Smoke City – Underwater love

La grève à Radio France a du bon : la playlist musicale de France Info par exemple, qui se substitue aux émissions, me renvoie épisodiquement à ma propre discothèque, parfois au travers de groupes renommés tels que Portishead, parfois au travers de titres plus obscurs publiés dans les années 90 par des artistes ayant depuis longtemps disparus de la circulation, tels que le Underwater love de Smoke City, qui inaugurera donc une petite série Spéciale Grève à Radio France. Et rien que pour cela, on dit : « Merci, Mathieu Gallet ». Ca vaut bien un bureau en palissandre… (très beau bois, par ailleurs)

Smoke City est donc un groupe plutôt méconnu qui a signé deux albums d’un mélange de trip hop et de bossa nova avant de se séparer au début des années 2000 dans l’indifférence plus ou moins générale. Si le reste de l’album n’est pas forcément à la hauteur, le single Underwater love dispose d’une forte personnalité, d’un attrait particulier qui le rend diablement efficace et fait que presque vingt ans après sa sortie on le retrouve sur les ondes (perturbées) d’une radio de service public.

Et pour ne rien gâcher, le clip est signé Lynch*

*Bon, en l’occurrence il s’agit d’un certain John Lynch, pas de David, on en peut pas tout avoir…

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Björk – Stonemilker (album: Vulnicura)

Bon point argentOn avait adoré quand Björk avait sorti les violons pour nous parler de sa meilleure amie dans Joga (Homogenic – 1997)

On adore de nouveau lorsqu’elle les ressort pour nous parler de son amour perdu dans Stonemilker, premier titre de son nouvel album Vulnicura.

On aurait aussi adoré vous faire partager facilement cette magnifique chanson de cette artiste unique, malheureusement Björk ne nous facilite pas la tâche, à nous autres passeurs de musique : celle-ci a en effet refusé que son nouvel album figure sur les plateformes de streaming (ceci dit, il est vrai que la rémunération des artistes y est anecdotique), et si le titre bénéficie bien d’un clip, celui-ci est en 3D immersive est n’est visualisable qu’avec un casque Oculus Rift. Pas la peine de le chercher sur Youtube, donc, ni sur Vimeo où vous risquez d’atterrir sur un clip non-officiel (supposément de danse contemporaine, puisqu’un chorégraphe est cité dans les crédits) où un monsieur tout nu et filmé en noir et blanc se roule dans la boue et fait le poirier le zizi à l’air ce qui, disons-le tout de go, n’aide pas à se concentrer sur la beauté du chant de l’Islandaise(*)

Ne reste donc plus que Grooveshark (la plateforme de streaming qui se veut légale selon ses fondateurs, mais qui croule néanmoins sous les procès des majors) ou d’éphémères liens sur Youtube avec la pochette du disque en guise de clip.

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Et si vous voulez la voir en concert, sachez que Björk fait deux dates en France cet été, dont la Route du Rock le 15 août à Saint Malo (l’autre concert, en juillet à Lyon est déjà complet)

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(*)Allez, pour ceux qui veulent rigoler un coup, je vous mets le lien, mais je vous en conjure, si vous vous en servez pour écouter la chanson, éteignez votre écran.

Limousine – La Gaviota

On ne peut pas dire que Limousine soit célébrissime… Ni ce Limousine-là (français), ni les autres d’ailleurs, car plusieurs groupes partagent ce nom. Trois albums (instrumentaux) au compteur, en 2006, 2012 et 2014. Pour le reste, ne les connaissant moi-même pas très bien, j’assume le panaché de copier-coller ci-dessous en provenance des Inrocks et de Magic:

Deux ans avant que Poni Hoax ne devienne le meilleur groupe de rock de l’Hexagone (NDLR: c’est l’avis de Magic, qui a la fâcheuse de dégoter deux ou trois meilleurs groupes de la décennie par numéro…), le compositeur, saxophoniste et multi-instrumentiste Laurent Bardainne avait fondé Limousine en compagnie de Maxime Delpierre (guitare) et David Aknin (batterie) – issus comme lui-même d’une scène jazz trop étriquée pour leurs envies respectives de diversité et de légèreté. Interprétées avec toute la retenue et la classe d’instrumentistes chevronnés fonctionnant en symbiose, la seule chose qui soit “jazz” au sujet des neuf pièces qui composent ce magnifique deuxième album est la superbe et chaleureuse mise en son, qui produit exactement la même impression de feutré et de proximité que généraient les enregistrements du tandem Gil Evans/Miles Davis.

