Haley Bonar – Snowyish

Bandcamp est un site qui met en relation directe artistes et public, sans l’intermédiaire d’un label : tout musicien peut y faire écouter et y vendre (au prix d’une petite commission) sa musique en ligne. Si on y trouve quelques noms relativement connus (Sufjan Stevens, Four Tet, Laetitia Sheriff, Mansfield Tya…), le site héberge aussi nombre d’artistes qui le sont moins (voire des amateurs qui ne sortent leur album qu’en version digitale), au milieu desquels on trouve parfois de bonnes surprises, comme cet instrumental très atmosphérique de la chanteuse américaine Haley Bonar, dont la bio stipule qu’elle a été découverte par Alan Sparhawk de Low, groupe dont elle a par la suite assuré la première partie lors d’une tournée aux Etats-Unis. Si ses 4 albums sont par ailleurs disponibles sur les plateformes de streaming telles que Deezer ou les disquaires en ligne comme Amazon, le morceau en question fait partie d’un EP offert gracieusement (ou presque : vous payez ce que vous voulez) et disponible uniquement sur Bandcamp.

Un morceau hivernal, enregistré chez elle par Haley Bonar, dont le son brut contribue à l’atmosphère générale du titre.

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Daughter – Still (album: If you leave)

Vu en live la semaine dernière, le groupe Daughter, dont j’avais présenté le titre Youth, a tenu ses promesses…

Pour l’anecdote : à plusieurs reprises au cours du concert, le groupe britannique, par la voix de son guitariste (unique Frenchie de la formation), s’est étonné voire inquiété du calme et du silence du public. Je ne sais pas quelle est l’ambiance habituelle de leurs concerts, mais on peut être surpris de leur surprise, tant leur musique mélancolique et méditative se prête plus à l’introspection et au recueillement qu’aux hurlements de groupies hystériques. Quand une chanson se termine, on n’a qu’une envie : attendre en silence que la prochaine commence, pour ne pas que l’atmosphère se dissipe, pour ne pas que la magie se brise. Le (relatif) calme du public est donc à prendre comme un compliment…

Et pour ceux qui n’y étaient pas, voici un deuxième extrait de leur premier album If you leave (2013), intitulé Still, pas aussi imparable que Youth, mais pas mal non plus.

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Détroit (Bertrand Cantat & Pascal Humber) – Ange de désolation (+ critique album: Horizons)

Bon point argentÇa y est, il est sorti, le premier album post-Vilnius de Bertrand Cantat. Une décennie que les fans de Noir Désir l’attendaient. Et ils ne devraient pas être déçus : Cantat n’a rien perdu de son talent. Musicalement, Horizons est dans le prolongement de l’évolution de Noir Désir : leur dernier album studio, Des visages, des figures, marquait un tournant vers une musique plus posée et variée, moins rock pur et dur, qui se perpétue ici. On peut donc imaginer que cet album n’aurait pas été fondamentalement différent s’il avait été estampillé Noir Désir au lieu de Détroit. Quant aux mots, difficile de ne pas les mesurer à l’aune du parcours personnel tragique du chanteur. Deux chansons y font référence explicitement : Ange de désolation, qu’on ne peut pas ne pas voir comme une lettre à Marie Trintignant, et Horizon, qui fait allusion à son séjour en prison. A travers ces deux titres, Bertrand Cantat livre sa version. Si certains s’offusqueront sans doute qu’il ose évoquer son amour pour Marie Trintignant et la douleur de sa perte alors qu’il en est lui-même la cause, Ange de désolation n’en est pas moins une chanson bouleversante (au contraire)

Le retour de Bertrand Cantat à la vie (artistique) active est donc un retour gagnant, avec un album cohérent et réussi, où la voix et les textes de l’ex-leader de Noir Désir sont toujours aussi prenants. Seul bémol : la reprise finale d’Avec le temps de Ferré qui, si elle prend une résonance particulière dans ce contexte, s’avère un peu décevante en raison d’arrangements pas forcément très pertinents.

