Sigur Ros – Glosoli (album: Takk)

En Bon point orIslande, la scène musicale de ce si petit pays (300 000 habitants) est aussi bouillonnante que ses geysers. Outre l’elfe électronique Björk, on y trouve également le groupe de post-rock Sigur Ros, dont la musique ne peut laisser insensible le jour où on la découvre. Ce que les non initiés à la voix céleste de Jonsi, le leader du groupe, vont donc avoir l’occasion de faire ici.

S’il fallait n’écouter qu’un de leurs albums, ce serait sans hésiter « Takk » (« Merci » en islandais), paru en 2005, dont voici un extrait. Mettez un casque, montez le son, et bon voyage…

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Smoke City – Underwater love

La grève à Radio France a du bon : la playlist musicale de France Info par exemple, qui se substitue aux émissions, me renvoie épisodiquement à ma propre discothèque, parfois au travers de groupes renommés tels que Portishead, parfois au travers de titres plus obscurs publiés dans les années 90 par des artistes ayant depuis longtemps disparus de la circulation, tels que le Underwater love de Smoke City, qui inaugurera donc une petite série Spéciale Grève à Radio France. Et rien que pour cela, on dit : « Merci, Mathieu Gallet ». Ca vaut bien un bureau en palissandre… (très beau bois, par ailleurs)

Smoke City est donc un groupe plutôt méconnu qui a signé deux albums d’un mélange de trip hop et de bossa nova avant de se séparer au début des années 2000 dans l’indifférence plus ou moins générale. Si le reste de l’album n’est pas forcément à la hauteur, le single Underwater love dispose d’une forte personnalité, d’un attrait particulier qui le rend diablement efficace et fait que presque vingt ans après sa sortie on le retrouve sur les ondes (perturbées) d’une radio de service public.

Et pour ne rien gâcher, le clip est signé Lynch*

*Bon, en l’occurrence il s’agit d’un certain John Lynch, pas de David, on en peut pas tout avoir…

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Björk – Stonemilker (album: Vulnicura)

Bon point argentOn avait adoré quand Björk avait sorti les violons pour nous parler de sa meilleure amie dans Joga (Homogenic – 1997)

On adore de nouveau lorsqu’elle les ressort pour nous parler de son amour perdu dans Stonemilker, premier titre de son nouvel album Vulnicura.

On aurait aussi adoré vous faire partager facilement cette magnifique chanson de cette artiste unique, malheureusement Björk ne nous facilite pas la tâche, à nous autres passeurs de musique : celle-ci a en effet refusé que son nouvel album figure sur les plateformes de streaming (ceci dit, il est vrai que la rémunération des artistes y est anecdotique), et si le titre bénéficie bien d’un clip, celui-ci est en 3D immersive est n’est visualisable qu’avec un casque Oculus Rift. Pas la peine de le chercher sur Youtube, donc, ni sur Vimeo où vous risquez d’atterrir sur un clip non-officiel (supposément de danse contemporaine, puisqu’un chorégraphe est cité dans les crédits) où un monsieur tout nu et filmé en noir et blanc se roule dans la boue et fait le poirier le zizi à l’air ce qui, disons-le tout de go, n’aide pas à se concentrer sur la beauté du chant de l’Islandaise(*)

Ne reste donc plus que Grooveshark (la plateforme de streaming qui se veut légale selon ses fondateurs, mais qui croule néanmoins sous les procès des majors) ou d’éphémères liens sur Youtube avec la pochette du disque en guise de clip.

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Et si vous voulez la voir en concert, sachez que Björk fait deux dates en France cet été, dont la Route du Rock le 15 août à Saint Malo (l’autre concert, en juillet à Lyon est déjà complet)

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(*)Allez, pour ceux qui veulent rigoler un coup, je vous mets le lien, mais je vous en conjure, si vous vous en servez pour écouter la chanson, éteignez votre écran.

Limousine – La Gaviota

On ne peut pas dire que Limousine soit célébrissime… Ni ce Limousine-là (français), ni les autres d’ailleurs, car plusieurs groupes partagent ce nom. Trois albums (instrumentaux) au compteur, en 2006, 2012 et 2014. Pour le reste, ne les connaissant moi-même pas très bien, j’assume le panaché de copier-coller ci-dessous en provenance des Inrocks et de Magic:

Deux ans avant que Poni Hoax ne devienne le meilleur groupe de rock de l’Hexagone (NDLR: c’est l’avis de Magic, qui a la fâcheuse de dégoter deux ou trois meilleurs groupes de la décennie par numéro…), le compositeur, saxophoniste et multi-instrumentiste Laurent Bardainne avait fondé Limousine en compagnie de Maxime Delpierre (guitare) et David Aknin (batterie) – issus comme lui-même d’une scène jazz trop étriquée pour leurs envies respectives de diversité et de légèreté. Interprétées avec toute la retenue et la classe d’instrumentistes chevronnés fonctionnant en symbiose, la seule chose qui soit “jazz” au sujet des neuf pièces qui composent ce magnifique deuxième album est la superbe et chaleureuse mise en son, qui produit exactement la même impression de feutré et de proximité que généraient les enregistrements du tandem Gil Evans/Miles Davis.