Non, ici tout est cinématique, volontairement, ouvertement. Passée l’agréable sensation de la première écoute, le temps de faire un clin d’œil à Brian Eno et Air réunis (Cosmos), les suivantes suggèrent qu’ il n’est pas impossible que II soit aussi un “album-devinette”, imaginé pour titiller les sens du mélomane cinéphile.

Cette musique de peu de notes se révèle hautement suggestive, d’une perversité que n’affichent pas son élégance, sa joliesse. Répétitive comme une idée noire qui tournerait dans une nuit blanche, elle dessine à force de boucles une fresque, un dédale dont la profondeur de champ vire parfois au vertige – impression d’un Sergio Leone mis en son par Godspeed You! Black Emperor. Pop-music laconique, où il faut fermer les yeux pour relier les points épars par des traits flous et colorés. Fascinant.

Fin du plagiat, place à l’écoute du premier titre du deuxième album de Limousine, sobrement (comme leur musique) intitulé « II ».

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Sohn – Tempest (album: Tremors)

Chose promise, chose due, je colmate la brèche laissée dans la couverture des événements musicaux de 2014 par l’absence d’une mention de l’album Tremors de Sohn.

Si vous aimez James Blake, sa voix de tête et son électro mélancolique, vous aimerez Sohn, anglais solitaire expatrié en Autriche et signé par 4AD (label mythique des années 80-90 qui, après un assez gros passage à vide, commence à retrouver du flair malgré le départ de son fondateur Ivo Watts-Russel)

Son premier album Tremors commence comme ça :

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…si ça ne vous donne pas envie d’écouter la suite…

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The Cinematic Orchestra – To build a home (album: Ma fleur)

Bon point argentOn ne sait pas trop comment ça leur a pris, aux gens de la production d’une émission de télé crochet animée par Benjamin Castaldi sur D8 (la Nouvelle Star, pour ne pas la nommer)… On se demande encore par quels méandres de leurs connexions neuronales leur est venue l’idée, après avoir programmé du Michael Jackson, du Francis Cabrel et du Vanessa Paradis plus tôt dans l’émission, d’envoyer une candidate sur la piste interpréter le bouleversant To build a home de The Cinematic Orchestra (dont la version originale est portée par la voix androgyne de Patrick Watson)

Candidate qui s’en est fort bien sortie au demeurant, délivrant aux ados de la ménagère de moins de 50 ans ce petit moment de grâce.

Pour la version d’origine, ça se passe ici :


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Philip Glass – Opening (album : Glassworks)

Bon point argentLors du concert de Locus Solus Orchestra dont fait partie Manu Delago à qui j’ai récemment consacré un article, on a pu entendre une version réarrangée de l’Opening de l’album Glassworks de Philip Glass (à moins que ce n’ait été de Closing, les deux titres partageant le même thème)

Les amateurs de la BO du film La leçon de piano seront en terrain connu avec ce titre, ce qui n’a rien de très étonnant, Philip Glass et Michael Nyman (le compositeur de la BO) étant plus ou moins issus du même courant musical : la musique minimaliste américaine.

Dans les deux cas, il s’agit d’une pièce pour piano à la rythmique simple et répétitive, sans réelle mélodie… et pourtant tellement émouvante.

