Saez – Chatillon sur Seine

Décidément, Damien Saez n’arrête pas… Il nous avait déjà fait le coup du triple album en 2008 avec Varsovie – L’Alhambra – Paris dont l’album Paris, également vendu séparément, recélait plus d’une chanson du genre qui prend aux tripes. Après quelques autres productions sorties dans l’intervalle, Saez a remis ça en septembre dernier avec un nouveau triple opus: Messina, et ce n’est pas fini, puisqu’il annonce encore un autre album pour décembre…

D’aucuns pourront objecter son timbre un peu nasillard, ou ses révoltes parfois adolescentes, mais quand même, il y a un talent certain chez ce garçon. Ce n’est pas William Sheller qui me contredira, lui qui a aidé Damien Saez à trouver un label lorsque celui-ci débutait.

Difficile de choisir un titre du triple album Les échoués – Sur les quais – Messine que constitue Messina… C’est bon, mais aussi varié : alors que le rock domine dans « Sur les quais », « Messine » repose sur un orchestre symphonique. Trois albums, trois styles… Mais comme il faut bien choisir, j’ai fini par retenir le titre qui clôture le triple album, « Châtillon sur Seine », une sorte de « Mistral gagnant » en version Léo Ferré, dont j’ai découvert a posteriori que c’était également le préféré de Saez lui-même comme il l’expliquait dans une interview sur France Inter.

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Si cela vous a plu, mais qu’un triple album c’est long, je vous recommande en vrac les chansons « A nos amours », « Les fils d’Artaud », « Ma petite couturière » ou encore « Les meurtrières »…

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Godspeed You! Black Emperor – We drift like worried fire

Après avoir livré une composition personnelle dans le post précédent, retour à des productions plus officielles…

Après 10 ans de silence discographique, le collectif post-rock Montréalais revient avec un nouvel album intitulé « Allelujah ! Don’t Bend ! Ascend ! ».

Première constatation : ils n’ont perdu leur goût ni pour les points d’exclamation (même s’ils restent devancés par le groupe « !!! ») ni pour les titres improbables (leur discographie est parsemée de morceaux tels que « Lift Yr. Skinny Fists, Like Antennas to Heaven… », « Edgyswingsetacid », « ‘Attention…Mon Ami…Fa-Lala-Lala-La-La…’ [55-St. Laurent] » ou encore « BBF3 »)

A part cela, on retrouve les GodSpeed plus ou moins comme on les avait laissés : toujours de longues plages instrumentales, qui commencent par quelques notes et bruitages clairsemés pour se transformer progressivement en un énorme mur de guitares et de violons, et finir dans une apothéose un peu grandiloquente 20 minutes plus tard. C’est comme ça qu’ils sont, les GodSpeed, mais on les aime bien quand même…

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PatB – La fin de l’été

Une fois n’est pas coutume, je ne m’extasierai pas sur l’immense talent de l’artiste dont je mets un titre à l’écoute aujourd’hui : s’agissant d’une composition personnelle, cela relèverai d’un exercice d’auto-congratulation éhonté…

Voici donc en toute modestie, et en exclusivité mondiale sur Bonnes Notes, la maquette d’une petite pièce acoustique composée, comme son nom l’indique, à la fin de l’été.

The Cinematic Orchestra – Necrology

The Cinematic Orchestra a sorti un nouvel album et, comme d’habitude, on y trouve de très bonnes choses. Créé en 1999 par un Jason Swinscoe fasciné par les musiques de film (comme en témoigne le nom de son groupe), The Cinematic Orchestra se situe à la croisée des chemins entre jazz, musiques électroniques et B.O. de films. DJ à l’origine, et employé du label Ninja Tune (un des labels de musique électronique les plus intéressants avec Warp), Swinscoe a réalisé son premier album « Motion » en enregistrant des « jam sessions » de musiciens de jazz, puis en découpant, assemblant et mixant des phrases musicales extraites de ces sessions. Le résultat est là, et un extrait de cet album aux sonorités jazz down-tempo trouvera un jour sa place sur ce blog. Après quelques autres parutions, le groupe revient avec « In motion #1 », album acoustique voire orchestral à l’atmosphère plus cinématographique que jamais, composé de plages d’une dizaine de minutes chacune. La première s’intitule « Necrology ».