Non, ici tout est cinématique, volontairement, ouvertement. Passée l’agréable sensation de la première écoute, le temps de faire un clin d’œil à Brian Eno et Air réunis (Cosmos), les suivantes suggèrent qu’ il n’est pas impossible que II soit aussi un “album-devinette”, imaginé pour titiller les sens du mélomane cinéphile.

Cette musique de peu de notes se révèle hautement suggestive, d’une perversité que n’affichent pas son élégance, sa joliesse. Répétitive comme une idée noire qui tournerait dans une nuit blanche, elle dessine à force de boucles une fresque, un dédale dont la profondeur de champ vire parfois au vertige – impression d’un Sergio Leone mis en son par Godspeed You! Black Emperor. Pop-music laconique, où il faut fermer les yeux pour relier les points épars par des traits flous et colorés. Fascinant.

Fin du plagiat, place à l’écoute du premier titre du deuxième album de Limousine, sobrement (comme leur musique) intitulé « II ».

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The Cinematic Orchestra – To build a home (album: Ma fleur)

Bon point argentOn ne sait pas trop comment ça leur a pris, aux gens de la production d’une émission de télé crochet animée par Benjamin Castaldi sur D8 (la Nouvelle Star, pour ne pas la nommer)… On se demande encore par quels méandres de leurs connexions neuronales leur est venue l’idée, après avoir programmé du Michael Jackson, du Francis Cabrel et du Vanessa Paradis plus tôt dans l’émission, d’envoyer une candidate sur la piste interpréter le bouleversant To build a home de The Cinematic Orchestra (dont la version originale est portée par la voix androgyne de Patrick Watson)

Candidate qui s’en est fort bien sortie au demeurant, délivrant aux ados de la ménagère de moins de 50 ans ce petit moment de grâce.

Pour la version d’origine, ça se passe ici :


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The Notwist – Kong (critique album: Close to the glass)

Force est de reconnaître que cet album est passé hors de la couverture radar de Bonnes Notes lorsqu’il est sorti en 2014. Non que je n’aie jamais entendu parler de ce groupe allemand un peu confidentiel mais réputé qui œuvre depuis 25 ans dans des registres musicaux assez différents… En réalité, c’est peut-être justement l’hétérogénéité de leur répertoire qui m’avait tenu éloigné d’eux, n’ayant été précédemment confronté qu’à des albums hors du spectre de mes goûts (le groupe a commencé en faisant du metal/punk…), et ce à mon étonnement : en effet, une partie des membres de The Notwist a des activités musicales parallèles et participent à d’autres formations pop/electronica dont j’apprécie beaucoup le travail telles que Lali Puna, Ms John Soda ou encore Console (qui a participé à l’album Vespertine de Björk).

Même si Close to the glass n’est pas exempt de tout reproche, l’album comporte un certain nombre de titres très réussis, tels que la mélancolique ballade Casino à la guitare sèche, les électroniques Run run run et Lineri, ou encore le clin d’œil shoegaze à My Bloody Valentine 7-Hour-Drive. Histoire pour une fois de choisir un titre un peu plus « catchy », c’est finalement le single Kong, qui lorgne un peu vers un genre de britpop psychédélique, que j’ai finalement choisi pour illustrer cet article et cet album. Comme quoi, même au sein d’un seul album, les Notwist explorent une large palette sonore… Tout en sachant rester cohérents.

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Camelia Jordana – Retrograde

Je n’apprécie pas forcément plus que cela le style musical de certaines chansons du répertoire de Camelia Jordana, mais force est de reconnaître que la jeune femme a une voix incroyable. Alors quand elle reprend ce qui est probablement mon titre préféré de James Blake, cela donne cette petite merveille :

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Zend Avesta (Arnaud Rebotini) – One of these days

Bon point argentGodforsaken roads, second album du groupe Black Strobe, est sorti le 6 octobre. Black Strobe est un groupe au style hybride, qu’on pourrait qualifier d’électro-blues, et que je goûte avec modération. Disons que n’ayant pas du tout aimé leur premier album, j’ai néanmoins été agréablement surpris par le second qui, aussi intéressant qu’il soit dans sa manière de croiser les styles, ne reste pas forcément ma tasse de thé. Et si ce n’est pas du thé, mieux vaut consommer avec modération, nous dit le Ministère de la Santé. Alors pourquoi en parler? Car derrière Black Strobe se cache Arnaud Rebotini, et que cette actualité est un bon prétexte pour évoquer ce grand bonhomme (au sens propre comme au figuré) à la curiosité musicale insatiable. Outre Black Strobe, Arnaud Rebotini officie en son nom propre, sous lequel il livre d’intéressants morceaux électro enregistrés grâce à sa collection de synthés vinage, ainsi que sous le nom de Zend Avesta, pseudonyme sous lequel il a commis en 2000 un magistral (et malheureusement unique) album qui lui vaut mon estime éternelle : Organique.