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The Notwist – Kong (critique album: Close to the glass)

Force est de reconnaître que cet album est passé hors de la couverture radar de Bonnes Notes lorsqu’il est sorti en 2014. Non que je n’aie jamais entendu parler de ce groupe allemand un peu confidentiel mais réputé qui œuvre depuis 25 ans dans des registres musicaux assez différents… En réalité, c’est peut-être justement l’hétérogénéité de leur répertoire qui m’avait tenu éloigné d’eux, n’ayant été précédemment confronté qu’à des albums hors du spectre de mes goûts (le groupe a commencé en faisant du metal/punk…), et ce à mon étonnement : en effet, une partie des membres de The Notwist a des activités musicales parallèles et participent à d’autres formations pop/electronica dont j’apprécie beaucoup le travail telles que Lali Puna, Ms John Soda ou encore Console (qui a participé à l’album Vespertine de Björk).

Même si Close to the glass n’est pas exempt de tout reproche, l’album comporte un certain nombre de titres très réussis, tels que la mélancolique ballade Casino à la guitare sèche, les électroniques Run run run et Lineri, ou encore le clin d’œil shoegaze à My Bloody Valentine 7-Hour-Drive. Histoire pour une fois de choisir un titre un peu plus « catchy », c’est finalement le single Kong, qui lorgne un peu vers un genre de britpop psychédélique, que j’ai finalement choisi pour illustrer cet article et cet album. Comme quoi, même au sein d’un seul album, les Notwist explorent une large palette sonore… Tout en sachant rester cohérents.

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La Maison Tellier – Sur un volcan (album: Beauté pour tous)

Après le titre Volcano de Saycet présenté dans l’article précédent, nous conclurons l’année 2014 en persévérant dans le registre volcanique…

Le groupe La Maison Tellier est composée de Raoul Tellier, Helmut Tellier, Léopold Tellier, Alphonse Tellier et Alexandre Tellier. La première question qui vient donc à l’esprit est bien évidemment : mais d’où vient le nom du groupe? D’une nouvelle de Maupassant… Rien à voir, donc, avec le patronyme de ses cinq membres (ou si peu…)

Considérant ensuite le fait que les principaux membres du groupe, outre le fait de s’appeler Tellier, arborent des barbes assez fournies, vient une seconde question toute aussi évidente : mais pourquoi donc Sébastien Tellier ne fait-il pas partie du groupe?

En attendant cet improbable ralliement, La Maison Tellier a sorti quatre albums en une dizaine d’années d’activité. Sur un Volcan, extrait de leur dernier album Beauté pour tous, ne brille certes pas par la complexité de sa progression harmonique. La grille d’accords sur laquelle repose l’intégralité de la chanson tient en effet en 4 secondes chrono : 2 secondes de Do mineur, 2 secondes de Mi bémol majeur et on recommence. Cela contribue-t-il à rendre Sur un Volcan aussi entêtante? Car une fois rentrée dans la tête, la chanson en sort difficilement. Et si le matériau de base est assez minimaliste (un ostinato à la guitare), le titre n’en est pas moins riche d’arrangements bien construits accompagnant un texte bien écrit, faisant de l’ensemble une réussite : au final, une chanson attachante, voire addictive.

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Saycet – Volcano

Il est parfois des secrets bien gardés : Saycet est un musicien électro parisien dont la notoriété n’est définitivement pas à la hauteur du talent. Souvent comparé par le passé à Boards of Canada pour la musique contemplative qu’il (auto-)produit, Saycet est de ceux qui, à l’instar de l’un peu moins confidentiel Chapelier Fou, peuvent faire apprécier la musique électronique à ceux qui croient qu’elle se résume à des poum-tchak-poum-tchak pour dancefloor : non, il existe de nombreuses formes d’électro, et certaines n’ont rien à envier à d’autres styles musicaux en terme de finesse et d’émotion. Ce nouvel EP, annonçant un (troisième) album pour l’année prochaine, en est l’exemple. A l’écoute des trois titres qui constituent l’EP, on attend l’album avec hâte.