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Alain Bashung – Je tuerai la pianiste

Dans son ultime album, Alain Bashung chante Gérard Manset… Tout est dit.

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The Cure – Plainsong

Cela fait déjà plus de trente ans que l’hirsute et maquillé Robert Smith a fait son apparition sur la scène musicale. Si la décennie de gloire de The Cure est celle des années 80, le désormais quinquagénaire continue de produire des albums à une cadence plus ou moins régulière, et fait toujours le plein dans les festivals et les concerts où l’attend un public fidèle… Le look est à peu près le même qu’en 1979, et les prestations live tiennent encore leurs promesses, comme The Cure l’a montré l’été dernier lors de son passage remarqué aux Vieilles Charrues. Evidemment, le groupe a laissé depuis longtemps le devant de la scène médiatique à de plus jeunes talents, mais il suffit de se replonger dans sa discographie pour se convaincre que l’on n’a pas aimé The Cure juste parce qu’on était jeune et sans discernement à l’époque, ni qu’on en garde un souvenir ému parce que sa musique nous renvoie à nos 20 ans, mais tout simplement parce que Robert Smith est un grand songwriter… et Disintegration (1989) un de ses meilleurs albums, dont nous allons de ce pas écouter le titre introductif.

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The Album Leaf – The outer banks

La semaine dernière, The Album Leaf a sorti « Forward / Return », un nouvel EP dont l’écoute m’a plongé dans… rien, en fait. Une livraison relativement insipide donc, d’un Jimmy LaValle qu’on a connu plus inspiré, comme en témoigne son très bel album « In a safe place », paru en 2004. On pourra se demander si la différence de qualité entre ces deux albums tient à la seule humeur de l’unique membre de The Album Leaf, ou au fait qu’à l’époque de l’enregistrement de « In a safe place », Jimmy LaValle avait une chouette bande de copains, qui lui ont prêté leur studio et probablement aussi un peu de leur talent : les membres de Sigur Ros, indispensable groupe de post-rock islandais.

A ce moment de la lecture de cette article, l’intuition que le morceau qui lui est associé ne sera pas un extrait de « Forward / Return » devrait avoir germé même dans les cerveaux les plus obtus : c’est effectivement un extrait du bien plus intéressant « In a safe place » que je vous propose aujourd’hui.

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Archive – Controlling crowds

Troisième sortie du moment : le nouvel Archive est dans les bacs. C’est pour moi l’occasion de commencer à écouler mon stock de titres d’Archive. Groupe créé à l’origine par deux « requins de studio » (musiciens aguerris gagnant leur vie en écumant les sessions d’enregistrement), il faut bien dire que les deux lascars connaissent les ficelles du métier. Arrangements pertinents, production léchée, Archive nous livre régulièrement des titres d’une efficacité redoutable.

Au cours de sa carrière, le groupe s’est aventuré dans divers styles musicaux avec plus ou moins de réussite, changeant de chanteurs/chanteuses au fil des albums. Avant ce nouvel opus intitulé « With us until you’re dead », que l’on peut voir comme un genre de synthèse des différents styles explorés par le groupe, Archive avait livré un double album en deux temps : « Controlling Crowds » suivi d’un « Controlling Crowds (Part IV) », qui marquait un retour vers le style plus électronique / trip-hop du premier album, registre dans lequel ils excellent particulièrement. Faute d’un titre aussi réussi dans le nouvel album (qui est loin d’être mauvais pour autant), c’est le titre éponyme de l’album « Controlling Crowds » sorti en 2009 que nous allons écouter. Le morceau dure plus de 10 minutes, mais on n’a pas le temps de s’y ennuyer : Archive, qui est relativement coutumier du fait, maîtrise l’art de développer un thème musical.

