Best of : les meilleures notes de Depeche Mode

Entamée il y a 35 ans, la discographie de Depeche Mode est assez étoffée (13 albums studio, quelques singles isolés, des lives, bon nombre de remixes…) Avec 35 titres, un par année de carrière, ce qui est une totale coïncidence, ce Best of l’est donc forcément aussi. Il vise à retracer chronologiquement les meilleurs titres du groupe au fil de son histoire, sans souci d’équilibrer la répartition des titres entre les différents albums ni de se restreindre à un nombre total de titres prédéterminé.

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Le premier album de Depeche Mode, Speak and Spell, dans lequel figure leur premier tube international Just can’t get enough, sort fin 1981. Composé par Vince Clark, qui quittera le groupe peu après pour créer les éphémères Yazoo et The Assembly avant de fonder le pérenne Erasure, Speak and Spell a plutôt mal vieilli et sonne souvent très naïf, comme c’est assez souvent le cas de la musique électronique de cette époque (le Don’t go de Yazoo s’en sort d’ailleurs probablement un peu mieux). Just can’t get enough est un morceau léger au texte gnangnan qui ne doit sa présence dans ce Best of qu’au fait d’avoir été le titre qui a révélé Depeche Mode sur la scène internationale (et pour permettre à Speak and Spell de ne pas être totalement absent de cette sélection)

  • 01 – Just can’t get enough

C’est lorsque Martin Gore prend les manettes de la composition, sur le deuxième album A broken frame, que ce qui deviendra l’identité musicale du groupe commence, timidement, à émerger. Gore marche alors encore un peu dans les pas de Clarke et n’a pas encore pleinement trouvé son style. Album de transition, il comporte peu de titres inoubliables et vaut surtout pour la présence de Leave in silence.

  • 02 – Leave in Silence

Après la sortie de A broken frame, le groupe lance Get the balance right, un single qui ne figurera dans aucun album (si ce n’est une compilation de singles), mais dont la version longue est considérée par certains comme une source d’inspiration majeure de la scène techno qui prit naissance à Detroit au milieu des années 80. Et avec le recul, l’écoute de ce maxi est effectivement un peu troublante, révélant des éléments de ce qui rappellent étrangement ce que sera ce courant musical quelques années plus tard.

  • 03 – Get the balance right

Recruté pour remplacer Vince Clark, Alan Wilder commence à être impliqué dans le processus créatif lors du troisième album Construction time again. C’est à ce moment que, sous son impulsion, l’utilisation des samplers et de sonorités issues de la musique industrielle apparait dans la musique du groupe. Comme son prédécesseur, l’album est assez inégal. On en retiendra principalement le superbe single Everything counts, qui prend une ampleur supplémentaire dans sa version live (figurant sur l’album 101 paru en 1989)

  • 04 – Everything counts (live)

Cette tendance est clairement confirmée dans l’album suivant, Some great reward, qui marque le passage à la vitesse supérieure du groupe. Des titres comme People are people et Master and servant connaissent un fort succès malgré leur sonorité très particulière, et installent Depeche Mode dans la cour des grands de la new wave. L’album comporte également nombre d’autres titres intéressant, dans des registres parfois différents tels que le piano-voix Somebody, interprété par Martin Gore (on n’est jamais mieux servi que par soi-même), qui confirme le talent de songwriter de ce dernier (ainsi qu’une très belle voix, sous-utilisée dans la mesure où le groupe a déjà son chanteur titulaire en la personne de Dave Gahan). Combiné à l’univers sonore élaboré par Alan Wilder, le groupe a trouvé sa formule : Depeche Mode arrive à son apogée et va le rester pendant les quelques albums suivants.

  • 05 – Lie to me
  • 06 – People are people
  • 07 – Somebody (live)
  • 08 – Master and servant
  • 09 – Blasphemous rumours

Après A great reward, Depeche Mode sort un nouveau single hors album qui est également de très bonne facture : Shake the disease.

  • 10 – Shake the disease

Suit Black Celebration, concentré de titres plus réussis les uns que les autres, dans un registre peut-être plus mélodique que l’album précédent, même si le groupe conserve sa signature sonore. La voix de Martin Gore, très complémentaire de celle de David Gahan, y trouve une plus large place, puisqu’il interprète trois titres, dont le single A question of lust, et de nombreux choeurs. En live, Martin Gore délivre une très belle version piano-voix de la chanson But not tonight, originellement chantée par Dave Gahan sur des arrangements électroniques, prouvant une fois de plus que derrière l’enrobage sonore élaboré des chansons de Depeche Mode se trouve une réelle musicalité.

  • 11 – Black celebration
  • 12 – A question of lust
  • 13 – Stripped
  • 14 – Here is the house
  • 15 – World full of nothing
  • 16 – But not tonight (live)

L’album suivant, Music for the masses, comporte également une grosse fournée de très bonnes chansons, dont un des singles emblématiques du groupe : Never let me down again.