Classé dans le rayon « musiques électroniques », Organique, comme son nom l’indique, n’est pourtant que très peu synthétique : pas d’ordinateur, beaucoup d’instruments classiques… C’est surtout un album très audacieux, à la frontière entre pop et musique contemporaine (John Adams, Steve Reich, Karlheinz Stockausen), et on ne voit guère que l’immense et regretté Alain Bashung, avec son album L’imprudence, pour avoir réalisé un tel mélange avec autant d’ambition et de réussite. Autre point commun entre ces deux albums : Bashung justement, qui apparait également sur Organique, posant sa voix sur le titre Mortel battement / Nocturne.

Il semble que la réalisation d’Organique ait été rendue très compliquée par le décalage entre l’ambition du projet et son budget, ce qui peut expliquer que l’expérience Zend Avesta en soit malheureusement restée là, interrompue à la faveur d’un retour aux musiques plus synthétiques (ou mâtinées de rock chez Black Strobe). Dans l’actualité musicale d’Arnaud Rebotini figure néanmoins la BO du film Eastern Boys, dans laquelle quelques titres renouent avec le style Zend Avesta : faut-il y voir une raison d’espérer? Arnaud, si tu nous lis…

En attendant ce très hypothétique retour du plus talentueux des alter-egos d’Arnaud Rebotini, écoutons One of these days, chanson extraite d’Organique sur laquelle l’ex-chanteuse de Gus Gus, Hafdis Huld, vient poser sa voix douce sur des arrangements qui ne sont pas sans rappeler des pièces de Steve Reich telles que Eight lines.

 

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My brightest diamond – This is my hand / Looking at the sun

Le nouvel album de My Brightest Diamond est certainement une des perles de cette rentrée. L’américaine, seule et unique membre du « groupe », s’était imaginée au moment de la génèse de cet album s’adjoindre les services d’une fanfare pour ses prochains concerts, ce qui ne présageait rien de bon (en tout cas pour quelqu’un d’aussi peu féru de cuivres que moi). Au final, This is my hand a effectivement recours entre autres à des cuivres, mais utilisés à bon escient et avec suffisamment de retenue dans le dosage… L’album mélange sonorités acoustiques et électroniques de belle manière, le tout au service de la toujours soyeuse voix de Shara Worden, dont cette cinquième livraison ne déçoit pas.

Puisque c’est le principe de ce blog, nous arrivons au moment critique du titre à écouter. N’ayant pas réussi à choisir entre deux extraits assez différents mais tout aussi intéressants de ce nouveau disque, vous en aurez exceptionnellement deux pour le prix d’un: oui, vous avez bien entendu, approchez mesdames messieurs, c’est cadeau…

Tout d’abord, This is my hand, titre qui donne son nom à l’album et premier single:

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Et maintenant, voici Looking at the sun:

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Adult jazz – Pigeon skulls (album: Gist is)

Bonnes Notes fait sa rentrée avec un premier album longuement muri par un jeune quatuor issu de l’université de Leeds. Précisons tout d’abord que comme son nom ne l’indique pas Adult Jazz n’est pas un groupe de jazz, mais délivre une pop aérienne qui lorgne plutôt du côté d’Alt-J (qui signent également leur retour ces jours-ci), voire même vers la fin de carrière plutôt méconnue mais passionnante de Talk-Talk (après avoir délaissé les synthés pop et tubesques de Such a shame)

Bien que jeunes, les membres d’Adult Jazz travaillent sur cet album depuis des années, album qu’ils ont entièrement conçu et réalisé par eux-mêmes, en parallèle de leur vie d’étudiants puis de professeurs des écoles. Une voix haut perchée et des morceaux longs, à la fois dépouillés et élaborés, est la recette de base du groupe, comme l’illustre cet extrait.

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Page Bandcamp du groupe

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S. Carey – In the dirt

Percussionniste et pianiste de Bon Iver, Sean Carey vient de sortir son second album, intitulé Range of light. Si ce deuxième disque n’a pas à rougir de la comparaison avec son premier opus All we grow (2010), c’est un titre de ce dernier (c’est-à-dire du premier, vous suivez toujours?) que nous lui préférerons.