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Gonzales – Rideaux lunaires

Deuxième sortie notable du moment, le fantasque Jason Beck, alias (Chilly) Gonzales, nous revient avec « Piano Solo II », dont le titre laisse peu de doutes sur le fait qu’il s’agisse de la suite de son album « Piano Solo »…

Après son précédent album de « Rap symphonique », Gonzales revient donc à un format intimiste. Le premier « Piano solo » n’était pas sans rappeler Éric Satie ou Claude Debussy, il en va de même pour le second… C’est un bel et apaisant nouvel album que nous livre l’autoproclamé « génie de la musique », faisant montre une fois de plus de la diversité de son talent, passant sans difficulté de rappeur à compositeur classique…

Nous écouterons aujourd’hui « Rideaux lunaires », extrait de ce nouvel album.

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Get well soon – Courage, Tiger!

Après le nouvel album de Dead Can Dance qui, même s’il n’est pas leur meilleur, s’avère tout à fait honorable (on peut toujours craindre le pire quand un groupe fait son comeback après 17 ans d’absence discographique…), trois autres sorties d’albums sont à noter en cette rentrée.

Nous commencerons par le moins connu, à savoir le groupe « Get well soon » mené par l’Allemand Konstantin Gropper. Il s’agit du troisième album de cette formation, initialement un projet solo auquel sont venus se greffer divers musiciens : quand on fait une pop/folk symphonique et qu’on commence à faire des concerts, à un moment donné il devient difficile de tout faire tout seul sur scène…

Le parcours et la musique de Konstantin Gropper ne sont pas sans rappeler le britannique Neil Hannon et son projet « The Divine Comedy« , ou à moindre titre l’américain Sufjan Stevens. « Get well soon » peut sembler parfois un peu emphatique, mais c’est aussi cela qui fait son charme.

Remarqué par la critique dès son premier opus en raison de l’ambition, de l’ampleur et de la maturité de ses productions malgré son relativement jeune âge, Gropper nous livre ces jours-ci « The Scarlet Beast O’Seven Heads ». Nous en écouterons aujourd’hui le titre « Courage, Tiger! »

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Gotye – Somebody that I used to know (suite et fin)

J’avais évoqué dans un précédent article une reprise sur youtube du tube planétaire de Gotye… Des reprises et des parodies de ce titre sur youtube, il y en a eu beaucoup, tube planétaire oblige. Gotye vient de boucler la boucle en postant lui-même sur youtube un remix de « Somebody that I used to know » intégralement réalisé à partir des diverses reprises et parodies de sa chanson postées par les internautes. Je trouve la démarche assez sympa, tout comme le résultat, d’ailleurs :

Mondkopf – Bain du matin

Pour une fois, et dans un élan de solidarité avec PPDA et Rama Yade, je vais plagier en commençant par un copier/coller de la chronique des Inrocks publiée à la sortie du deuxième album de Mondkopf, en 2009, intitulé « Galaxy of nowhere ».