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Sun Kil Moon – Carissa (album: Benji)

En cette année qui touche bientôt à sa fin, il m’avait échappé que Sun Kil Moon avait sorti un album. Il est encore temps de réparer cette omission. Si Mark Kozelek, l’éminence grise de Sun Kil Moon (et précédemment des trop méconnus Red House Painters, dont j’ai déjà parlé ici), ne se réinvente pas à chaque album, sa belle voix posée, son jeu de guitare en picking et ses ballades folk délicieusement mélancoliques continuent de faire des merveilles. Fans de Bon Iver, réjouissez-vous : il existe un gars qui fait le même genre de musique et qui a une quinzaine d’albums à son actif. Pour citer l’intéressé : « quand on me compare à Bon Iver, je ne peux pas m’empêcher de penser que je faisais déjà ça quand il était en CE2 ». Sur ce nouvel album, intitulé « Benji », la voix se fait un peu plus rocailleuse qu’elle n’a été par le passé, mais l’émotion est toujours intacte.

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Si vous aimez, et que vous en voulez plus, je ne saurais trop vous recommander l’écoute d’Ocean Beach, des Red House Painters, qui est probablement le meilleur album signé Mark Kozelek.

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Alain Bashung – Je me dore (album: l’Imprudence)

Bon point orPour faire suite à l’article sur Zend Avesta dans lequel cet album était cité, voici un extrait de l’Imprudence d’Alain Bashung, album paru juste après le multi-récompensé Fantaisie militaire, et qui lui est de mon humble avis encore supérieur, ou à tout le moins plus audacieux. C’est l’album qui clôt la collaboration avec le parolier Jean Fauque, collaboration qui correspond, toujours à mon humble avis, à l’apogée de la carrière du chanteur : Jean Fauque est le co-auteur de la plupart des chansons d’Osez Joséphine, Chatterton, Fantaisie militaire, et l’Imprudence.

Difficile d’en choisir une chanson tant la première moitié de l’Imprudence enchaîne les titres de haut vol. Ce sera finalement Je me dore.

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The dedicated nothing – Lolita (album: Dawn to dusk)

Certes ils sont basés à Biarritz et posent avec leur surf sous le bras, mais ne vous attendez pas à entendre les Beach Boys lorsqu’ils posent leurs planches pour empoigner leurs instruments de musique. Ici pas d’harmonies vocales sirupeuses mais un rock brut et dépouillé. Brut notamment au niveau de la production : les Dedicated Nothing ont fait le choix d’un son très sec, sans effets (si ce n’est la distorsion des guitares) ni fioritures. Lorsqu’ils sont entrés en studio, la reverb est restée au vestiaire avec les combinaisons de surf… Et dépouillé car leur musique ne s’encombre pas d’arrangements alambiqués : ils s’en tiennent à la sacro-sainte trinité du rock guitare-basse-batterie, sans surcharger l’espace sonore. Tout cela ne veut pas dire basique ou simpliste pour autant: si les Dedicated Nothing vont à l’essentiel et n’abusent ni de notes ni d’effets, ils les choisissent bien, et le résultat n’en est pas moins efficace. On déplorera seulement que l’inspiration du groupe se limite parfois à une seule bonne idée sur certains titres, avec un refrain pas à la hauteur du couplet prometteur qui le précédait (« Lolita », « Stand with me ») ou avec une chanson reposant entièrement sur un motif harmonique unique -mais néanmoins bien trouvé, ne faisons pas la fine bouche- (« Running away », « Dawn to dusk »)

Alors bien sûr, à l’écoute de ce premier album, on n’aura pas l’impression d’entendre quelque chose de radicalement nouveau. D’aucuns diront que les Dedicated Nothing auront plus fait avancer la médecine que la musique en apportant la preuve que « l’effet Placebo » existe, tant il est vrai que l’influence de la formation de Brian Molko est forte sur certains titres (il suffit d’écouter « Hopes » pour s’en convaincre), mais la comparaison n’a rien d’une insulte et « Dawn to Dusk » est un album homogène et accrocheur qui s’écoute avec plaisir.

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My brightest diamond – This is my hand / Looking at the sun

Le nouvel album de My Brightest Diamond est certainement une des perles de cette rentrée. L’américaine, seule et unique membre du « groupe », s’était imaginée au moment de la génèse de cet album s’adjoindre les services d’une fanfare pour ses prochains concerts, ce qui ne présageait rien de bon (en tout cas pour quelqu’un d’aussi peu féru de cuivres que moi). Au final, This is my hand a effectivement recours entre autres à des cuivres, mais utilisés à bon escient et avec suffisamment de retenue dans le dosage… L’album mélange sonorités acoustiques et électroniques de belle manière, le tout au service de la toujours soyeuse voix de Shara Worden, dont cette cinquième livraison ne déçoit pas.