Les fans de Sufjan Stevens ou de Patrick Watson devraient apprécier ce pop-folk ample et aérien…

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Frànçois & the Atlas Mountains – Piano Ombre (critique album)

Il y a quelques semaines de cela, on a pu voir côte à côte dans le rayon culture/musique du marchand de journaux : les Inrocks faisant leur couv sur Frànçois & the Atlas Mountains, Tsugi faisant sa couv sur Frànçois & the Atlas Mountains, et Magic citant Frànçois & the Atlas Mountains en bonne place sur sa couverture.

Mais, me suis-je dit, qu’ont-ils donc tous avec Frànçois & the Atlas Mountains, qui avaient déjà agité la critique en 2011 à la sortie de leur précédent album de pop principalement anglophone, disque honorable mais qui, de mon point de vue, ne cassait pas non plus trois pattes à un canard (et dans lequel l’influence de Dominique A se faisait sentir malgré l’usage de la langue anglaise sur la plupart des titres).

Après écoute de leur nouvelle production, Piano Ombre, force est de constater que les canards feraient désormais mieux de se méfier : Frànçois et ses acolytes ont franchi un cap. Ce nouvel album, le deuxième à paraître sur le label anglais Domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys…) et qui marque un retour en force des textes en français, est une réussite : écriture soignée, arrangements pop créatifs…

On retiendra en particulier le titre introductif Bois, l’entraînant La vérité (premier single de l’album), et le plus mélancolique titre éponyme Piano ombre, que nous allons écouter de ce pas.

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Note : Frànçois & the Atlas Mountains seront en concert à Rennes à l’Antipode le 18 avril.

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Cascadeur – Standalone (critique album: Ghost surfer)

Après Patrick Watson et James Vincent McMorrow, continuons dans la voix de tête avec le français Cascadeur : le chanteur français, qui sort son deuxième album, viendra donc compléter ce « trio de tête »… Si Cascadeur ne possède pas une aussi belle voix que les deux sus-nommés, il compose néanmoins de très belles musiques : cette seconde production du chanteur parfois casqué, parfois masqué, témoigne du chemin parcouru depuis The Human Octopus paru en 2011. Après ce premier album plaisant, à la tonalité un peu plus pop, Ghost surfer s’aventure avec bonheur dans un univers plus symphonique, au sein duquel Cascadeur invite quelques pointures telles que Christophe sur Collector ou Stuart A. Staples (le leader à la voix caverneuse des classieux Tindersticks) sur The crossing, un des titres les plus réussis de l’album, aux côtés duquel on citera également The odyssey ou Standalone, cette dernière chanson étant celle que nous allons écouter maintenant…

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Cocteau twins – Lazy calm (album : Victorialand)

Un peu de calme pour se ressourcer après l’effervescence des fêtes de fin d’année et être zen pour attaquer la rentrée 2014 : écoutons le premier titre de l’album Victorialand paru en 1986. Il s’agit du de disque le plus méditatif de Cocteau Twins (avec celui cosigné avec le compositeur ambient Harold Budd), groupe qui fut un des fers du lance du label 4AD dans les années 80. Depuis la séparation du trio dans les années 90, sa chanteuse Liz Fraser ne s’est fait entendre que ponctuellement, invitée par des artistes prestigieux à poser sa voix céleste sur leur musique : Craig Armstrong, Peter Gabriel, Yann Tiersen, Massive Attack… (la chanson « Teardrop », dont un extrait instrumental sert de générique à la série Dr House, c’est elle)

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Peau – L’instant T (critique album: Archipel)

Derrière le project musical Peau, se cache l’artiste Perrine Faillet. Après un premier album pas mal, la jeune femme passe à la vitesse supérieure sur ce deuxième disque très réussi. Peau nous chuchote à l’oreille des textes assez bien troussés sur une pop électronique au son remarquablement soigné. C’est d’autant plus méritoire que cette fan de Camille, Björk, Radiohead et Portishead travaille plus ou moins toute seule chez elle, dans son repaire au fond du Vercors. Outre ces références assumées, sa musique fera également penser à Emilie Simon, pour la voix délicate et le travail sur le son, saupoudrée d’une once de Valérie Leulliot dans le phrasé (chanteuse d’Autour de Lucie, dont on espère un nouvel album après leur reformation en 2013)

Si quelques titres, comme L’enfant, Uyuni ou A demie nue surpassent probablement le single L’instant T, c’est quand même celui-ci que nous écouterons… et regarderons, afin de mettre en lumière une autre facette du talent de Peau. En effet, également réalisé chez elle (dans son garage…) et par ses soins, ce clip est du joli travail de stop motion.