Dans le civil, le jeune Toulousain Paul Régimbeau se déplace principalement en skate-board. On ignorait que ces engins volaient aussi haut, loin du plancher des vaches, atteignant une voluptueuse apesanteur qu’aucun électronicien français n’avait visitée depuis les premiers pas, élastiques et joueurs, d’Air. Si l’on devait établir un jour un hit-parade des musiques que les artistes – cinéastes, plasticiens, écrivains… – écoutent en travaillant, on ne serait justement pas surpris d’y retrouver, en haute estime, les travaux des deux Versaillais, juste derrière Brian Eno, intouchable. Souvent citée en référence comme puissant stimulus intellectuel ou simple clé des champs du rêve, la musique plane d’Eno irrigue ainsi notre société en profondeur, petite mère de tant d’instants de paix, de plénitude, de zénitude. Dans vingt ans, quand on demandera aux chercheurs du CNRS et auteurs de science-fiction au son de quels musiciens ils envisagent d’autres mondes, ils répondront sans doute, la bouche en coeur, Mondkopf, l’un des disciples d’Eno les plus imposants apparus en ce siècle des lumières noires. Car elle a beau être moins ambient dans son épure, plus pop dans son déroulé gracile, l’electro de Mondkopf a bien retenu les fantastiques leçons de soustractions d’Eno, laissant parfois les mélodies au bord du silence, les harmonies à deux doigts de l’extinction. Dance-music pour scaphandre lunaire et sautillements ralentis, Galaxy of Nowhere invite à la dérive, à l’évasion, au repos liquide des corps et à la convulsion des imaginations, à la profusion des films intérieurs. Etonnant choc thermique entre le minimalisme des sons et le maximalisme des propositions, entre l’abandon et un prodigieux allant, cet album où se bousculent RZA et Moroder, Arvo Pärt et Aphex Twin est un traître à toutes les tribus electro, des hédonistes aux ascétiques. Allié de tous mais fidèle à aucun dogme ni à aucune religion, ce grand homme sur sa planche à roulettes peut ainsi démarrer une chanson (car ces symphonies éthérées/dératées restent des chansons farouchement pop) dans une forêt de cordes inquiètes à la Sigur Rós pour la finir hilare sur le dance-floor extatique de Vitalic. Cosmique et solitaire – Galaxy of nowhere, donc

On pourra ajouter comme référence les écossais de Boards of Canada, dont la somptueuse musique downtempo n’a pas encore été évoquée sur ce blog, mais qui le sera un jour ou l’autre. Boards of Canada est signé chez Warp, incontournable label de la musique électronique dite intelligente, et dont le catalogue (malheureusement absent de Deezer a ce jour) recèle nombre d’artistes talentueux et inventifs, tels Aphex Twin, Plaid, Autechre, Leila, etc.

Le chroniqueur des Inrocks parle de plénitude au sujet de la musique de Brian Eno, cité comme influence de Mondkopf. C’est aussi ce que m’inspire l’extrait de « Galaxy of nowhere » que j’ai choisi, intitulé « Bain du matin ».

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Vous avez aimé? Alors restez sur « Galaxy of nowhere », car l’album suivant « Rising doom » passe du côté obscur de la force, avec une atmosphère beaucoup plus sombre qui, à titre personnel, me plaît nettement moins.

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Red House Painters – Summer dress

Les Red House Painters furent un des groupes de l’écurie 4AD déjà évoquée dans le post précédent. Projet du californien Mark Kozelek, celui-ci officie désormais sous le nom de Sun Kil Moon, mais si le nom a changé, le style musical reste le même : de délicieuses ballades acoustiques, s’étirant parfois sur 6 ou 7 minutes, et portées par la voix apaisante de Mark Kozelek.

En cette saison estivale, c’est le titre Summer dress que j’ai choisi, extrait du très bel album Ocean Beach, publié en 1995 chez 4AD.

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Dead Can Dance – Summoning of the Muse

Dans trois jours sortira le nouvel album de Dead Can Dance, seize ans après leur précédent album studio (le groupe s’est séparé en 1998, avant de se reformer pour une tournée en 2005 puis de nouveau en 2011). Dead Can Dance, que j’ai plus écouté qu’aucun autre groupe au début des années 90, fut l’un des fers de lance du label 4AD, label qui fut lui-même été l’un des fers de lance de la musique indépendante de cette époque, et dont j’ai plus écouté les productions qu’aucun autre label…

La musique de Dead Can Dance, groupe atypique composé de Brendan Perry et Lisa Gerrard, est difficilement classable : après des débuts vaguement rock (mais ne ressemblant néanmoins pas à quoi que ce soit de connu), Dead Can Dance fait place à des instrumentations plus classiques, s’embarquant progressivement vers une musique mystico-baroque. Le duo finira sa (première) carrière par un virage vers des influences plus world (Brendan Perry étant un passionné de percussions ethniques).

