The Notwist – Kong (critique album: Close to the glass)

Force est de reconnaître que cet album est passé hors de la couverture radar de Bonnes Notes lorsqu’il est sorti en 2014. Non que je n’aie jamais entendu parler de ce groupe allemand un peu confidentiel mais réputé qui œuvre depuis 25 ans dans des registres musicaux assez différents… En réalité, c’est peut-être justement l’hétérogénéité de leur répertoire qui m’avait tenu éloigné d’eux, n’ayant été précédemment confronté qu’à des albums hors du spectre de mes goûts (le groupe a commencé en faisant du metal/punk…), et ce à mon étonnement : en effet, une partie des membres de The Notwist a des activités musicales parallèles et participent à d’autres formations pop/electronica dont j’apprécie beaucoup le travail telles que Lali Puna, Ms John Soda ou encore Console (qui a participé à l’album Vespertine de Björk).

Même si Close to the glass n’est pas exempt de tout reproche, l’album comporte un certain nombre de titres très réussis, tels que la mélancolique ballade Casino à la guitare sèche, les électroniques Run run run et Lineri, ou encore le clin d’œil shoegaze à My Bloody Valentine 7-Hour-Drive. Histoire pour une fois de choisir un titre un peu plus « catchy », c’est finalement le single Kong, qui lorgne un peu vers un genre de britpop psychédélique, que j’ai finalement choisi pour illustrer cet article et cet album. Comme quoi, même au sein d’un seul album, les Notwist explorent une large palette sonore… Tout en sachant rester cohérents.

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Best of 2014 : rétrospective de l’année

Plions nous à l’exercice obligé du bilan de l’année passée. Qu’en retenir musicalement parlant?

  • Scène Française :

2014 aura été un assez bon crû. Dans l’hexagone, en termes de succès, la révélation de l’année a bien sûr été Christine and the queens et son premier album Chaleur humaine.

Après des premières tentatives pas inintéressantes mais pas totalement convaincantes non plus, François and the Atlas mountains avec Piano Ombre, et Cascadeur avec Ghost surfer sont passés à la vitesse supérieure.

Les Rennais de Mermonte ont également transformé l’essai haut la main avec leur deuxière production : Audiorama.

Le dernier Miossec, Ici bas, ici même, a été salué comme une de ses productions les plus réussies.

Florent Marchet nous a emmené dans un trip interstellaire avec son concept album Bambi galaxy. L’occasion pour ceux qui ne le connaissaient pas de découvrir sa discographie.

Le son de la guitare se marie bien avec la voix d’Olivia Merilahti, ce qui peut expliquer que j’aie un peu moins goûté le nouveau The Do, Shook shake shaken, entièrement réalisé sur ordinateur, que les précédents, mais le songwriting y reste très bon.

Le premier album du phénomène de 2013 Fauve, intitulé Vieux frères, a fini par sortir. A noté que leur second album intitulé… Vieux frères 2, est à paraître le mois prochain. Peut-être est-ce dû au fait que l’effet de surprise est passé, mais les premiers titres déjà disponibles m’ont paru moins convaincants.

On n’oubliera pas non plus qu’il y a eu un nouvel album d’Hubert-Félix Thiéfaine, Stratégie de l’inespoir, même s’il s’avère légèrement en deçà du précédent, reste un bon cru.

  • Au rayon pop/rock :

Je suis pas particulièrement amateur de ce qu’il fait (tous les goûts sont dans la nature), mais difficile de ne pas citer Damon Albarn et son album Everyday robots, qui a remporté un large succès critique. Et bien sûr le très attendu second album d’Alt-J : This is all yours, qui a plutôt bien tenu ses promesses.

Personnellement, c’est This is my hand, le dernier album de My brightest diamond, qui aura particulièrement retenu mon attention dans cette catégorie. Si l’américaine n’en est pas à son coup d’essai, celui-ci est un coup de maître.