  • 17 – Never let me down again
  • 18 – Strangelove
  • 19 – Little 15
  • 20 – Behind the wheel

Assez unanimement considéré comme leur meilleur album, Violator parait en 1990. Si le groupe commence à opérer un virage stylistique (les sonorités industrielles se font plus discrètes), il n’y a pas grand chose à jeter dans cet opus au sein duquel figure leur plus grand succès Enjoy the silence, mais aussi nombre d’autres excellents titres.

  • 21 – World in my eyes
  • 22 – Personal Jesus
  • 23 – Halo
  • 24 – Waiting for the night
  • 25 – Enjoy the silence
  • 26 – Policy of truth

L’album suivant, très attendu et intitulé Songs of faith and devotion, sort trois ans plus tard. Il marque le début d’une présence beaucoup plus forte de la guitare électrique dans l’instrumentation du groupe : le récent avènement du grunge est passé par là, sans oublier que c’est l’instrument premier de Martin Gore, qui considère Depeche Mode comme « un groupe de blues joué avec des synthétiseurs ». S’il est plus inégal que Violator, il contient néanmoins quelques réussites telles que Walking in my shoes. Cependant, il marque aussi le début de la fin de la période dorée pour Depeche Mode. En effet, pendant l’épuisante tournée qui suit la sortie du disque, le chanteur David Gahan connaît de sérieux problèmes de drogue qui créent de graves tensions au sein du groupe. S’ensuivent une tentative de suicide puis une overdose d’héroïne qui le conduisent à plusieurs reprises en cure de désintoxication. C’est également à cette période qu’Alan Wilder claque la porte, emportant avec lui toute son expertise dans le travail sur le son.

  • 27 – Walking in my shoes
  • 28 – In your room

Désormais sevré, Dave Gahan et les deux autres membres restants du groupe, à savoir l’auteur/compositeur Martin Gore et le discret Andrew Fletcher, reprennent le chemin des studios. Il en sort Ultra, un album où la présence de la guitare continue de s’affirmer au milieu des sons synthétiques. On en retiendra principalement Home, qui mélange élégamment sons synthétiques, guitare électrique et ensemble de cordes.

  • 29 – Home

Exciter suivra quelques années plus tard. Le son, de nouveau plus électronique, mais aussi plus chirurgical et minimaliste, est confié à Mark Bell (décédé depuis), membre de LFO (duo précurseur de la techno) et proche collaborateur de Björk. Avec la maturité, Dave Gahan explore également de nouvelles facettes de sa voix. Il ne force plus son côté métallique comme il a pu le faire pendant la période plus « industrielle » du groupe. Il a acquis une belle maîtrise de son chant, et ose la douceur.

  • 30 – Dream on
  • 31 – Comatose

Playing the angel sort en 2005 et marque le retour en force de la guitare électrique, plus dans la lignée d’Ultra que d’Exciter.

  • 32 – Precious
  • 33 – Damaged people

Quatre ans plus tard, Sounds of the universe lui fait suite. Le single martial Wrong est très efficace, sorte d’héritage des Master and servant ou Never let me down again, mais le reste de l’album manque de titres forts.

  • 34 – Wrong

Enfin, Delta Machine renoue un peu avec le style de l’époque du succès de Songs of faith and devotion, dans une version actualisée. La production est réussie, mais les opinions sont partagées entre ceux qui crient au réchauffé et ceux qui célèbrent le retour en forme du désormais trio. Les fans appartenant à la deuxième catégorie se réjouiront d’un titre tel que Broken, dont l’atmosphère mélancolique n’est pas si éloignée d’un Walking in my shoes.

  • 35 – Broken

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PS : la simultanéité fortuite entre la rédaction de cette chronique et la disparition de Michel Delpech rappelle à notre bon souvenir les efforts méritoires du groupe Delpech Mode pour combiner les textes des chansons de Michel Delpech aux musiques de celles de Depeche Mode, nous gratifiant d’inoubliables titres tels que Enjoy le Loir et Cher, Master et chasseur ou encore Stangelorette. Mention spéciale à Just quand j’étais chanteur, dont le clip nous remémore les improbables accoutrements de Martin Gore de la fin des années 80 (période Some great reward / Black celebration plutôt que Speak and spell dont est issu Just can’t get enough, mais on leur pardonne l’anachronisme)

 

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Mercury Rev – The queen of swans (album: The light in you)

A ne pas trouver le temps d’écrire des chroniques documentées, ce blog a vu le délai entre chaque publication s’allonger significativement. Sa vocation initiale étant de faire découvrir/écouter de la musique sans forcément de disserter longuement à son sujet mieux vaut un article court que pas d’article du tout.