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Agnes Obel – Dorian

Repérée sur MySpace et devenue la révélation folk de 2011 avec son premier album Philharmonics (sorti en 2010), la pianiste et chanteuse danoise Agnes Obel vient de livrer son deuxième album, intitulé Aventine. Ceux qui, comme moi, ont été charmés par son premier opus, ne seront pas déçus : c’est toujours aussi joli, délicat, arrangé dans une veine classique (qui n’est pas sans évoquer Erik Satie) et mélancolique. Et c’est peut-être le seul et principal problème de ce disque : c’est un peu le même que le précédent. Ceux qui ont échappé à Philharmonics découvriront donc Aventine avec ravissement, ceux qui ont aimé Philharmonics aimeront Aventine, mais avec une impression de déjà vu qui ôtera en partie à ce second album d’Agnes Obel l’impact qu’avait pu avoir le premier.

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[Mise à jour] A regarder: Voici une video d’une session live du très beau titre Dorian

Daughter – Youth

Trio pop-folk composé d’une chanteuse, d’un guitariste et d’un batteur, Daughter est une des nouvelles signatures du label 4AD (site officiel) qui a sorti leur premier album au printemps dernier. Avec sa combinaison voix féminine + musique mélancolique, le groupe renoue un peu avec le style musical qui fit la gloire du label dans les années 80/90, à l’époque où figuraient dans l’écurie 4AD des noms tels que Cocteau Twins, This Mortal Coil ou Lisa Germano (mais aussi His Name Is Alive, Kristin Hersh, Heidi Berry, Rachel Goswell…)

Le titre Youth, d’une délicate beauté, est extrait de ce premier album If you leave (2013).

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PS: Pour les Rennais d’entre vous, Daughter passe à l’Antipode le 21 novembre. J’y serai.

Ladylike Lily – Periods

Scène rennaise #8 (ou #1 bis)

On termine ce cycle sur la scène rennaise par celle avec qui on l’avait commencé, à savoir Ladylike Lily, pour un deuxième titre dont les arrangements électroniques low cost (petit clavier Casio…) détonnent un peu plus du reste de l’album, dans une veine globalement folk.

Ca s’appelle Periods. Period voulant entre autres dire « point » (de ponctuation), c’est un titre approprié pour mettre un point final à ce tour d’horizon de la scène rennaise, tour d’horizon qui n’était évidemment pas exhaustif : il y a d’autres artistes rennais tels que Montgomery ou les Juveniles, mais j’ai choisi de me limiter à ceux qui me plaisaient le plus…

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Bien que je recommande la version studio écoutable ci-dessus, aux arrangements nettement plus travaillés, vous pouvez aussi visionner pour l’anecdote cette vidéo d’un live enregistré sur un banc public de Strasbourg…

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The National – Fireproof

Il y a des artistes dont croise le nom de manière récurrente, dont on se dit qu’on pourrait aimer, et qu’on ne prend jamais le temps d’écouter. Ainsi en est-il de The National, dont la sortie du nouvel album a été l’occasion d’enfin porter mes oreilles jusqu’à leur musique. D’autant plus que The National a rejoint l’écurie 4AD, mythique label découvreur de talents des années 80-90 qui a hébergé la plupart de mon Panthéon de l’époque (Dead Can Dance, Cocteau Twins, His Name Is Alive, This Mortal Coil, Red House Painters, Kristin Hersh, Lisa Germano, The Breeders, The Pixies, Gus Gus, Mojave 3…) avant de connaître le déclin, puis de retrouver récemment une certaine vigueur notamment en débauchant des artistes d’autres labels (Tindersticks -qui ne sont pas restés-, The National, Blonde Redhead, Efterklang, Scott Walker, Grimes…) mais pas seulement (Bon Iver, Daughter, Purity Ring…)

A l’image des français de Syd Matters, The National ne marquera pas un tournant dans l’histoire de la musique mais apportera avec ce nouvel album Trouble will find me (2103) une bien jolie brique à l’édifice folk-rock indépendant, pleine de sensibilité et qu’on a grand plaisir à écouter. Bref, malgré un style assez balisé, un album de très belle facture.

Il y avait plusieurs candidats crédibles pour représenter dignement ce Trouble will find me, et c’est finalement la ballade Fireproof que j’ai choisi de mettre en exergue.

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