Côté rock, si Sonic Youth n’existe plus, son esprit perdure dans le second album solo de son guitariste Thurston moore, The best day. Pas révolutionnaire, mais les fans du groupe y trouveront leur compte.

  • Au rayon Folk, on citera :

Sun Kil MoonBenji : même s’il ne se renouvelle pas radicalement d’un disque sur l’autre, et qu’entre les Red House Painters, Sun Kil Moon et les albums solo, la discographie de Mark Kozelek commence à être longue, cela reste un plaisir d’en découvrir une nouvelle production.

Nick MulveyFirst Mind : ex-joueur de hang drum au sein du groupe plutôt jazz Portico Quartet, Nick Mulvey livre un premier album solo dans lequel il chante du folk… et c’est plutôt réussi, même si je préfère Portico Quartet, plus innovant.

  • Du côté des musiques électroniques :

Deux vétérans du prestigieux label britannique Warp ont publié un nouvel album: Aphex Twin (Syro), un petit événement puisque le dernier LP de la tête de gondole du label datait de 2001, et les inoxydables Plaid qui, sans se révolutionner, reviennent assez en forme après trois ans d’absence avec Reachy Prints.

Le canadien Caribou (anciennement Manitoba) a livré avec Our love un album un peu plus pop qui a connu un excellent accueil critique.

Deptford goth est revenu avec Songs en se mettant dans les traces de James Blake (en un peu moins bien, mais bon album quand même). On pourra à moindre titre citer Seekae et son The worry.

Il ne s’agit que d’un EP, mais le Volcano du Français Saycet, qui prélude à un album en 2015 nous a mis fortement l’eau à la bouche…

  • R’n’b

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le R’n’b et consorts se limitait dans mon esprit aux Rihanna et autres Shy’m. En fait, pas seulement, et on peut trouver des artistes classé(e)s dans cette mouvance qui produisent des albums tout-à-fait dignes d’intérêt… On retiendra donc pour 2014 le sobrement intitulé LP1 de FKA Twigs, ainsi que le Goddess de Banks.

 

Pour finir, il semble qu’en 2014 je sois passé à côté de deux albums qui auraient amplement mérités un article : ceux de The Notwist et de Sohn. Ces oublis seront réparés prochainement…

Camelia Jordana – Retrograde

Je n’apprécie pas forcément plus que cela le style musical de certaines chansons du répertoire de Camelia Jordana, mais force est de reconnaître que la jeune femme a une voix incroyable. Alors quand elle reprend ce qui est probablement mon titre préféré de James Blake, cela donne cette petite merveille :

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Manu delago – Mono desire

Cela fait des années que je voulais faire un article sur un instrument créé dans les années 2000, le hang drum, et un de ses virtuoses : Manu Delago. A tel point que je pensais l’avoir déjà écrit. Comme il s’avère que ce n’est pas le cas, sa venue à l’Antipode à Rennes dimanche prochain est donc l’occasion de rattraper le temps perdu.

Si j’ai déjà fait allusion à cet instrument dans des posts précédents, le sujet du jour est une pièce pour hang composée et interprétée par Manu Delago, spécialiste de l’instrument qui a notamment officié avec Björk lors de sa dernière tournée (Biophilia)

Si je n’apprécie guère le son des steel drums, instrument caribéen dont le hang s’inspire, je trouve qu’il se dégage au contraire du hang une atmosphère très intéressante. Mono Desire, titre où Manu Delago joue de deux hangs à la fois et montre l’étendue de sa technique, est également un morceau particulièrement envoûtant, dont je vous laisse apprécier l’interprétation live sur un plateau de France 2.