Comme quoi de nos jours (et à condition quand même de ne pas faire de la musique symphonique et des clips hollywoodiens) il est possible de produire soi-même de très bonnes choses sans les moyens financiers d’une major. Et, à part peut-être pour les majors, c’est une excellente nouvelle.

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Daughter – Still (album: If you leave)

Vu en live la semaine dernière, le groupe Daughter, dont j’avais présenté le titre Youth, a tenu ses promesses…

Pour l’anecdote : à plusieurs reprises au cours du concert, le groupe britannique, par la voix de son guitariste (unique Frenchie de la formation), s’est étonné voire inquiété du calme et du silence du public. Je ne sais pas quelle est l’ambiance habituelle de leurs concerts, mais on peut être surpris de leur surprise, tant leur musique mélancolique et méditative se prête plus à l’introspection et au recueillement qu’aux hurlements de groupies hystériques. Quand une chanson se termine, on n’a qu’une envie : attendre en silence que la prochaine commence, pour ne pas que l’atmosphère se dissipe, pour ne pas que la magie se brise. Le (relatif) calme du public est donc à prendre comme un compliment…

Et pour ceux qui n’y étaient pas, voici un deuxième extrait de leur premier album If you leave (2013), intitulé Still, pas aussi imparable que Youth, mais pas mal non plus.

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Montevideo – Cave of kisses (album: Personal Space) + Interview

montevideoBonnes Notes est allé interviewer Montevideo, groupe de pop belge auteur de deux albums aux styles assez différents : un premier disque éponyme relativement remuant paru en 2006, suivi, après sept ans de réflexion, de Personal Space, plus pop, plus posé, et dont nous écouterons le premier titre Cave of kisses, en guise de mise en bouche.

Le groupe se compose de:

  • Jean Waterlot – chant, claviers, trompette
  • Emmanuel « Manu » Simonis – guitare, cordes
  • Gabriel Reding – basse
  • Pierre Waterlot – batterie

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Vous êtes Bruxellois. Pourquoi « Montevideo » et pas… « Bruxelles »?

Au moment de la genèse du groupe, on s’était inscrit à un tremplin sous un nom assez horrible, et le jour même on s’est dit « ce n’est pas possible, il faut qu’on change », d’autant plus que ce concours nous apportait une certaine couverture médiatique, ce qui était important pour un groupe qui débute. On s’est donc mis à chercher un autre nom de groupe (ce qui n’est pas chose facile), et à un moment donné Julien, notre ancien bassiste, a proposé « Montevideo » un peu spontanément. On n’a pas pensé à l’Uruguay, on a juste trouvé que ce nom avait une bonne résonance avec la manière dont on voyait le groupe. Ça a une sonorité assez ronde, ce n’est pas connoté dans un style ou dans un autre, et c’est assez international : ça se prononce sans s’écorcher dans la plupart des langues.

Comment êtes-vous venus à la musique?

Manu : j’ai toujours baigné dedans, mon père étant compositeur de musique classique. J’ai commencé le violon à 8 ans, avec un parcours assez académique, et puis à l’adolescence j’ai découvert le rock, musique dans laquelle je me retrouvais beaucoup plus que dans le classique. J’ai donc commencé à faire de la guitare en reprenant Nirvana et les Pixies comme tous les groupes d’ados de ma génération. Ce qui est amusant, c’est que pour le deuxième album, j’ai ressorti mon violon du placard, et j’ai enregistré des parties de cordes chez moi dans mon salon sur le titre Castles par exemple.

Jean, ado, a appris la trompette avec un prof de jazz qui était un peu une sommité en Belgique. La découverte de Chet Baker a été une grosse révélation pour lui.

Pierre a fait un peu de batterie à l’académie, mais il n’a pas énormément pris de cours. C’est surtout quelqu’un qui joue de la batterie comme il marche : c’est totalement instinctif chez lui.

Gabriel : j’ai su très jeune que j’avais envie de faire de la basse, mais mes parents ont voulu que je passe par un cursus classique pour acquérir de bonnes bases. J’ai donc fait de la guitare classique à l’académie pendant 3 ans, et ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de basse.

Bref, on a tous eu à un moment un cursus plus ou moins académique…

Comment le groupe s’est-il formé, comment vous êtes-vous connus?

Gabriel : ado, j’étais à l’école avec Pierre et Jean. A une époque Jean et moi essayions de jouer du jazz ensemble, mais le jazz n’est vraiment pas évident, ça demande un gros apprentissage. Je n’ai pas fait partie du groupe tout de suite, car je suis parti ensuite dans l’architecture. Jean a aussi fait d’autres choses avant de revenir à la musique en lançant Montevideo, mais je n’ai rejoint le groupe qu’après la sortie du premier album.