Cela faisait un moment (7 ans!) qu’on attendait des nouvelles de Mercury Rev. Les auteurs du magistral Deserter’s songs nous reviennent assez en forme avec un nouvel album intitulé The light in you, qui commence ainsi :

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Saycet – Mirages (acoustic version)

J’ai déjà parlé de Saycet, orfèvre de la musique électronique française injustement méconnu, à l’occasion d’un EP préludant à la sortie de son troisième album Mirages (même si on peut lui préférer son prédécesseur, Through the window, à écouter absolument). Vient de sortir un nouvel EP qui y fait suite, et qui inclut une version acoustique du titre éponyme du dernier album, l’occasion d’écouter la délicate musique du parisien dans un contexte différent de celui des machines.

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On trouve également sur le net une version live enregistrée sur un toit de Paris:

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Loup Barrow – The last journey

Loup Barrow fait un ciné-concert (film : « L’histoire sans fin ») vendredi 4 septembre à 21h30 à l’Antipode à Rennes… Bref, demain.

The last journey, dont on peut supposer qu’il ne le jouera pas demain, puisqu’il s’agit d’un ciné-concert, est un titre où il est accompagné du joueur de hang drum Manu Delago

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Sigur Ros – Glosoli (album: Takk)

En Bon point orIslande, la scène musicale de ce si petit pays (300 000 habitants) est aussi bouillonnante que ses geysers. Outre l’elfe électronique Björk, on y trouve également le groupe de post-rock Sigur Ros, dont la musique ne peut laisser insensible le jour où on la découvre. Ce que les non initiés à la voix céleste de Jonsi, le leader du groupe, vont donc avoir l’occasion de faire ici.

S’il fallait n’écouter qu’un de leurs albums, ce serait sans hésiter « Takk » (« Merci » en islandais), paru en 2005, dont voici un extrait. Mettez un casque, montez le son, et bon voyage…

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Smoke City – Underwater love

La grève à Radio France a du bon : la playlist musicale de France Info par exemple, qui se substitue aux émissions, me renvoie épisodiquement à ma propre discothèque, parfois au travers de groupes renommés tels que Portishead, parfois au travers de titres plus obscurs publiés dans les années 90 par des artistes ayant depuis longtemps disparus de la circulation, tels que le Underwater love de Smoke City, qui inaugurera donc une petite série Spéciale Grève à Radio France. Et rien que pour cela, on dit : « Merci, Mathieu Gallet ». Ca vaut bien un bureau en palissandre… (très beau bois, par ailleurs)

Smoke City est donc un groupe plutôt méconnu qui a signé deux albums d’un mélange de trip hop et de bossa nova avant de se séparer au début des années 2000 dans l’indifférence plus ou moins générale. Si le reste de l’album n’est pas forcément à la hauteur, le single Underwater love dispose d’une forte personnalité, d’un attrait particulier qui le rend diablement efficace et fait que presque vingt ans après sa sortie on le retrouve sur les ondes (perturbées) d’une radio de service public.

Et pour ne rien gâcher, le clip est signé Lynch*

*Bon, en l’occurrence il s’agit d’un certain John Lynch, pas de David, on en peut pas tout avoir…

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Björk – Stonemilker (album: Vulnicura)

Bon point argentOn avait adoré quand Björk avait sorti les violons pour nous parler de sa meilleure amie dans Joga (Homogenic – 1997)

On adore de nouveau lorsqu’elle les ressort pour nous parler de son amour perdu dans Stonemilker, premier titre de son nouvel album Vulnicura.

On aurait aussi adoré vous faire partager facilement cette magnifique chanson de cette artiste unique, malheureusement Björk ne nous facilite pas la tâche, à nous autres passeurs de musique : celle-ci a en effet refusé que son nouvel album figure sur les plateformes de streaming (ceci dit, il est vrai que la rémunération des artistes y est anecdotique), et si le titre bénéficie bien d’un clip, celui-ci est en 3D immersive est n’est visualisable qu’avec un casque Oculus Rift. Pas la peine de le chercher sur Youtube, donc, ni sur Vimeo où vous risquez d’atterrir sur un clip non-officiel (supposément de danse contemporaine, puisqu’un chorégraphe est cité dans les crédits) où un monsieur tout nu et filmé en noir et blanc se roule dans la boue et fait le poirier le zizi à l’air ce qui, disons-le tout de go, n’aide pas à se concentrer sur la beauté du chant de l’Islandaise(*)

Ne reste donc plus que Grooveshark (la plateforme de streaming qui se veut légale selon ses fondateurs, mais qui croule néanmoins sous les procès des majors) ou d’éphémères liens sur Youtube avec la pochette du disque en guise de clip.

Ecouter sur Grooveshark

Et si vous voulez la voir en concert, sachez que Björk fait deux dates en France cet été, dont la Route du Rock le 15 août à Saint Malo (l’autre concert, en juillet à Lyon est déjà complet)

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(*)Allez, pour ceux qui veulent rigoler un coup, je vous mets le lien, mais je vous en conjure, si vous vous en servez pour écouter la chanson, éteignez votre écran.