 

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La Maison Tellier – Sur un volcan (album: Beauté pour tous)

Après le titre Volcano de Saycet présenté dans l’article précédent, nous conclurons l’année 2014 en persévérant dans le registre volcanique…

Le groupe La Maison Tellier est composée de Raoul Tellier, Helmut Tellier, Léopold Tellier, Alphonse Tellier et Alexandre Tellier. La première question qui vient donc à l’esprit est bien évidemment : mais d’où vient le nom du groupe? D’une nouvelle de Maupassant… Rien à voir, donc, avec le patronyme de ses cinq membres (ou si peu…)

Considérant ensuite le fait que les principaux membres du groupe, outre le fait de s’appeler Tellier, arborent des barbes assez fournies, vient une seconde question toute aussi évidente : mais pourquoi donc Sébastien Tellier ne fait-il pas partie du groupe?

En attendant cet improbable ralliement, La Maison Tellier a sorti quatre albums en une dizaine d’années d’activité. Sur un Volcan, extrait de leur dernier album Beauté pour tous, ne brille certes pas par la complexité de sa progression harmonique. La grille d’accords sur laquelle repose l’intégralité de la chanson tient en effet en 4 secondes chrono : 2 secondes de Do mineur, 2 secondes de Mi bémol majeur et on recommence. Cela contribue-t-il à rendre Sur un Volcan aussi entêtante? Car une fois rentrée dans la tête, la chanson en sort difficilement. Et si le matériau de base est assez minimaliste (un ostinato à la guitare), le titre n’en est pas moins riche d’arrangements bien construits accompagnant un texte bien écrit, faisant de l’ensemble une réussite : au final, une chanson attachante, voire addictive.

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Saycet – Volcano

Il est parfois des secrets bien gardés : Saycet est un musicien électro parisien dont la notoriété n’est définitivement pas à la hauteur du talent. Souvent comparé par le passé à Boards of Canada pour la musique contemplative qu’il (auto-)produit, Saycet est de ceux qui, à l’instar de l’un peu moins confidentiel Chapelier Fou, peuvent faire apprécier la musique électronique à ceux qui croient qu’elle se résume à des poum-tchak-poum-tchak pour dancefloor : non, il existe de nombreuses formes d’électro, et certaines n’ont rien à envier à d’autres styles musicaux en terme de finesse et d’émotion. Ce nouvel EP, annonçant un (troisième) album pour l’année prochaine, en est l’exemple. A l’écoute des trois titres qui constituent l’EP, on attend l’album avec hâte.

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Sun Kil Moon – Carissa (album: Benji)

En cette année qui touche bientôt à sa fin, il m’avait échappé que Sun Kil Moon avait sorti un album. Il est encore temps de réparer cette omission. Si Mark Kozelek, l’éminence grise de Sun Kil Moon (et précédemment des trop méconnus Red House Painters, dont j’ai déjà parlé ici), ne se réinvente pas à chaque album, sa belle voix posée, son jeu de guitare en picking et ses ballades folk délicieusement mélancoliques continuent de faire des merveilles. Fans de Bon Iver, réjouissez-vous : il existe un gars qui fait le même genre de musique et qui a une quinzaine d’albums à son actif. Pour citer l’intéressé : « quand on me compare à Bon Iver, je ne peux pas m’empêcher de penser que je faisais déjà ça quand il était en CE2 ». Sur ce nouvel album, intitulé « Benji », la voix se fait un peu plus rocailleuse qu’elle n’a été par le passé, mais l’émotion est toujours intacte.

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Si vous aimez, et que vous en voulez plus, je ne saurais trop vous recommander l’écoute d’Ocean Beach, des Red House Painters, qui est probablement le meilleur album signé Mark Kozelek.

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Alain Bashung – Je me dore (album: l’Imprudence)

Bon point orPour faire suite à l’article sur Zend Avesta dans lequel cet album était cité, voici un extrait de l’Imprudence d’Alain Bashung, album paru juste après le multi-récompensé Fantaisie militaire, et qui lui est de mon humble avis encore supérieur, ou à tout le moins plus audacieux. C’est l’album qui clôt la collaboration avec le parolier Jean Fauque, collaboration qui correspond, toujours à mon humble avis, à l’apogée de la carrière du chanteur : Jean Fauque est le co-auteur de la plupart des chansons d’Osez Joséphine, Chatterton, Fantaisie militaire, et l’Imprudence.

