmé du Michael Jackson, du Francis Cabrel et du Vanessa Paradis plus tôt dans l’émission, d’envoyer une candidate sur la piste interpréter le bouleversant To build a home de The Cinematic Orchestra (dont la version originale est portée par la voix androgyne de Patrick Watson)

Candidate qui s’en est fort bien sortie au demeurant, délivrant aux ados de la ménagère de moins de 50 ans ce petit moment de grâce.

Pour la version d’origine, ça se passe ici :


Ecouter sur Deezer | Ecouter sur Grooveshark

Ecouter d’autres titres du même style