Le groupe fait l’objet d’un véritable culte par certains de ses fans : il suffit de se rendre à un de ses concerts (généralement complets des mois à l’avance, c’est encore le cas de cette tournée 2012…) pour s’en rendre compte. Outre la beauté de sa musique, cela est probablement aussi alimenté par le côté mystique de sa chanteuse, qui considère le fait de transmettre de l’émotion à travers sa voix comme une sorte de mission divine… Les deux membres du groupe se partagent le micro, mais si Brendan Perry chante en anglais, Lisa Gerrard s’exprime dans une langue imaginaire.

En attendant le nouvel album, nous écouterons aujourd’hui le titre Summoning of the muse, extrait du troisième album de Dead Can Dance Within the realm of a dying sun (1987) chanté par Lisa Gerrard.

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Maia Vidal – Le Tango de la femme abandonnée

Maia Vidal est une chanteuse américaine d’origine franco-hispano-germano-nippone, auteur d’un seul album à ce jour : « God is my bike » (2011). Interprète délicate à la manière d’une Emilie (Simon ou Loizeau…), elle s’exprime principalement en anglais, à l’exception de deux titres, dont celui-ci…

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PS: en concert à ce soir à Rennes dans le cadre des Tombées de la nuit.

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Moondog – Marimba Mondo (2)

Il passait ces derniers temps une publicité (stupide) pour une voiture dont on n’aurait pas besoin de savoir où sont les clés (à part qu’il faut quand même les avoir sur soi pour que la voiture s’ouvre, et quand on sait qu’on les a sur soi, on n’est plus très loin de savoir où elles sont, d’où le qualificatif de stupide). Bref, il se trouve que cette pub (stupide, l’ai-je précisé?) utilise une musique de Moondog, ce qui est l’occasion d’écrire un article sur cet artiste hors du commun.

Peu connu du grand public, Louis Thomas Hardin, alias Moondog, était en effet un personnage assez incroyable. Aveugle depuis l’âge de 13 ans, il vécut dans la rue une grande partie de sa vie, tout en enregistrant des disques… D’un point de vue musical, il fut en même temps un grand spécialiste du contrepoint, technique d’écriture musicale classique élaborée vers 1700, et un artiste d’avant-garde à de nombreux points de vues. Cependant, ses tenues vestimentaires (il s’habillait en tenue de roi viking…) et son mode de vie (il dormait dans la rue, notamment afin d’économiser de l’argent pour pouvoir payer la transcription de ses partitions écrites en braille) le tinrent éloigné des milieux académiques de la musique classique et contemporaine.

Moondog jouait dans la rue (il « habitait » sur la 6e avenue à New York) avec des instruments qu’il avait créés, tout en enregistrant régulièrement des albums, parfois avec un orchestre symphonique.

Même si les grandes figures de la musique contemporaine minimaliste sont principalement Steve Reich et Philip Glass, il fut un peu un précurseur de ce mouvement musical, aux dires mêmes des deux intéressés (le second ayant même hébergé Moondog quelques mois)

Moondog fut également un des premiers à utiliser la technique du re-recording (se ré-enregistrer par dessus un enregistrement précédent et ainsi empiler des couches…) aujourd’hui largement utilisée.

Il fut très prolifique (il aurait notamment écrit 80 symphonies) bien que toute son œuvre n’ait pas été publiée. Il a également écrit une pièce de 9 heures pour 1000 musiciens, qui ne fut jamais jouée, faute de moyens…

Pour l’anecdote, on notera aussi qu’il fut invité aux Transmusicales de Rennes en 1988, et que son concert fut un véritable fiasco par la faute des musiciens de l’Orchestre de la ville de Rennes (cf article ouest-france)

Moondog s’est éteint 1999 à l’âge de 83 ans, en Allemagne, pays dans lequel il était allé donner deux concerts en 1974… et dont il ne revint jamais (tant et si bien qu’on le crut un moment mort à New York), se trouvant mieux en Europe qu’aux Etats-Unis.

Biographie plus détaillée ici

Toute son oeuvre n’est pas forcément extrêmement accessible. Voici donc un morceau de la fin de sa vie (1992), qui ressemble beaucoup à certaines oeuvres de Steve Reich, notamment par l’utilisation des marimbas.