Difficile d’en choisir une chanson tant la première moitié de l’Imprudence enchaîne les titres de haut vol. Ce sera finalement Je me dore.

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Zend Avesta (Arnaud Rebotini) – One of these days

Bon point argentGodforsaken roads, second album du groupe Black Strobe, est sorti le 6 octobre. Black Strobe est un groupe au style hybride, qu’on pourrait qualifier d’électro-blues, et que je goûte avec modération. Disons que n’ayant pas du tout aimé leur premier album, j’ai néanmoins été agréablement surpris par le second qui, aussi intéressant qu’il soit dans sa manière de croiser les styles, ne reste pas forcément ma tasse de thé. Et si ce n’est pas du thé, mieux vaut consommer avec modération, nous dit le Ministère de la Santé. Alors pourquoi en parler? Car derrière Black Strobe se cache Arnaud Rebotini, et que cette actualité est un bon prétexte pour évoquer ce grand bonhomme (au sens propre comme au figuré) à la curiosité musicale insatiable. Outre Black Strobe, Arnaud Rebotini officie en son nom propre, sous lequel il livre d’intéressants morceaux électro enregistrés grâce à sa collection de synthés vinage, ainsi que sous le nom de Zend Avesta, pseudonyme sous lequel il a commis en 2000 un magistral (et malheureusement unique) album qui lui vaut mon estime éternelle : Organique.

Classé dans le rayon « musiques électroniques », Organique, comme son nom l’indique, n’est pourtant que très peu synthétique : pas d’ordinateur, beaucoup d’instruments classiques… C’est surtout un album très audacieux, à la frontière entre pop et musique contemporaine (John Adams, Steve Reich, Karlheinz Stockausen), et on ne voit guère que l’immense et regretté Alain Bashung, avec son album L’imprudence, pour avoir réalisé un tel mélange avec autant d’ambition et de réussite. Autre point commun entre ces deux albums : Bashung justement, qui apparait également sur Organique, posant sa voix sur le titre Mortel battement / Nocturne.

Il semble que la réalisation d’Organique ait été rendue très compliquée par le décalage entre l’ambition du projet et son budget, ce qui peut expliquer que l’expérience Zend Avesta en soit malheureusement restée là, interrompue à la faveur d’un retour aux musiques plus synthétiques (ou mâtinées de rock chez Black Strobe). Dans l’actualité musicale d’Arnaud Rebotini figure néanmoins la BO du film Eastern Boys, dans laquelle quelques titres renouent avec le style Zend Avesta : faut-il y voir une raison d’espérer? Arnaud, si tu nous lis…

En attendant ce très hypothétique retour du plus talentueux des alter-egos d’Arnaud Rebotini, écoutons One of these days, chanson extraite d’Organique sur laquelle l’ex-chanteuse de Gus Gus, Hafdis Huld, vient poser sa voix douce sur des arrangements qui ne sont pas sans rappeler des pièces de Steve Reich telles que Eight lines.

 

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The dedicated nothing – Lolita (album: Dawn to dusk)

Certes ils sont basés à Biarritz et posent avec leur surf sous le bras, mais ne vous attendez pas à entendre les Beach Boys lorsqu’ils posent leurs planches pour empoigner leurs instruments de musique. Ici pas d’harmonies vocales sirupeuses mais un rock brut et dépouillé. Brut notamment au niveau de la production : les Dedicated Nothing ont fait le choix d’un son très sec, sans effets (si ce n’est la distorsion des guitares) ni fioritures. Lorsqu’ils sont entrés en studio, la reverb est restée au vestiaire avec les combinaisons de surf… Et dépouillé car leur musique ne s’encombre pas d’arrangements alambiqués : ils s’en tiennent à la sacro-sainte trinité du rock guitare-basse-batterie, sans surcharger l’espace sonore. Tout cela ne veut pas dire basique ou simpliste pour autant: si les Dedicated Nothing vont à l’essentiel et n’abusent ni de notes ni d’effets, ils les choisissent bien, et le résultat n’en est pas moins efficace. On déplorera seulement que l’inspiration du groupe se limite parfois à une seule bonne idée sur certains titres, avec un refrain pas à la hauteur du couplet prometteur qui le précédait (« Lolita », « Stand with me ») ou avec une chanson reposant entièrement sur un motif harmonique unique -mais néanmoins bien trouvé, ne faisons pas la fine bouche- (« Running away », « Dawn to dusk »)