Puisque c’est le principe de ce blog, nous arrivons au moment critique du titre à écouter. N’ayant pas réussi à choisir entre deux extraits assez différents mais tout aussi intéressants de ce nouveau disque, vous en aurez exceptionnellement deux pour le prix d’un: oui, vous avez bien entendu, approchez mesdames messieurs, c’est cadeau…

Tout d’abord, This is my hand, titre qui donne son nom à l’album et premier single:

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Et maintenant, voici Looking at the sun:

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Plaid – OH (album: Reachy prints)

Le duo britannique Plaid est un des précurseurs de la musique électronique. Hébergé par le label Warp, probablement le plus prestigieux et intéressant de la musique électronique dite « intelligente », et qui possède d’autres artistes phares de ce style tels qu’Aphex Twin ou Boards of Canada, Plaid a toujours délivré une musique qui lui est propre et dont on reconnait les sonorités et les constructions dès les première secondes. S’ils innovent moins qu’à leur début, leur dernier album en date recèle quelques bons titres, à l’image de ce OH qui ouvre en beauté leur nouvelle livraison Reachy Prints.

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Adult jazz – Pigeon skulls (album: Gist is)

Bonnes Notes fait sa rentrée avec un premier album longuement muri par un jeune quatuor issu de l’université de Leeds. Précisons tout d’abord que comme son nom ne l’indique pas Adult Jazz n’est pas un groupe de jazz, mais délivre une pop aérienne qui lorgne plutôt du côté d’Alt-J (qui signent également leur retour ces jours-ci), voire même vers la fin de carrière plutôt méconnue mais passionnante de Talk-Talk (après avoir délaissé les synthés pop et tubesques de Such a shame)

Bien que jeunes, les membres d’Adult Jazz travaillent sur cet album depuis des années, album qu’ils ont entièrement conçu et réalisé par eux-mêmes, en parallèle de leur vie d’étudiants puis de professeurs des écoles. Une voix haut perchée et des morceaux longs, à la fois dépouillés et élaborés, est la recette de base du groupe, comme l’illustre cet extrait.

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Page Bandcamp du groupe

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Fakear – La lune rousse (EP: Sauvage)

En écho au Angel Echoes de Four Tet et à ses collages de voix féminines, qui faisaient l’objet de l’article précédent, voici La lune rousse, titre reposant lui aussi sur un montage vocal lancinant.

Ce morceau est l’oeuvre de Fakear : remarqué aux Transmusicales 2013, et figurant au palmarès du prix ADAMI Deezer 2014, le jeune caennais est une des sensations françaises de l’année dans le petit monde de la musique électronique. Pas encore d’album au compteur, mais trois EPs remarqués dont le dernier en date, Sauvage, s’ouvre sur ce titre.

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Four Tet – Angel Echoes (Album: There is love in you)

Dans la continuité de l’article précédent, qui faisait mention de Four Tet aux manettes du nouvel album solo de Neneh Cherry, retrouvons celui-ci œuvrant cette fois pour son propre compte. Four Tet, de son vrai nom Kieran Hebden, est un producteur anglais de musique électronique qui officie depuis une quinzaine d’années dans un style assez posé, s’appuyant sur des samples hip-hop, jazz, voire folk (certains de ses titres peuvent être rattachés au courant folktronica)

Angel Echoes est le morceau introductif de son album There is love in you paru en 2010. Construit autour d’un collage de voix féminines joué en boucle, ce titre dégage une atmosphère qui lui donne une identité forte et l’envie de l’écouter… en boucle.

