The dedicated nothing – Lolita (album: Dawn to dusk)

Certes ils sont basés à Biarritz et posent avec leur surf sous le bras, mais ne vous attendez pas à entendre les Beach Boys lorsqu’ils posent leurs planches pour empoigner leurs instruments de musique. Ici pas d’harmonies vocales sirupeuses mais un rock brut et dépouillé. Brut notamment au niveau de la production : les Dedicated Nothing ont fait le choix d’un son très sec, sans effets (si ce n’est la distorsion des guitares) ni fioritures. Lorsqu’ils sont entrés en studio, la reverb est restée au vestiaire avec les combinaisons de surf… Et dépouillé car leur musique ne s’encombre pas d’arrangements alambiqués : ils s’en tiennent à la sacro-sainte trinité du rock guitare-basse-batterie, sans surcharger l’espace sonore. Tout cela ne veut pas dire basique ou simpliste pour autant: si les Dedicated Nothing vont à l’essentiel et n’abusent ni de notes ni d’effets, ils les choisissent bien, et le résultat n’en est pas moins efficace. On déplorera seulement que l’inspiration du groupe se limite parfois à une seule bonne idée sur certains titres, avec un refrain pas à la hauteur du couplet prometteur qui le précédait (« Lolita », « Stand with me ») ou avec une chanson reposant entièrement sur un motif harmonique unique -mais néanmoins bien trouvé, ne faisons pas la fine bouche- (« Running away », « Dawn to dusk »)

Alors bien sûr, à l’écoute de ce premier album, on n’aura pas l’impression d’entendre quelque chose de radicalement nouveau. D’aucuns diront que les Dedicated Nothing auront plus fait avancer la médecine que la musique en apportant la preuve que « l’effet Placebo » existe, tant il est vrai que l’influence de la formation de Brian Molko est forte sur certains titres (il suffit d’écouter « Hopes » pour s’en convaincre), mais la comparaison n’a rien d’une insulte et « Dawn to Dusk » est un album homogène et accrocheur qui s’écoute avec plaisir.

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Détroit (Bertrand Cantat & Pascal Humber) – Ange de désolation (+ critique album: Horizons)

Bon point argentÇa y est, il est sorti, le premier album post-Vilnius de Bertrand Cantat. Une décennie que les fans de Noir Désir l’attendaient. Et ils ne devraient pas être déçus : Cantat n’a rien perdu de son talent. Musicalement, Horizons est dans le prolongement de l’évolution de Noir Désir : leur dernier album studio, Des visages, des figures, marquait un tournant vers une musique plus posée et variée, moins rock pur et dur, qui se perpétue ici. On peut donc imaginer que cet album n’aurait pas été fondamentalement différent s’il avait été estampillé Noir Désir au lieu de Détroit. Quant aux mots, difficile de ne pas les mesurer à l’aune du parcours personnel tragique du chanteur. Deux chansons y font référence explicitement : Ange de désolation, qu’on ne peut pas ne pas voir comme une lettre à Marie Trintignant, et Horizon, qui fait allusion à son séjour en prison. A travers ces deux titres, Bertrand Cantat livre sa version. Si certains s’offusqueront sans doute qu’il ose évoquer son amour pour Marie Trintignant et la douleur de sa perte alors qu’il en est lui-même la cause, Ange de désolation n’en est pas moins une chanson bouleversante (au contraire)

Le retour de Bertrand Cantat à la vie (artistique) active est donc un retour gagnant, avec un album cohérent et réussi, où la voix et les textes de l’ex-leader de Noir Désir sont toujours aussi prenants. Seul bémol : la reprise finale d’Avec le temps de Ferré qui, si elle prend une résonance particulière dans ce contexte, s’avère un peu décevante en raison d’arrangements pas forcément très pertinents.

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The velvet underground – Venus in furs

Bon point orLa disparition de son chanteur Lou Reed est l’occasion de réécouter le génial Velvet underground, sans lequel le rock ne serait pas ce qu’il est: sans le Velvet, pas de Joy Division, pas de Sonic Youth, pas de My Bloody Valentine

Venus in furs est une chanson inspirée par le livre du même nom de Sacher-Masoch (La Vénus à la fourrure en français), livre fondateur du sado-masochisme dont une adaptation cinématographique signée Roman Polanski sort sur les écrans aujourd’hui même.