Alors bien sûr, à l’écoute de ce premier album, on n’aura pas l’impression d’entendre quelque chose de radicalement nouveau. D’aucuns diront que les Dedicated Nothing auront plus fait avancer la médecine que la musique en apportant la preuve que « l’effet Placebo » existe, tant il est vrai que l’influence de la formation de Brian Molko est forte sur certains titres (il suffit d’écouter « Hopes » pour s’en convaincre), mais la comparaison n’a rien d’une insulte et « Dawn to Dusk » est un album homogène et accrocheur qui s’écoute avec plaisir.

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My brightest diamond – This is my hand / Looking at the sun

Le nouvel album de My Brightest Diamond est certainement une des perles de cette rentrée. L’américaine, seule et unique membre du « groupe », s’était imaginée au moment de la génèse de cet album s’adjoindre les services d’une fanfare pour ses prochains concerts, ce qui ne présageait rien de bon (en tout cas pour quelqu’un d’aussi peu féru de cuivres que moi). Au final, This is my hand a effectivement recours entre autres à des cuivres, mais utilisés à bon escient et avec suffisamment de retenue dans le dosage… L’album mélange sonorités acoustiques et électroniques de belle manière, le tout au service de la toujours soyeuse voix de Shara Worden, dont cette cinquième livraison ne déçoit pas.

Puisque c’est le principe de ce blog, nous arrivons au moment critique du titre à écouter. N’ayant pas réussi à choisir entre deux extraits assez différents mais tout aussi intéressants de ce nouveau disque, vous en aurez exceptionnellement deux pour le prix d’un: oui, vous avez bien entendu, approchez mesdames messieurs, c’est cadeau…

Tout d’abord, This is my hand, titre qui donne son nom à l’album et premier single:

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Et maintenant, voici Looking at the sun:

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Plaid – OH (album: Reachy prints)

Le duo britannique Plaid est un des précurseurs de la musique électronique. Hébergé par le label Warp, probablement le plus prestigieux et intéressant de la musique électronique dite « intelligente », et qui possède d’autres artistes phares de ce style tels qu’Aphex Twin ou Boards of Canada, Plaid a toujours délivré une musique qui lui est propre et dont on reconnait les sonorités et les constructions dès les première secondes. S’ils innovent moins qu’à leur début, leur dernier album en date recèle quelques bons titres, à l’image de ce OH qui ouvre en beauté leur nouvelle livraison Reachy Prints.

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Adult jazz – Pigeon skulls (album: Gist is)

Bonnes Notes fait sa rentrée avec un premier album longuement muri par un jeune quatuor issu de l’université de Leeds. Précisons tout d’abord que comme son nom ne l’indique pas Adult Jazz n’est pas un groupe de jazz, mais délivre une pop aérienne qui lorgne plutôt du côté d’Alt-J (qui signent également leur retour ces jours-ci), voire même vers la fin de carrière plutôt méconnue mais passionnante de Talk-Talk (après avoir délaissé les synthés pop et tubesques de Such a shame)

Bien que jeunes, les membres d’Adult Jazz travaillent sur cet album depuis des années, album qu’ils ont entièrement conçu et réalisé par eux-mêmes, en parallèle de leur vie d’étudiants puis de professeurs des écoles. Une voix haut perchée et des morceaux longs, à la fois dépouillés et élaborés, est la recette de base du groupe, comme l’illustre cet extrait.