Manu : c’est un peu une histoire de famille, Pierre et Jean sont deux frères qui sont très proches et ont les mêmes amis. Je les ai rencontrés pendant que je faisais mes études, on fait partie du même cercle étendu, on est tous originaires du même quartier de Bruxelles.

Vous sortez un album en 2006 sur un label indépendant, à ce moment vous vivez de la musique ?

Non. A ce moment-là, on terminait nos études, on faisait des trucs à gauche à droite, mais on était surtout une bande de potes qui s’éclatait en faisant de la musique. Et puis à un moment donné on s’est dit : « pourquoi ne pas être un peu ambitieux et essayer de faire vraiment quelque chose ?». On s’est donc mis à travailler de plus en plus, et le déclencheur a été le fait de commencer à bosser avec l’ingé son de Ghinzu, qui a amené son chanteur John à un de nos concerts. Après le concert, John nous a dit : « J’adore ce que vous faites, j’ai vraiment envie de vous produire ». Pour nous c’était génial : on s’est retrouvé en studio, c’était notre première expérience, c’était un moment magique. Mais de là à gagner sa vie en faisant de la musique… Maintenant, oui on en vit, mais on ne fait pas forcément que ça, on a chacun un peu nos activités à côté. Gabriel travaille en même temps, par exemple. On est avant tout des passionnés, ce n’est pas évident d’en vivre, mais quelque part on trouve ça normal. Et puis du coup, le fait de n’être pas dépendants de la musique pour vivre nous a permis de mettre pas mal d’argent de côté et de nous auto-produire, ce qui est hyper intéressant : pour l’album Personal Space, on a vraiment fait ce dont on avait envie, on n’avait personne pour nous dire quoi faire, ni aucune pression financière. Beaucoup de musiciens qui vivent exclusivement de la musique se retrouvent obligés de faire des concessions, de faire des choses plus commerciales alors qu’ils n’en ont pas forcément envie.

Bien que vous ayez signé sur une major pour le second album, il est donc néanmoins auto-produit…

Oui. En fait, après notre pause de quelques années, on a enregistré un EP et on a recommencé à tourner. Notre notoriété en Belgique nous a permis de refaire suffisamment de concerts et de relancer la machine : enregistrer un EP auto-produit à New York, puis produire totalement notre second album. Ce n’est qu’après que nous avons signé une licence avec EMI en Belgique (NDLR : en substance, la licence est un simple contrat de distribution d’un disque, et pas un contrat qui lie l’artiste à la maison de disques et où celle-ci finance la production des albums). L’album nous appartient donc complètement : on peut en faire ce qu’on en veut. Alors que dans le schéma classique, on a très vite autour de soi un certain nombre de gens avec lesquels on est lié contractuellement et qui ont chacun une petite part du disque… et qui peuvent dans le pire des cas t’obliger à sortir un album à un moment où tu n’es pas du tout inspiré, qui du coup est mauvais.

Alors finalement, qu’a changé pour vous le fait de signer sur une major ?

Au départ on était très réticent à l’idée de signer sur une major : pour nous il y avait d’un côté les gentils labels indépendants, à dimension humaine et à ambiance familiale, et de l’autre les méchantes majors, qui ont évidemment des moyens que les petits labels n’ont pas, mais chez lesquelles on risque vite de se retrouver au fond d’un tiroir. Or, on a été surpris chez EMI : on s’est retrouvé dans une structure très familiale, très humaine mais aussi très dynamique, qui a fait beaucoup pour nous en Belgique au niveau de la presse et des radios. On a bien senti la crédibilité que ça nous apportait, car EMI ce n’est pas n’importe quelle major : c’est les Beatles, Bowie, Pink Floyd, Gorillaz… C’est la major qui a la plus belle image artistiquement, donc on s’y retrouvait plutôt bien et ça nous a ouvert des portes. Et on n’est pas contre le fait d’avoir des portes qui s’ouvrent…

Finalement vous avez la liberté qu’on peut avoir sur un petit label, tout en bénéficiant de la puissance de feu d’une major…

Tout-à-fait. Et pour la suite on est libre de faire ce qu’on veut, mais comme ça s’est très bien passé on n’a pas de raison de ne pas continuer : ce sont des gens très pros, très carrés, qui ont tous les contacts, donc ça change tout.

Votre second album est plus posé que le premier. Vous vous êtes calmés avec l’âge ? Ou c’est le fait que la composition du groupe ait changé ?