Note: la quasi-intégralité de la discographie de Four Tet ayant récemment disparu de Deezer, et la version originale du morceau (de nombreux remixes existent) semblant illisible sur Grooveshark, nous aurons donc reours à Youtube pour écouter ce titre (en espérant que leur conflit en cours avec certains labels indépendants ne le fera pas disparaître sous peu de la plateforme de vidéo en ligne)

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Neneh Cherry – 422 (Album: Blank Project)

Le nom de Neneh Cherry renvoie immanquablement aux années 90 : c’est en effet à cette époque qu’elle signe quelques tubes planétaires, dont le fameux 7 seconds en duo avec Youssou N’Dour, avant de disparaître du paysage musical. Depuis, la chanteuse suédoise s’était faite discrète.

Pour son retour en solo vingt ans après ses années de gloire, Neneh Cherry, dont on ne contestera pas les goûts en matière de musique électronique (elle et son mari contribuèrent fortement au lancement de Massive Attack), a eu la pertinente idée de confier la production de son album à Kieran Hebden, alias Four Tet, pseudonyme sous lequel le musicien britannique officie depuis une quinzaine d’année.

Entre la toujours belle et chaude voix de Neneh Cherry et les arrangements plus froids qu’à son habitude élaborés par Four Tet, une intéressante alchimie se produit. Avec sa musique moins martiale que le reste de l’album, le titre 422 n’en est probablement pas l’exemple le plus représentatif, mais il n’en est pas moins une réussite.

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Steve Reich – Piano phase

Piano phase est une œuvre emblématique de la musique contemporaine minimaliste. Composée en 1967, elle fait partie des premières pièces de Steve Reich reposant sur le principe du phasing élaboré par le compositeur américain. Le concept est de composer une œuvre à partir d’un matériau de base minimal, à savoir un court motif de quelques notes répété simultanément par deux instruments. En faisant varier le décalage temporel entre les deux instruments (ceux-ci jouent le motif à l’unison, décalé d’une double croche, puis de deux, et ainsi de suite), Reich découvre que la superposition de ces mélodies jouées en décalé permet de faire émerger de nouvelles mélodies. Ces œuvres de jeunesse de Steve Reich sont assez expérimentales, mais très intéressantes conceptuellement (pour des informations plus détaillées sur la structure de la pièce, se reporter à la page Wikipedia, très documentée). Elles sont également assez difficiles à exécuter, car les deux instrumentistes doivent se décaler progressivement l’un par rapport à l’autre, en jouant à un tempo très légèrement différent. En 2004, en présence de Steve Reich, un pianiste nommé Rob Kovacs interprète pour la première fois Piano Phase seul, en jouant d’un piano de la main gauche et de l’autre de la main droite, ce qui constitue en soi une performance : s’il n’est déjà pas simple pour deux pianistes de jouer simultanément à un tempo très légèrement différent, il l’est encore moins pour les deux mains d’un pianiste…

Note: pour être plus précis sur le mécanisme du phasing : après un départ à l’unison, le deuxième pianiste (ou la deuxième main du pianiste…) va accélérer le motif de départ jusqu’à prendre une double croche d’avance sur le premier, rester un moment au même rythme que le premier pianiste, puis accélérer de nouveau jusqu’à prendre une nouvelle double croche d’avance, et ainsi de suite jusqu’à arriver à un décalage du motif complet, donc à revenir à l’unison. Les phases d’accélération sont un peu fouillis, mais de chaque phase décalée stable émane un nouveau motif mélodique qui semble différent des précédents, alors qu’il est en fait composé de la superposition du même motif de base. C’est la magie de cette pièce.

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Slim – Water

Dans les années 90, naquit et mourut un label anglais de musique électronique/ambient, nommé em:t. Créé en 1994 comme une division du label orienté house t:me Recordings, il disparut en 1998 suite à la faillite de sa maison mère. Pendant sa courte existence, ce label se fit remarquer par son style typique aussi bien au niveau musical que visuel. Les pochettes d’album étaient notamment reconnaissables grâce à la nomenclature adoptée par le label : en haut à droite figurait le nom de l’artiste suivi du « titre » de l’album, ce dernier consistant en un nombre à quatre chiffres qui indiquait que le disque était la nième parution de telle année. L’unique album de Slim, dont nous écouterons le titre Water, longue plage envoûtante de plus de 10 minutes, fut par exemple le premier opus sorti par le label en 1997 : Slim

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