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Page Bandcamp du groupe

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Fakear – La lune rousse (EP: Sauvage)

En écho au Angel Echoes de Four Tet et à ses collages de voix féminines, qui faisaient l’objet de l’article précédent, voici La lune rousse, titre reposant lui aussi sur un montage vocal lancinant.

Ce morceau est l’oeuvre de Fakear : remarqué aux Transmusicales 2013, et figurant au palmarès du prix ADAMI Deezer 2014, le jeune caennais est une des sensations françaises de l’année dans le petit monde de la musique électronique. Pas encore d’album au compteur, mais trois EPs remarqués dont le dernier en date, Sauvage, s’ouvre sur ce titre.

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Four Tet – Angel Echoes (Album: There is love in you)

Dans la continuité de l’article précédent, qui faisait mention de Four Tet aux manettes du nouvel album solo de Neneh Cherry, retrouvons celui-ci œuvrant cette fois pour son propre compte. Four Tet, de son vrai nom Kieran Hebden, est un producteur anglais de musique électronique qui officie depuis une quinzaine d’années dans un style assez posé, s’appuyant sur des samples hip-hop, jazz, voire folk (certains de ses titres peuvent être rattachés au courant folktronica)

Angel Echoes est le morceau introductif de son album There is love in you paru en 2010. Construit autour d’un collage de voix féminines joué en boucle, ce titre dégage une atmosphère qui lui donne une identité forte et l’envie de l’écouter… en boucle.

Note: la quasi-intégralité de la discographie de Four Tet ayant récemment disparu de Deezer, et la version originale du morceau (de nombreux remixes existent) semblant illisible sur Grooveshark, nous aurons donc reours à Youtube pour écouter ce titre (en espérant que leur conflit en cours avec certains labels indépendants ne le fera pas disparaître sous peu de la plateforme de vidéo en ligne)

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Neneh Cherry – 422 (Album: Blank Project)

Le nom de Neneh Cherry renvoie immanquablement aux années 90 : c’est en effet à cette époque qu’elle signe quelques tubes planétaires, dont le fameux 7 seconds en duo avec Youssou N’Dour, avant de disparaître du paysage musical. Depuis, la chanteuse suédoise s’était faite discrète.

Pour son retour en solo vingt ans après ses années de gloire, Neneh Cherry, dont on ne contestera pas les goûts en matière de musique électronique (elle et son mari contribuèrent fortement au lancement de Massive Attack), a eu la pertinente idée de confier la production de son album à Kieran Hebden, alias Four Tet, pseudonyme sous lequel le musicien britannique officie depuis une quinzaine d’année.

Entre la toujours belle et chaude voix de Neneh Cherry et les arrangements plus froids qu’à son habitude élaborés par Four Tet, une intéressante alchimie se produit. Avec sa musique moins martiale que le reste de l’album, le titre 422 n’en est probablement pas l’exemple le plus représentatif, mais il n’en est pas moins une réussite.

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Steve Reich – Piano phase

Piano phase est une œuvre emblématique de la musique contemporaine minimaliste. Composée en 1967, elle fait partie des premières pièces de Steve Reich reposant sur le principe du phasing élaboré par le compositeur américain. Le concept est de composer une œuvre à partir d’un matériau de base minimal, à savoir un court motif de quelques notes répété simultanément par deux instruments. En faisant varier le décalage temporel entre les deux instruments (ceux-ci jouent le motif à l’unison, décalé d’une double croche, puis de deux, et ainsi de suite), Reich découvre que la superposition de ces mélodies jouées en décalé permet de faire émerger de nouvelles mélodies. Ces œuvres de jeunesse de Steve Reich sont assez expérimentales, mais très intéressantes conceptuellement (pour des informations plus détaillées sur la structure de la pièce, se reporter à la page Wikipedia, très documentée). Elles sont également assez difficiles à exécuter, car les deux instrumentistes doivent se décaler progressivement l’un par rapport à l’autre, en jouant à un tempo très légèrement différent. En 2004, en présence de Steve Reich, un pianiste nommé Rob Kovacs interprète pour la première fois Piano Phase seul, en jouant d’un piano de la main gauche et de l’autre de la main droite, ce qui constitue en soi une performance : s’il n’est déjà pas simple pour deux pianistes de jouer simultanément à un tempo très légèrement différent, il l’est encore moins pour les deux mains d’un pianiste…