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Arnaud Fleurent-Didier – France Culture

Arnaud Fleurent-Didier est un ingénieur qui aurait voulu être artiiiiiiiiiiste… et qui a réussi à l’être, finançant son label grâce à la société de services qu’il avait créé. Après avoir sorti deux albums confidentiels (dont un sur un label Japonais…), il finit par connaître un succès plus probant à 35 ans passés grâce à son troisième album La reproduction en 2010, année à laquelle il est sélectionné pour le prix Constantin (qui sera finalement remporté par la chanteuse franco-marocaine Hindi Zahra)

C’est un extrait de cet album d’Arnaud Fleurent-Didier que nous écouterons aujourd’hui, intitulé « France Culture », et qui parle de l’éducation qu’il a reçue…

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Pour l’anecdote, et en référence à la chanson d’Arman Méliès mettant en musique le discours de Nicolas Sarkozy de 2007 à la Concorde dont j’ai parlé dans un post précédent, Arnaud Fleurent-Didier a mis en musique celui de Dominique de Villepin à l’ONU en 2003 contre la guerre en Irak. Ca s’appelle « un monde meilleur ».

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Syd matters – Everything else

Syd Matters (en référence à Syd Barrett, le fondateur et ephémère membre de Pink Floyd), le groupe de Jonathan Morali, ne fait finalement rien de très original. Comme de nombreux groupes de par le monde, il fait du folk chanté en anglais. Sauf que… il se dégage de la musique et du chant tout en retenue de Jonathan Morali une sorte de grâce, qui fait que Syd Matters fait la même chose que nombre de groupes de par le monde… mais en mieux.

Extrait de l’album Ghost Days (2008)

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Alan Stivell – Tri Martolod

On a beaucoup entendu le tube de Nolwenn Leroy « Tri martolod », issue de son album « Bretonne » qui a connu un grand succès contre toute attente (en particulier celle de sa maison de disque). Si certains se souviennent des éphémères Manau, les « rappeurs celtiques », ils auront peut-être remarqué une ressemblance mélodique flagrante au niveau du refrain avec leur seul et unique tube « La tribu de Dana ».

Ni l’une ni les autres n’ont composé ce titre, qui est à l’origine un air traditionnel breton. Tri Martolod fut popularisé bien avant Manau et Nolwenn Leroy par Alan Stivell, qui habilla de sa harpe celtique cet air traditionnel dès 1972. Même s’ils n’étaient pas nés à sa sortie, c’est très certainement par l’intermédiaire de la version de Stivell que Nolwenn et Manau eurent connaissance de cette chanson et la reprirent avec le succès que l’on sait. La version de Manau était d’ailleurs tellement inspirée des arrangements d’Alan Stivell que celui-ci leur fit un procès pour plagiat, alors qu’il accepta au contraire de la chanter en duo avec Nolwenn Leroy. Pour l’anecdote, en voici une vidéo:

Et pour l’écouter sans Nolwenn: Deezer, ou de nombreuses vidéos de Stivell chantant Tri Martolod en live sur YouTube.

 

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Noir Désir – Tostaky

En attendant l’album solo de Bertrand Cantat, annoncé pour 2013, revenons sur son ex-groupe Noir Désir et, une fois n’est pas coutume, écoutons un tube.

Tostaky, c’est un peu le Smell like teen spiritfrançais : sorti un an après le mégatube planétaire de Nirvana, il partage avec celui-ci une énergie rock à l’efficacité implacable et, un riff de guitare introductif reconnaissable entre mille.

Plus globalement, Noir Désir est souvent cité aux côtés de Téléphone comme l’un des plus grands groupe de l’histoire du rock français (bien qu’à l’écoute de Téléphone… je décroche rapidement… en ce qui me concerne). Peu de groupes français ont effectivement su cumuler rock puissant, textes travaillés et chant habité. C’était le cas de Noir Désir, victime collatérale d’un drame qui se joua une nuit d’août 2003 à Vilnius.

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