La chanson se trouve sur le premier album du Velvet Underground, le fameux « album à la banane » dont la pochette fut dessinée par le protecteur et producteur du groupe, Andy Warhol.

Si le Velvet n’a pas vraiment connu le succès pendant sa courte existence (en gros de 1967 à 1970), il est désormais considéré comme l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock. Une phrase attribuée au fameux producteur et musicien Brian Eno dit d’ailleurs : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »

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PS : je voudrais au passage remercier l’agence publicitaire des pneus Dunlop, grâce à l’audace de laquelle j’ai découvert cette chanson et le Velvet au début des années 90 à travers un incroyable et très « lynchien » spot (j’ai d’ailleurs longtemps cru que cette pub avait été réalisée par David Lynch)

Noir Désir – A l’envers, à l’endroit (…et le retour de Bertrand Cantat)

Bon point argentD’un côté (à l’endroit), le leader du plus grand groupe de rock français de ces dernières décennies. De l’autre (à l’envers), un homme qui a battu à mort sa compagne. Seulement voilà, ces deux côtés constituent les deux facettes d’une seule et même personne.

La réapparition médiatique de Bertrand Cantat, qui prélude à la sortie de son nouvel album le 18 novembre*, ne manquera donc pas de faire polémique et de susciter les débats entre les tenants du « c’est un meurtrier, qu’il se cache » et ceux du « il a payé sa dette, il a le droit de retourner travailler comme tout le monde »; voire ceux (les fans hardcore) du « arrêtez d’embêter le Dieu Cantat avec ces broutilles, même les génies font des erreurs »

Ce blog étant consacré à la musique, il n’est pas le lieu pour débattre sur l’homme et la pertinence de son retour à la vie active.  En attendant de juger son futur album d’un point de vue purement musical, on se contentera donc d’écouter avec une pointe de nostalgie une chanson de la grande époque de Noir Désir : A l’envers, à l’endroit, tiré de Des visages, des figures (2001), qui fut le dernier album du groupe, il y a douze ans déjà…

*la sortie, initialement prévue le 25 novembre, a été avancée d’une semaine, le 25 novembre étant également la journée mondiale contre la violence faite aux femmes : un hasard de calendrier pour le moins malheureux…

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Alt J – Intro

A force d’en garder sous le coude, me voici avec quelques nouveautés qui, le temps passant, ont fini par ne plus du tout en être, et qu’il est donc temps de solder… Ainsi en est-il d’Alt-J, une des révélations les plus excitantes de… l’année dernière dont je n’ai toujours pas vanté les mérites. A ma décharge, il faut dire que 2012 et le début de 2013 ont été plutôt riches en sorties de qualité.

Donc, pour les quelques-uns d’entre vous qui seraient passés à travers, Alt-J, qui tient son nom du raccourci qui donne le symbole Δ sur un Mac à clavier QWERTY, est un groupe de rock (au sens large, tant leur musique mêle diverses influences) originaire de Leeds qui a signé en 2012 un excellent premier album intitulé An awesome wave. Album qui débute ainsi :

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The Popopopops – Pure

Scène rennaise #5 (ou #2 bis)

On retrouve les Popopopops, présentés il y a quelques semaines, pour un deuxième titre plus rock, intitulé Pure, qui n’est pas sans rappeler les anglais de Foals (qui eux aussi ont sorti récemment un nouvel album)

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PJ Harvey – Plants and rags

Je faisais référence à PJ Harvey dans mon article précédent sur Laetitia Shériff, alors parlons-en : PJ Harvey est, à fort juste titre, une des principales égéries du rock indépendant depuis deux décennies. Si elle s’est assagie dans ses récents albums (le dernier datant de 2011), ses premières oeuvres libéraient une énergie rock assez brute et âpre.

Extrait de son premier album « Dry » (1992), le titre « Plants and rags » détonne* du reste de l’album : la batterie a laissé la place à un violoncelle, mais l’esprit rock est toujours bel et bien là.


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* eh oui**, on dit « détonne », et non pas « dénote » (qui est souvent employé à sa place), et encore moins « détone » (qui fait référence à une explosion)
** eh oui, on dit « eh oui », et non pas « et oui »
Voilà, c’était ma minute « défense de la langue française contre des fautes tellement fréquentes qu’elles vont finir par ne plus en être ».
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