Note: pour être plus précis sur le mécanisme du phasing : après un départ à l’unison, le deuxième pianiste (ou la deuxième main du pianiste…) va accélérer le motif de départ jusqu’à prendre une double croche d’avance sur le premier, rester un moment au même rythme que le premier pianiste, puis accélérer de nouveau jusqu’à prendre une nouvelle double croche d’avance, et ainsi de suite jusqu’à arriver à un décalage du motif complet, donc à revenir à l’unison. Les phases d’accélération sont un peu fouillis, mais de chaque phase décalée stable émane un nouveau motif mélodique qui semble différent des précédents, alors qu’il est en fait composé de la superposition du même motif de base. C’est la magie de cette pièce.

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Slim – Water

Dans les années 90, naquit et mourut un label anglais de musique électronique/ambient, nommé em:t. Créé en 1994 comme une division du label orienté house t:me Recordings, il disparut en 1998 suite à la faillite de sa maison mère. Pendant sa courte existence, ce label se fit remarquer par son style typique aussi bien au niveau musical que visuel. Les pochettes d’album étaient notamment reconnaissables grâce à la nomenclature adoptée par le label : en haut à droite figurait le nom de l’artiste suivi du « titre » de l’album, ce dernier consistant en un nombre à quatre chiffres qui indiquait que le disque était la nième parution de telle année. L’unique album de Slim, dont nous écouterons le titre Water, longue plage envoûtante de plus de 10 minutes, fut par exemple le premier opus sorti par le label en 1997 : Slim

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S. Carey – In the dirt

Percussionniste et pianiste de Bon Iver, Sean Carey vient de sortir son second album, intitulé Range of light. Si ce deuxième disque n’a pas à rougir de la comparaison avec son premier opus All we grow (2010), c’est un titre de ce dernier (c’est-à-dire du premier, vous suivez toujours?) que nous lui préférerons.

Les fans de Sufjan Stevens ou de Patrick Watson devraient apprécier ce pop-folk ample et aérien…

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Frànçois & the Atlas Mountains – Piano Ombre (critique album)

Il y a quelques semaines de cela, on a pu voir côte à côte dans le rayon culture/musique du marchand de journaux : les Inrocks faisant leur couv sur Frànçois & the Atlas Mountains, Tsugi faisant sa couv sur Frànçois & the Atlas Mountains, et Magic citant Frànçois & the Atlas Mountains en bonne place sur sa couverture.

Mais, me suis-je dit, qu’ont-ils donc tous avec Frànçois & the Atlas Mountains, qui avaient déjà agité la critique en 2011 à la sortie de leur précédent album de pop principalement anglophone, disque honorable mais qui, de mon point de vue, ne cassait pas non plus trois pattes à un canard (et dans lequel l’influence de Dominique A se faisait sentir malgré l’usage de la langue anglaise sur la plupart des titres).

Après écoute de leur nouvelle production, Piano Ombre, force est de constater que les canards feraient désormais mieux de se méfier : Frànçois et ses acolytes ont franchi un cap. Ce nouvel album, le deuxième à paraître sur le label anglais Domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys…) et qui marque un retour en force des textes en français, est une réussite : écriture soignée, arrangements pop créatifs…

On retiendra en particulier le titre introductif Bois, l’entraînant La vérité (premier single de l’album), et le plus mélancolique titre éponyme Piano ombre, que nous allons écouter de ce pas.

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Note : Frànçois & the Atlas Mountains seront en concert à Rennes à l’Antipode le 18 avril.

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