C’est parce que notre style a évolué que le line-up du groupe a changé, plutôt que l’inverse. Pour le premier album il y avait un côté très spontané, on ne savait pas trop où on allait : on composait les morceaux en faisant des jams lors des répétitions, et à un moment on a eu l’impression d’avoir fait le tour de cela. On a eu envie d’emmener notre musique autre part, de penser beaucoup plus en termes d’album qu’on écoute chez soi, plutôt que de composer des morceaux au jour le jour dans en vue du prochain live. On a donc changé notre manière de travailler, notamment en s’enregistrant beaucoup plus pendant le processus de composition. C’est aussi à ce moment que Gabriel (NDLR : le nouveau bassiste) est arrivé, et a apporté ses influences, notamment un côté plus mélodique. Mais c’est vrai que Personal space a un mood plus mélancolique que le premier album. Je ne sais pas si c’est l’âge, la maturité, mais c’est comme ça qu’on l’a senti : il y a eu quelques années d’effervescence, à faire des choses comme jouer aux Transmusicales de Rennes devant des milliers de personnes, ou tourner avec The Rapture qui était pour nous à l’époque un des groupes dont on était le plus fan, puis les choses sont retombées à la fin du cycle de vie de l’album, et un membre du groupe est parti. A ce moment on s’est cherché un peu, puis on s’est orienté vers quelque chose de plus écrit, de plus subtil. Mais si ce second album est très différent, on peut quand même trouver un lien avec le premier dans le sens où il reste une sorte de groove. En tout cas, la suite devrait être dans la lignée de Personal space : le groupe s’est trouvé artistiquement parlant. On sait désormais où on va.

Le processus de création des chansons semble donc collégial?

Pour la musique, oui, grosso modo. Quelqu’un vient avec une idée, on travaille dessus, on s’enregistre et on développe le morceau. On est très attentif aux idées de tout le monde, en tout cas. Concernant les textes, c’est Jean, le chanteur, qui s’en occupe désormais exclusivement, contrairement au premier album où plusieurs membres du groupe avaient œuvré comme auteurs.

Paroles ou musique d’abord?

Musique d’abord et textes après, toujours. C’est comme ça que Jean le sent : c’est la musique qui lui inspire le chant. Et puis pour nous la musique est plus prépondérante que les textes. Ce qu’on fait est plus proche de Pink Floyd que de Bob Dylan, en quelque sorte : on a de long passages instrumentaux, et la voix est plus utilisée comme un instrument.

Vous chantez en anglais, à l’image de nombreux groupes belges qui font de la bonne pop à l’anglo-saxonne depuis 15 ou 20 ans tels que dEUS, Venus, Ghinzu, Girls in Hawai, K’s Choice, Zita Swoon… En France, ce n’est que depuis quelques années qu’on assiste à une véritable percée de groupes qui chantent de la pop en anglais (Cocoon, Phoenix, Popopopops, Revolver et tant d’autres…). Pourquoi ce décalage entre les scènes belges et françaises, à votre avis ? Est-ce le poids de la sacro-sainte « chanson française » ? Ou le fait que la Belgique soit un petit pays parlant pour partie une langue assez peu répandue (le flamand) ?

Côté Belgique, la principale raison est que c’est un pays qui a deux langues nationales, et que la langue qui réunit les deux communautés, c’est l’anglais, langue qui réunit quasiment le monde entier, d’ailleurs… En plus, géographiquement, la Belgique est très proche de l’Angleterre, et on a l’impression que certains groupes anglais tournent plus facilement en Belgique qu’en France, donc on a pas mal baigné dans cette culture anglo-saxonne. De plus, les Flamands, du fait que leur langue est peu pratiquée, parlent très bien l’anglais (beaucoup mieux que les francophones). Enfin, la Belgique a un côté très international : c’est la capitale de l’Europe, Bruxelles est une ville très cosmopolite.

Quant à la France, c’est un plus grand pays qui a peut-être plus un côté « qui se suffit à lui-même », qui a moins besoin d’être international. La France a probablement eu aussi besoin de se décomplexer par rapport à l’anglais, et on imagine que le poids de la chanson française a également dû jouer. S’il a émergé récemment en France des groupes qui chantent en anglais, c’est peut-être aussi grâce à la French Touch : Air, Phoenix…

Sauf que Phoenix a cartonné aux Etats-Unis bien avant d’avoir du succès en France…

Oui, c’est vrai. Il y a aussi eu Tahiti 80, qui marchait super bien au Japon alors qu’ils avaient du mal à remplir des petites salles en France. Ou M83, qui a mis du temps à percer en France.

En ce qui nous concerne, c’est la scène anversoise qui nous a donné l’exemple et nous a influencés sur le fait de chanter sans complexe en anglais : les groupes que tu as cités, Ghinzu, Girls in Hawai… Ce sont des groupes qui chantent en anglais, mais qui ont en même temps tous un je-ne-sais-quoi de typiquement belge. En tout cas, pour nous l’anglais était une évidence, et se poser la question de chanter en Français était du même ordre que de se poser la question de mettre du biniou sur un titre… Ce qui ne nous empêche pas d’adorer un certain nombre d’artistes qui chantent en français.

Et puis, certaines langues sonnent mieux sur certains styles de musique…

Tout-à-fait, et les groupes qui nous ont influencé et nous ont donné envie de faire de la musique étaient soit des artistes anglo-saxons, soit bien des artistes qui chantaient en anglais (à l’exception de Gainsbourg)

Pour terminer, la question subsidiaire : votre bière belge préférée? Ou une bière belge méconnue à me faire découvrir ?

Gabriel : La Chouffe

Manu : si on commence à parler bière, on est reparti pour un moment… Il y a plein de petites brasseries artisanales qui font d’excellentes bières, je pense à la Brasserie de la Senne à Bruxelles notamment, avec la Taras Boulba, et la Jambe de bois, ou la brasserie Dupont, qui est également excellente. Ma bière préférée… ce n’est pas facile… Bon allez, je vais dire la Bon vœux (Dupont)… ou bien la Troubadour magma.

Son Lux – Lost it to trying (album: Lanterns)

Lanterns, troisième album de Son Lux, l’alter ego musical de l’américain Ryan Lott, est sorti. Et c’est une réussite. Un grain de voix intéressant (qu’on n’entend pas tellement sur ce single), et des arrangements aux envolées lyriques qui laissent imaginer ce que Sufjan Stevens pourrait faire (c’est un compliment) si on lui prêtait un ordinateur pour manipuler les sons des instruments acoustiques qu’il utilise. Car Son Lux est un peu à la frontière entre musique symphonique et électronique: la coloration sonore est souvent celle d’instruments classiques, mais mâtinée d’assemblages synthétiques, pour un résultat des plus intéressants.

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Daughter – Youth

Trio pop-folk composé d’une chanteuse, d’un guitariste et d’un batteur, Daughter est une des nouvelles signatures du label 4AD (site officiel) qui a sorti leur premier album au printemps dernier. Avec sa combinaison voix féminine + musique mélancolique, le groupe renoue un peu avec le style musical qui fit la gloire du label dans les années 80/90, à l’époque où figuraient dans l’écurie 4AD des noms tels que Cocteau Twins, This Mortal Coil ou Lisa Germano (mais aussi His Name Is Alive, Kristin Hersh, Heidi Berry, Rachel Goswell…)

Le titre Youth, d’une délicate beauté, est extrait de ce premier album If you leave (2013).

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PS: Pour les Rennais d’entre vous, Daughter passe à l’Antipode le 21 novembre. J’y serai.

Dead Can Dance – Yulunga

!!! Bonnes notes est centenaire !!!

Pour célébrer la parution du 100e article de ce blog, j’ai choisi la musique d’un groupe qui m’est cher, illustré par des images magnifiques et vice-versa.

Bon point orD’un côté, Dead Can Dance (site officiel), groupe phare de la scène indépendante des années 80-90 hébergé sur le label anglais 4AD (label dont je parle fréquemment ces temps-ci – site officiel). Dead Can Dance est une formation inclassable : partis d’un genre de darkwave déjà peu académique puisque faisant notamment appel, en plus des traditionnelles guitare/batterie, à un instrument chinois à cordes frappées (le yang chin, version asiatique du cymbalum d’Europe de l’Est), Lisa Gerrard et Brendan Perry y ont progressivement incorporé des influences très diverses : musique mystique, médiévale, orientale, africaine, grecque… Le tout porté par la voix de Lisa Gerrard, une des plus grandes chanteuses actuelles,

De l’autre, Ron Fricke, réalisateur de Baraka (1992), somptueux film à la limite du documentaire constitué d’un assemblage de musiques et d’images tournées aux quatre coins de la planète (si tant est qu’une sphère ait des coins…), film sans personnages ni histoire, mais qui raconte le monde en abordant de nombreux thèmes (la religion, la misère, l’urbanisation…)

Au début des années 90, Dead Can Dance et Ron Fricke procédèrent à un échange de bon procédés : Lisa Gerrard et Brendan Perry fournirent à Ron Fricke des titres de Dead Can Dance pour accompagner les images de son film, en échange de quoi Ron Fricke leur fournit des images de Baraka pour réaliser le clip d’une de leurs chansons, Yulunga (paradoxalement, une chanson qui ne figure pas dans la BO du film)

Le résultat : des images envoûtantes sur une musique envoûtante. A regarder en plein écran et à écouter au casque…


PS: Ron Fricke a récidivé en 2011 avec un deuxième film dans le même esprit, intitulé Samsara. De son côté, Dead Can Dance, après 16 ans de silence, a sorti en 2012 un album intitulé Anastasis.

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